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Agence nationale de sécurité sanitaire
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Mis à jour le 08/06/2016

Contaminations chimiques et café

Les dosettes et capsules de café des machines "expresso" n’augmentent pas l’exposition aux contaminants chimiques

Mots-clés : Contaminants de l'alimentation, Aluminium, Acrylamide, Matériaux au contact des aliments (MCDA), Caféine

Depuis quelques années, diverses machines dites « expresso » apparaissent sur le marché français et équipent de nombreux foyers. L’Anses, en partenariat avec l’Institut national de la consommation (INC), a initié une étude afin de comparer les teneurs en différents contaminants chimiques des cafés préparés à l’aide de ces machines avec celles du café filtre traditionnel. Cette étude montre que ces nouvelles pratiques ne modifient pas les conclusions des évaluations de risque précédentes concernant l’exposition des consommateurs aux contaminants chimiques. 

De nouvelles habitudes de consommation du café

 Le café est la deuxième boisson la plus consommée en France après l’eau. Il a donc déjà fait l’objet d’analyses dans le cadre des études de l’alimentation totale (EAT) françaises. Depuis plusieurs années, des machines dites « expresso » apparaissent sur le marché français. Utilisables à domicile, elles équipent un très grand nombre de foyers. Ce nouveau mode de consommation du café a soulevé plusieurs questionnements, notamment sur l’éventuelle contamination chimique du café par contact avec les capsules ou dosettes dans lesquelles il est conditionné. Ainsi l’Anses s’est-elle intéressée aux conséquences de l’utilisation de ces nouveaux équipements en termes d’expositions des consommateurs à certains contaminants chimiques. Elle a également profité de cette étude menée dans le cadre d’une convention de recherche et développement (CRD), en partenariat avec l’Institut national de la consommation (INC), pour acquérir des données sur les teneurs en caféine de ces types de cafés.

 

Comment l’Anses a-t-elle procédé ?

Ce travail a permis de déterminer les teneurs en différents composés chimiques des cafés préparés par ces machines afin de les comparer aux valeurs déjà obtenues lors d’études sur le café filtre traditionnel (dans le cadre de l’EAT2).

Les tests ont porté sur 10 marques de capsules, représentatives du marché et compatibles avec l’une des 4 technologies de cafetières « expresso » les plus vendues en France. Les différents matériaux en contact avec le café moulu (corps et opercules des capsules) ont été caractérisés afin d’identifier les substances spécifiques à rechercher. D’autre part, les substances chimiques pour lesquelles le café est un contributeur important, principalement des métaux, ont été analysées.

La teneur en contaminants organiques et inorganiques susceptibles de provenir du café, du procédé ou des matériaux d’emballage, a été quantifiée pour chaque préparation de café à l’aide de diverses techniques. Les concentrations mesurées ont ensuite été comparées avec celles d’un café filtre.

 

Analyse de divers contaminants chimiques : des teneurs quasi identiques

Concernant l’ensemble des contaminants chimiques recherchés (Aluminium, Cobalt, Chrome, Etain, Nickel, Cuivre, Zinc et Acrylamide), des teneurs en moyenne légèrement plus élevées (sauf pour l’aluminium) mais d’un même ordre de grandeur ont été mesurées dans les solutions de café issues des capsules par rapport au café témoin (café filtre).  Ces variations ne sont pas toutefois de nature à modifier significativement la contribution du café à l’exposition des consommateurs et donc au risque lié à ces composés chimiques.

Par ailleurs, les composés organiques appartenant à la famille des phtalates ou du bisphénol A n’ont pas été détectés. En ce qui concerne le furane, celui-ci a été détecté dans tous les échantillons, mais aucune conclusion ne peut être établie, compte tenu des spécificités physico-chimiques de ce composé (notamment une volatilité très élevée). L’Anses travaille à des développements méthodologiques pour caractériser ce composé avec plus de précision.

Enfin, s’agissant des teneurs en caféine, les cafés préparés à l’aide de ces cafetières « expresso » contiennent des concentrations en moyenne plus élevées que celles du café filtre. Par ailleurs, la concentration de caféine est plus élevée dans les « expressos » obtenus à partir de capsules que dans ceux obtenus à partir de dosettes.

 

Pas de conséquence sur l’exposition aux contaminants, la caféine à surveiller

L’étude conduite par l’Anses a donc permis de constater que les teneurs en contaminants mesurées dans le café des machines dites « expresso » sont du même ordre de grandeur que celles mesurées dans le café filtre et publiées par l’Anses dans la dernière étude de l’alimentation totale (EAT2) en 2011. Les résultats de ces analyses montrent que ces nouvelles pratiques ne modifient pas substantiellement les conclusions des évaluations de risque précédentes concernant l’exposition des consommateurs aux contaminants chimiques via le café. Ces nouveaux équipements pourraient toutefois avoir des répercussions sur l’exposition des consommateurs à la caféine si ces cafés sont consommés dans les mêmes quantités que le café traditionnel.