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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 21/09/2016

Effets sanitaires des rayonnements optiques

Présentation et travaux de l’Anses

Mots-clés : Lumière, Eclairage, LED (diodes électroluminescentes)

Les risques sanitaires liés à l’exposition à la lumière visible sont bien connus dans le cas par exemple d’expositions prolongées à des sources de rayonnement intense (soudure à l’arc sans protection oculaire, soleil observé directement sans lunettes appropriées, etc.). Le développement de nouvelles sources lumineuses (LED) ou de nouvelles technologies (3D) pose aujourd’hui la question de leur impact sur la vision, notamment pour les personnes les plus sensibles comme les enfants, en particulier pendant les phases de développement de la vision, ainsi qu’en termes de conséquences à long terme. Présentation des travaux de l’Anses dans ce domaine.

Diodes électro-luminescentes (LED)

L'Anses a publié en 2010 un rapport d'expertise collective sur les effets sanitaires des systèmes d'éclairage utilisant des LED.

De par leur faible consommation électrique et leur fort rendement, les éclairages utilisant des LED présentent des performances énergétiques de premier plan et trouvent toute leur place dans les politiques d'économie d'énergie. Leur marché est en pleine progression. Cependant, des risques liés à l'usage de certaines lampes à LED, pouvant conduire à des effets sanitaires pour la population générale et les professionnels, ont été identifiés.

Les diodes mises sur le marché à des fins d'éclairage sont principalement caractérisées par la grande proportion de bleu dans la lumière blanche émise et par leur très forte luminance (« intensité lumineuse »). Les enjeux les plus préoccupants identifiés par l'Agence concernent l'œil : effet toxique de la lumière bleue et risque d'éblouissement.

La lumière bleue, nécessaire pour obtenir des LED blanches, conduit à un stress toxique pour la rétine. Les enfants sont particulièrement sensibles à ce risque, dans la mesure où leur cristallin reste en développement et ne peut assurer son rôle efficace de filtre de la lumière.

Ces nouveaux éclairages peuvent conduire à des « intensités de lumière » jusqu'à 1 000 fois plus élevées que les éclairages classiques, générant ainsi un risque d'éblouissement. Leur éclairage très directif, ainsi que la qualité de la lumière émise, peuvent par ailleurs être source d'inconfort visuel.

Dans le cadre de l’expertise, l'Anses a conduit différents essais visant à évaluer les risques de ces nouveaux éclairages à l'aune de la norme européenne de sécurité photobiologique. Certains de ces produits relèvent de groupes de risques supérieurs à ceux des éclairages traditionnels, jusqu'alors inaccessibles par le grand public.

Dans ce contexte, l'Anses recommande que seules les LED appartenant à des groupes de risques similaires à ceux des éclairages traditionnels soient accessibles pour le grand public, les éclairages les plus à risque devant être réservés à des utilisations professionnelles dans des conditions permettant de garantir la sécurité des travailleurs.

Par ailleurs, l'Agence souligne la nécessité de diminuer les intensités lumineuses perçues, afin de limiter les risques d'éblouissement.

L'Agence recommande également d'éviter l'utilisation de sources de lumière riches en couleur bleue dans les lieux fréquentés par les enfants.

Enfin, l'Anses formule différentes recommandations relatives à l'information du consommateur, à l'évolution et la mise en œuvre des normes en vigueur et à l'acquisition de nouvelles connaissances sur les effets sanitaires des éclairages artificiels.

 

Technologies « 3D »

Ces dernières années ont vu le développement rapide de nouvelles technologies audiovisuelles en 3 dimensions (3D). Après la multiplication des films en 3D au cinéma depuis le milieu des années 2000, on assiste aujourd'hui au développement de l'offre de téléviseurs, de consoles de jeux domestiques et de téléphones mobiles 3D.

Le développement de ces technologies 3D pose cependant la question de leur impact sur la vision. Nintendo a ainsi accompagné la mise sur le marché de la console « Nintendo 3DS » d'un message de prévention affiché notamment sur l'emballage externe du produit : « l'utilisation de l'affichage 3D par un enfant de six ans ou moins pourrait endommager sa vue. Par conséquent veuillez observer les recommandations suivantes :

  • seuls les enfants de plus de six ans peuvent utiliser l'affichage 3D ;
  • si la console est susceptible d'être utilisée par un enfant de six ans ou moins, l'affichage 3D doit être bloqué par un parent ou tuteur à l'aide de la fonction de contrôle parental. »

Le développement de ces applications pouvant être utilisées par un public jeune et les messages de prévention visant à restreindre l'usage de ces consoles aux enfants de plus de 6 ans sont à l'origine des interrogations de l'association agréée au titre de la protection de l'environnement « Robin des bois ». Celle-ci a saisi l'Anses en janvier 2011 afin qu'elle étudie les éléments scientifiques disponibles sur le sujet.

L'Agence met en évidence dans son avis de juillet 2011 le manque de données disponibles à ce jour sur les effets sanitaires potentiels des consoles de jeux 3D. L'Anses estime qu'il n'est pas possible de se prononcer sur les risques sanitaires relatifs à l'usage de consoles de jeux 3D et de déterminer un âge limite précis à partir duquel l'exposition aux images 3D des consoles de jeux n'affecterait pas le développement visuel de l'enfant.

Cependant, certaines études scientifiques suggèrent que lors de la visualisation d'images en 3D, la fatigue visuelle semble apparaître plus vite et de manière plus intense qu'avec des images en 2D. Par ailleurs, les technologies 3D sont en constante évolution et l'offre de matériel audiovisuel 3D, notamment à usage domestique, se développe rapidement. Les populations qui peuvent être exposées aux différentes technologies 3D sont très diversifiées (enfants, population générale, travailleurs, etc.). Ces technologies peuvent ainsi notamment être accessibles aux enfants dont le système visuel est en cours de développement.