Agir pour améliorer la qualité de l’air intérieur
Nous passons en moyenne 75 % de notre temps dans le logement selon les données de la 2ème Campagne Nationale Logement (CNL2).
Par quels polluants notre air intérieur est-il pollué ?
Les environnements intérieurs peuvent être pollués par :
- Des polluants chimiques : composés organiques volatils (COV), oxydes d’azote (NOx), monoxyde de carbone (CO), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), phtalates, etc. ;
- Des bio contaminants : moisissures, allergènes domestiques provenant d‘acariens, d’animaux domestiques et de blattes, pollens, etc. ;
- Des polluants physiques : particules et fibres (amiante, fibres minérales artificielles), etc.
Focus sur les composés organiques volatils
Les composés organiques volatils (COV) regroupent des substances chimiques qui s’évaporent facilement à température ambiante. On les retrouve dans :
- les peintures, vernis, colles, produits d’entretien ou désodorisants,
- certains meubles neufs et matériaux de construction,
- ou encore dans les bougies et encens parfumés.
Par exemple, le formaldéhyde ou le benzène peuvent provoquer des irritations, des allergies ou des cancers liés à l’exposition à long terme. L’Anses a élaboré des VGAI pour ces substances et a participé à l’analyse des émissions en COV des produits de construction ou de décoration.
D’où viennent ces polluants ?
La présence de ces polluants est issue de différentes sources d’émission :
- les constituants du bâtiment : matériaux de construction, peinture, etc. ;
- les produits de décoration et le mobilier : meubles neufs, matelas, textiles d’ameublement, etc. ;
- les appareils de combustion : chaudières, poêles, chauffe-eau, etc. ;
- nos modes de vie : tabagisme, animaux domestiques, bougies parfumées, désodorisants, etc. ;
- le transfert de la pollution extérieure vers l’intérieur.
Quels effets sur la santé ?
La qualité de l'air que nous respirons peut avoir des effets sur la santé et le bien-être, depuis la simple gêne - olfactive, somnolence, irritation des yeux et de la peau - jusqu'à l’apparition ou l'aggravation de pathologies aigues ou chroniques : allergies respiratoires, asthme, cancers, intoxication mortelle ou invalidante, etc.
Quels coûts associés à la pollution de l’air intérieur ?
L’impact sur la santé de la pollution de l’air intérieur a fait l’objet de plusieurs estimations ces dernières années, allant jusqu’à une estimation du coût économique associé pour appuyer les politiques publiques et aider à la mise en place d’actions. En France, une première étude exploratoire à laquelle a participé l’Anses avait établi à environ 19 milliards d’euros, le coût de la pollution de l’air intérieur chaque année.
Que fait l’Anses sur la pollution de l’air intérieur ?
L’Agence contribue à faire progresser les connaissances sur les risques liés à la pollution de l’air en appui aux décideurs publics. Ses actions complémentaires d’expertise, de surveillance et de recherche, via le programme national de recherche, permettent de formuler des recommandations mais également d’acquérir des données scientifiques pour mieux protéger la santé. Ainsi, l’Anses s’est intéressée à différents aspects de la pollution de l’air intérieur à travers le prisme :
- Des polluants présents dans l’air, tels que les moisissures dans les bâtiments, ou dans les poussières sédimentées ;
- des sources d’émission : émissions par les matériaux de construction, appui à l’étiquetage des produits de décoration ou d’ameublement, sprays et diffuseurs à base d’huiles essentielles ;
- des environnements spécifiques : parcs de stationnement couverts, piscines et enceintes ferroviaires souterraines.
L’Anses a aussi mené des travaux sur des sujets plus spécifiques tels que :
- la caractérisation des transferts de pollution de l’air extérieur vers l’intérieur des bâtiments,
- l’analyse de techniques d’épuration d’air,
- l’utilisation de microcapteurs pour le suivi de la qualité de l’air intérieur et extérieur.
Enfin, l’Agence élabore des valeurs guides de qualité d’air intérieur (VGAI). Ces valeurs visent à préserver la population de tout effet néfaste lié à l’exposition à une substance, principalement chimique, via l’air. Elles constituent le socle scientifique utilisé par les pouvoirs publics pour fixer des valeurs réglementaires de surveillance de la qualité de l’air intérieur.
L’air, mais pas que !
Depuis le 1er janvier 2024, l’Anses et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) portent, ensemble, l’Observatoire de la Qualité des Environnements Intérieurs (OQEI). Ce dernier génère, rassemble et analyse des données pour améliorer la qualité des environnements intérieurs.
Son champ d’action couvre l’ensemble des thématiques ayant une incidence sur le confort et la santé des occupants dans les environnements clos, qu’ils soient publics ou privés : qualité de l’air, poussières, bruit, lumière naturelle et artificielle, température et champs électromagnétiques. L’OQEI agit pour éclairer et orienter l’ensemble des parties prenantes intéressées par la thématique de la qualité des environnements intérieurs.
Celui-ci permettra à l’Anses :
- de renforcer ses activités d’évaluation des risques liés à la pollution des environnements intérieurs, comme la prise en compte de l’exposition par ingestion par les poussières intérieures ;
- d’élaborer des valeurs guides dans les poussières intérieures (VGPI) destinées à permettre l’interprétation de résultats de mesures en termes de risque pour la santé liés à l’ingestion de poussières. En 2026, l’Anses a publié ses premières VGPI pour le plomb et des phtalates.
Comment améliorer la qualité de l’air intérieur ?
Chacun peut agir au quotidien pour améliorer la qualité de l’air dans les environnements intérieurs. Voici quelques gestes simples permettant de limiter la pollution intérieure :
- Réduire les sources de pollution : éviter de fumer à l’intérieur, limiter l’usage des bougies, de l’encens et des sprays désodorisants parfumés ;
- aérer 10 à 15 minutes minimum chaque jour, même en hiver, pour renouveler l’air et évacuer les polluants accumulés que ce soit dans le logement, l’école ou le lieu de travail ;
- limiter l’humidité : aérer après une douche, activer la hotte aspirante et couvrir les casseroles lors de la cuisson ;
- ne pas obstruer les entrées d’air ni couper la ventilation ;
- entretenir ses appareils de chauffage et de ventilation.
En résumé
- L’air que nous respirons en intérieur est également pollué.
- Chacun peut adopter des gestes simples comme l’aération régulière pour améliorer la qualité de l’air que nous respirons à l’intérieur.
- Une attention croissante est portée à d’autres paramètres que l’air dans les environnements intérieurs, comme en témoigne la création de l’OQEI.
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