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Antibiorésistance : une journée pour faire le point

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Actualité du 18/11/2010

Dans le cadre de la journée européenne d'information sur l'antibiorésistance, l'Anses a organisé, le 18 novembre 2010, une journée sur l'antibiorésistance en santé animale avec la collaboration de la Direction générale de l'alimentation et de la Direction générale de la santé et de la protection du consommateur de la Commission européenne. Près de 250 personnes venant d'horizons très divers - vétérinaires, médecins, industriels, chercheurs - étaient réunis.

Un bilan des travaux entrepris au niveau international et européen a été dressé, de très nombreuses données ont été présentées. Ainsi, les voies de transmission des bactéries et gènes de résistance aux antibiotiques ont été décrites ainsi que les modalités de transferts d'antibiorésistance homme/environnement, animaux (y compris familiers) /environnement.
La complexité des interactions entre l'exposition à des antibiotiques et le développement de l'antibiorésistance a été abordée au travers d'exemples précis : résistance au florfénicol chez des souches d'Escherichia Coli chez le veau, Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) chez le porc, Escherichia Coli producteurs d'une bêta-lactamase à spectre élargi (BLSE). L'épidémiologie comparée des bêta-lactamases a permis d'observer non seulement une dissémination de clones bactériens entre l'homme et différentes espèces animales, mais aussi la dissémination de déterminants génétiques de la résistance.

Toutes ces informations sont obtenues grâce à la mise en place de réseaux d'épidémiosurveillance pilotés par l'Anses tels que Resapath (membre de l'observatoire national de l'épidémiologie de la résistance bactérienne aux antibiotiques -ONERBA) le réseau « Salmonella » et de plans de contrôle et de surveillance en élevage, en abattoir et sur les denrées. L'Anses rassemble toutes les données disponibles au niveau national concernant l'évolution des résistances bactériennes aux antibiotiques tant en santé publique qu'en santé animale sous forme de rapports (Farm 3, Resapath, Réseau salmonella).

Les travaux de pharmaco-épidémiologie conduits sur l'utilisation des antibiotiques en productions animales sont complémentaires de l'observatoire des ventes d'antibiotiques. Les premiers résultats de ces études ont été présentés. En 2009, le volume total des ventes d'antibiotiques s'élève à 1056 tonnes, il s'agit du tonnage le plus faible enregistré depuis le début du suivi (- 20% depuis 1999). Cependant, Les volumes de vente d'antibiotiques ne traduisent pas précisément leur utilisation. En effet, les antibiotiques récents sont plus actifs et nécessitent l'administration d'une quantité d'antibiotique plus faible. Pour évaluer l'exposition des animaux aux antibiotiques, il est nécessaire de prendre en compte, en particulier, la posologie et la durée d'administration, mais aussi l'évolution de la population animale au cours du temps. Ainsi, entre 1999 et 2009, le niveau d'exposition des animaux aux antibiotiques pour les voies d'administration orale et parentérale, toutes familles confondues, a augmenté de 12,5%. Pour les fluoroquinolones et les céphalosporines de 3ème et 4ème génération, des antibiotiques particulièrement importants en médecine humaine, l'exposition des animaux a respectivement été multipliée par deux et par 3 depuis 1999.
Bien qu'il semble qu'entre 2008 et 2009, la vente et l'exposition des animaux aux fluoroquinolones ne varient pas et diminuent pour les céphalosporines, la forte augmentation de leur utilisation depuis 1999 est préoccupante.

Au cours de cette journée, la Direction générale de l'alimentation a confirmé la mise en place prochaine du comité national pour l'usage raisonné des antibiotiques en médecine vétérinaire et a présenté ses attentes quant aux objectifs de ce comité.
Les actions entreprises pour un usage raisonné des antibiotiques ont été présentées par les différents acteurs en santé animale : par exemple la transparence sur la vente des antibiotiques, un guide de bonnes pratiques de l'antibiothérapie à l'usage des praticiens vétérinaires, ou encore l'identification des pratiques à risque par espèces, par type de production, par pathogène.
Au cours de cette journée, les acteurs de la santé animale ont clairement signifié leur sensibilisation à la gravité du problème et ont présenté des plans d'action spécifiques aux structures.

L'Anses a affirmé que ce sujet constituait une priorité dans son action et annoncé la mobilisation de tous ses moyens - incluant ses laboratoires, l'ANMV et ses collectifs d'experts - pour être en capacité de fonder scientifiquement des recommandations aux pouvoirs publics et aux prescripteurs d'antibiotiques d'ici la fin de l'année 2011.
L'Agence a présenté à cette occasion un plan d'action en trois volets :

  • La collecte de données pour mieux cerner les usages dans les différentes filières
  • La réalisation de travaux de recherche pour mieux comprendre les mécanismes en œuvre
  • Une évaluation des risques liés à l'usage d'antibiotiques en médecine vétérinaire en vue de recommandations aux pouvoirs publics et aux prescripteurs.

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