08/02/2022
Portrait

Celles qui font l’Anses : portraits de femmes de science

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, nous vous invitons à découvrir une série de portraits de femmes qui participent au quotidien à la science à l’Anses.

« Je suis responsable de la direction alertes et vigilances à l’Anses. La vigilance consiste à identifier parmi un ensemble de données et d’évènements sanitaires, ceux qui paraissent inhabituels au vu des connaissances scientifiques actuelles. Ils feront l’objet d’une analyse plus fine, pour voir s’il s’agit d’un nouveau risque pour la population. Le réseau d’experts sur lequel nous nous appuyons nous aide dans cette tâche. Par exemple, au début de la pandémie de la Covid-19, les centres antipoison et des ophtalmologues nous ont rapporté des cas de projections oculaires de solutions hydroalcooliques chez les enfants. L’analyse de ces cas et des lésions occasionnées a donné lieu à une alerte nationale et internationale, notamment par le biais d’une publication scientifique. Dans le domaine de la santé au travail, la veille scientifique nous a permis d’identifier un risque particulier de silicose accélérée, une maladie qui touche les poumons, chez des hommes jeunes travaillant à la découpe de plans de travail de cuisine ou de salle de bains en quartz. Là encore, nous avons lancé une alerte pour une meilleure protection de ces travailleurs. »  Juliette Bloch

« Ingénieur agronome de formation, je travaille au sein de l’Anses depuis 2011. Je suis cheffe de l’unité Ravageurs et agents pathogènes tropicaux. Il s’agit d’une unité du laboratoire de la Santé des végétaux située sur l’île de la Réunion. Nous travaillons au développement et à la validation de méthodes d’analyses permettant la détection d’agents pathogènes affectant les plantes tropicales et méditerranéennes. Nos travaux contribuent ainsi à garantir l’état sanitaire des végétaux et productions végétales des régions et territoires d’outre-mer. Dans un contexte d’intensification des échanges commerciaux, ces territoires, pour la plupart insulaires et situés en zone tropicale, présentent un risque important d’introduction et d’installation de nouveaux agents pathogènes. Ceci aurait des répercussions économiques considérables sur les productions végétales locales. Certains des agents pathogènes sur lesquels nous travaillons sont également des problématiques sanitaires majeures pour l’Union européenne. Il est donc essentiel de disposer de méthodes d’analyses performantes pour garantir des échanges de matériel végétal sain et pouvoir prévenir toute émergence de maladie. »  Aude Chabirand

« Je suis vétérinaire de formation. Je suis actuellement en charge de la gestion administrative des médicaments vétérinaires, des établissements de fabrication et de distribution de ces produits. Ce qui m'anime est de contribuer au quotidien et de façon concrète à ce que les médicaments mis sur le marché soient sûrs et efficaces, au bénéfice des animaux et de la santé publique. Mon métier m’amène à gérer les problématiques liées à l’utilisation des médicaments vétérinaires pour toutes les espèces animales : administration, effets indésirables mais également manque de disponibilité pour certains médicaments. De plus, je mets mes compétences scientifiques au service de la construction des normes réglementaires. De cette façon, je contribue aux politiques sanitaires nationales et européennes de gestion des maladies animales et de lutte contre la résistance aux antimicrobiens. » Paule Carnat-Gautier

« Je suis chargée de projet scientifique, responsable de la valorisation et des appels à projets de recherche au sein de la Direction de la stratégie et des programmes. Dans le cadre de mes missions, je coordonne deux appels à projets internes qui favorisent les recherches menées par plusieurs entités au sein de l’Anses. Ils donnent à la fois la possibilité aux équipes de développer un travail de recherche approfondi, avec l’accueil de doctorants et de réaliser des travaux collaboratifs sur des questions de recherche. J’organise également avec la Direction de la communication, les « Journées scientifiques et doctorales de l’Anses ». Cet évènement annuel multithématique est un moment privilégié pour mettre à l’honneur les travaux des scientifiques et parler de science au sens large.

Je suis également impliquée dans le suivi des activités de valorisation des découvertes et innovations auprès du secteur privé et public. J’accompagne les scientifiques dans leurs démarches : pour déclarer une invention, déposer un brevet ou lancer un appel à proposition de collaboration avec des partenaires industriels. À l’interface entre les chercheurs, les services juridiques et les partenaires, je prends part aux négociations et à la rédaction des contrats de licence ou de transfert de savoir-faire qui ont pour but de développer de nouveaux outils ou produits au service de la santé publique. Par exemple, la valorisation de certains brevets de l’Agence ont permis de mettre sur le marché des kits de détection d’Escherichia coli producteurs de shigatoxines, qui sont des agents pathogènes responsables d’infections humaines. C’est vraiment passionnant de suivre l’évolution d’un projet scientifique qui débute par une découverte et qui aboutit à une application utile qui peut améliorer la vie de tous ! » Laëtitia Charron

« Je suis ingénieur chimiste de formation et cheffe de projet scientifique à la Direction de l’évaluation des risques. Dans le cadre de mes missions, je coordonne des évaluations de risques sanitaires sur des produits de consommation, tels que les substances allergisantes cutanées dans les textiles, les protections féminines, les couches pour bébé ou les masques chirurgicaux et les masques FFP2 utilisés dans le cadre de la pandémie de Covid-19. En fonction des résultats de ces expertises collectives, il peut alors être nécessaire de proposer des mesures de gestion au niveau européen, dans le cadre du règlement Reach, qui vise à protéger la santé humaine et l'environnement contre les risques liés aux substances chimiques. À ce titre, je rédige et je défends auprès de l’Agence européenne des produits chimiques des dossiers visant à restreindre les quantités de certaines substances chimiques dans des articles de consommation. L’ensemble de ces actions menées collectivement visent à protéger la santé des consommateurs et des travailleurs. » Céline Dubois

Lire l’article de Céline Dubois sur les masques chirurgicaux et FFP2 paru dans The Conversation.