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3 questions à Philippe Reignault, directeur de la santé des végétaux de l’Anses

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Actualité du 22/02/2020

 Alors que l'Anses est présente sur le salon de l'agriculture, sur le thème "préserver la santé des végétaux et les écosystèmes", Philippe Reignault, directeur de la santé des végétaux et du Laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses fait un point sur cette activité essentielle à l'Anses.

 

La santé des végétaux est de plus en plus menacée, quels sont les enjeux pour mieux les protéger ?

« Les organismes nuisibles, en particulier pour les végétaux, sont l’un des principaux facteurs de pertes de production et de biodiversité dans le monde. De plus en plus fréquemment, des maladies et des ravageurs émergent ou ressurgissent, portant atteinte à la santé des plantes et, par extension, à l’environnement, notre alimentation et notre santé. Lutter contre ces menaces représente un coût et, si l’on y ajoute les pertes de production qu’elles occasionnent, chaque année plusieurs milliards d’euros à l’échelle mondiale sont investis ou perdus. Afin de préserver la diversité des espèces propres à chaque écosystème ainsi que les cultures, il est primordial d’éviter l’introduction ou l’établissement de ces organismes dans de nouvelles zones. D’autant qu’il est souvent très difficile de les éradiquer une fois qu’ils se sont établis. Anticiper et réduire ces risques permet également d’éviter ou de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires. Il est donc indispensable de mettre en place une prévention efficace pour éviter des conséquences importantes, voire des situations d’urgence sanitaire.

 

Comment l’Anses se mobilise sur ces questions et notamment son laboratoire dédié à la santé des végétaux ?

La santé des plantes mobilise à l’Anses une expertise scientifique hautement spécialisée pour appuyer les pouvoirs publics dans leurs actions de prévention et de lutte, au niveau national et international. Fort d’une expérience de plus de 40 ans dans le domaine, le Laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses rassemble 90 agents et en particulier des scientifiques aux compétences rares en matière de mycologie, entomologie, virologie, etc. Le laboratoire est implanté sur six sites en France métropolitaine et d’outre-mer. Il dispose de technologies de pointe et d’un dispositif unique comme celui de la quarantaine, qui permet de cantonner et d’étudier des végétaux qui entrent sur le territoire pour des besoins de recherche ou de sélection variétale. C’est le laboratoire national de référence pour tous les organismes nuisibles aux végétaux (bactéries, virus, champignons et oomycètes, nématodes, insectes et plantes invasives) et, pour nombre d’entre eux également le laboratoire de référence au niveau européen. À ce titre, il joue un rôle majeur dans la détection des dangers et l’évaluation des risques pour la santé des végétaux. Le laboratoire de l’Anses de Lyon étudie par ailleurs les phénomènes de résistances aux produits phytosanitaires et est impliqué dans la surveillance des épidémies.

 

Quels sont les défis à relever pour continuer à appuyer les actions de lutte ?

Face à des menaces et émergences de plus en plus diverses et globalisées, il est nécessaire d’être particulièrement vigilant et réactif pour faire progresser la science au rythme de ces changements. Cela veut dire produire des connaissances scientifiques toujours plus complètes et mettre au point des méthodes d’analyse plus performantes pour détecter et identifier rapidement les agents pathogènes et ravageurs. Le but est de renforcer la surveillance et les capacités de réaction face aux alertes. Un nouveau cadre réglementaire européen sur la santé des végétaux a été récemment adopté, il implique de proposer des mesures adaptées en termes d’importation de végétaux par exemple. Le défi est d’aller toujours plus loin et plus vite dans nos travaux grâce au progrès technologique, en matière de séquençage du génome par exemple. Il faut aussi se donner les moyens, et nous nous y employons, d’agir en meilleure synergie au niveau européen et international en mobilisant toute la communauté scientifique et en mutualisant nos actions.

 « Faire progresser la science pour une prévention plus efficace de la santé des plantes »

Philippe Reignault