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Agence nationale de sécurité sanitaire
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Allergies alimentaires : améliorer l’information pour prévenir les risques

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Actualité du 15/02/2019

Face à l’évolution des habitudes alimentaires et à l’introduction de nouveaux aliments sur le marché, les allergies alimentaires demeurent une préoccupation de santé publique. A l’issue d’un travail d’expertise, l’Anses constate un manque de données sur la prévalence des allergies alimentaires en France. Elle émet une série de recommandations visant à assurer un meilleur suivi des allergies alimentaires. L’Agence préconise par ailleurs une meilleure information des médecins ainsi que des consommateurs sujets à ces allergies.

Nouvelles habitudes, nouveaux aliments, nouveaux procédés de transformation, autant de facteurs qui peuvent avoir un impact sur les allergies alimentaires. Mesurer l’évolution des allergies et identifier les nouveaux allergènes constituent des préoccupations sanitaires importantes afin de prévenir les risques liés aux allergies d’origine alimentaire, et tout particulièrement leurs manifestations les plus graves, les chocs anaphylactiques. Dans ce contexte, l’Anses a été saisie par le ministère de la Santé afin de faire un état des lieux des nouvelles données scientifiques et de proposer des orientations pour une meilleure gestion de cette problématique.

 

Mieux connaitre la fréquence des allergies alimentaires en France

A l’issue de son expertise, l’Anses souligne que les données disponibles actuellement ne permettent pas de déterminer l’évolution de la prévalence des allergies alimentaires en France. En effet, il n’existe aucune disposition pour suivre leur évolution et les études actuelles ne permettent pas de comparer les valeurs de prévalence. Ainsi, les données d’incidence, notamment des réactions allergiques graves, sont insuffisantes pour être représentatives de la situation nationale.

A partir de ce constat, l’Anses recommande aux pouvoirs publics d’améliorer les dispositifs de recueil de données relatives aux allergènes alimentaires, ainsi que l’évaluation de l’incidence ou de la prévalence des allergies, afin de mieux orienter les études et recherches sur les allergies alimentaires.

 

Identification d’allergènes émergents

Les signalements reçus par le Réseau d’Allergo Vigilance® (RAV) ont permis d’identifier des allergènes émergents : le sarrasin, le lait des petits ruminants (chèvre et brebis), le kiwi, le pignon de pin, l’α-galactose (présent dans la viande de mammifère), les pois et les lentilles. Ces allergènes présentent un risque d’anaphylaxies, c’est-à-dire de réactions allergiques graves, parfois plus élevé que certains allergènes de mention obligatoire, listés dans l’Annexe II du règlement européen n°1169/2011.

L’Anses recommande donc la mise à jour régulière de la liste des allergènes alimentaires qui doivent être signalés afin de mieux prévenir le risque d’allergie grave. 

L’expertise a également mis en valeur des facteurs aggravants dans les cas d’anaphylaxie sévères signalés au RAV chez l’adulte, notamment l’alcool et le tabac.

 

Une meilleure information des médecins et des consommateurs

En l’absence de recommandations officielles relatives aux allergies alimentaires, l’Anses juge pertinent de mettre en place un guide de bonnes pratiques destiné aux médecins afin d’améliorer la prise en charge et le suivi des personnes allergiques au-delà des centres spécialisés.

En matière d’information des consommateurs, il est essentiel de rendre accessible les éléments d’information aux personnes allergiques pour les repas pris hors-foyer. Des dispositions existent en Europe pour la restauration collective ou commerciale. L’expertise a également conduit à identifier un risque accru pour les personnes allergiques lors des repas pris à l’occasion de déplacements à l’étranger. Dans ce sens, l’Anses propose la rédaction d’un guide spécifique aux personnes allergiques souhaitant voyager à l’étranger ou prendre l’avion.

Plus largement, l’Agence préconise la réalisation d’une évaluation de l’efficacité de la réglementation sur les aspects tels que l’ergonomie du dispositif, l’accessibilité de l’information, les conséquences sur le comportement des consommateurs, la pertinence des produits soumis à obligation d’information et en particulier vis-à-vis de la pratique d’un étiquetage de précaution.