Formulaire de recherche

anses

Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Epidémiologie et surveillance

Suivi de l’évolution des maladies et des agents pathogènes et détection de l’émergence sur le territoire national d’un nouvel agent infectieux, l’épidémiologie et la surveillance sont des maillons essentiels pour comprendre, prévenir les risques sanitaires et mesurer leurs conséquences. Elles permettent d’évaluer avec précision la probabilité, les causes de l’expression des maladies et leur impact sanitaire afin de signaler le plus précocement possible la présence d’un risque aux pouvoirs publics et aux acteurs impliqués. Les interventions de l’Anses en matière d’épidémiologie et de surveillance chez l’animal, le végétal et pour la contamination des aliments prennent des formes multiples.

 

Piloter des dispositifs de surveillance

L’Anses anime des réseaux d’épidémiosurveillance qui mobilisent des spécialistes de terrain : laboratoires, vétérinaires, médecins, organismes à vocation sanitaire ou technique, éleveurs, spécialistes de certaines espèces animales, …

Quelques exemples de réseaux:

  • RNOEA : créé en 1987, le réseau national d’observations épidémiologiques en aviculture est animé par le laboratoire Anses de Ploufragan-Plouzané. Ses 55 participants (vétérinaires en laboratoire, en cabinet libéral ou salariés d’entreprise) transmettent au laboratoire les observations faites dans le cadre de leur activité professionnelle. Ces données sont les seules informations épidémiologiques disponibles sur les maladies rencontrées dans les élevages de volailles français. Sans être exhaustives, elles permettent d’établir un état des lieux, toutes filières avicoles confondues, de suivre les évolutions de ces maladies et de détecter d’éventuelles émergences.
  • RÉSAPATH : destiné à surveiller l’antibiorésistance des bactéries pathogènes isolées de l’animal, le réseau existe depuis 1982. Il s’étend aujourd’hui à la surveillance de l’antibiorésistance chez la plupart des germes bactériens responsables d’infections chez l’animal. Il est animé par les laboratoires Anses de Lyon et de Ploufragan-Plouzané. Le Résapath fédère 74 laboratoires, couvrant 99 départements et collecte les données de résistance sur plus de 50 000 souches bactériennes chaque année.
  • SALMONELLA : Le réseau a pour objectif de suivre des salmonelles d’origine non humaine sur l'ensemble de la chaîne alimentaire. Complémentaire de la surveillance des salmonelles d'origine humaine, il participe au dispositif de sécurité sanitaire des aliments. Officiellement créé en 1997, ce réseau regroupe aujourd'hui près de 150 laboratoires vétérinaires, privés et publics, couvrant 94 départements français. Il est animé par le laboratoire de sécurité des aliments de Maisons-Alfort de l'Anses.
  • VIGIMYC surveille, au niveau national, depuis plusieurs décennies, la circulation des différentes espèces de mycoplasmes responsables de pathologies chez les ruminants domestiques ou sauvages avec une attention toute particulière pour les mycoplasmoses prioritaires listées par l’OIE. Il comprend une quarantaine de laboratoires partenaires animés par le laboratoire Anses de Lyon, qui assure un service centralisé d’identification des isolats. En moyenne depuis 2005, 360 isolats issus de 58 départements sont identifiés par an. Les souches isolées sont conservées en collection et utilisées à des fins de recherche et développement et plus récemment, à l’évaluation de leur sensibilité aux antibiotiques.

 

Des plans de surveillance toujours plus pertinents

L’Anses fournit à l’État un appui scientifique et technique dans l’élaboration des plans de surveillance et contribue ainsi à la qualité des contrôles réalisés qui génèrent chaque année 60 000 prélèvements et 800 000 résultats d’analyses. Pour ce faire l’Agence s’appuie sur une expertise multidisciplinaire pour proposer au gouvernement des priorités de contrôle et de surveillance prenant notamment en compte les besoins en matière d’évaluation des risques.

Elle précise également les modalités les plus adaptées pour assurer la pertinence et la fiabilité des données collectées. C’est à ce titre que l’Anses s’est engagée en 2016 dans le projet Qualiplan d’amélioration de la qualité des données des plans de surveillance et plans de contrôle. Le développement d’une application informatique et une animation dédiée permettent d’identifier les valeurs manquantes, les incohérences et les données incomplètes ou erronées. Ce projet, appelé  « Data Quality », s’inscrit également dans le contexte européen d’amélioration de la qualité des données transmises à l’Efsa.

Toutes ces données sont ensuite analysées par l’Agence et lui permettent de détecter le plus rapidement possible les évolutions de la situation sanitaire.

 

Apporter un appui scientifique et technique à la surveillance

La réussite de l’action collaborative de 9 organismes (DGAL, Anses, Cirad, SNGTV, Adilva, Coop de France, GDS France, ONCFS et FNC) dans la création et l’animation de la Plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale (Plateforme ESA) a conduit à l’inscription en 2015 de 3 Plateformes : santé animale, santé végétale et sécurité de la chaîne alimentaire dans le code rural. L’Anses, dans le cadre de sa mission de référence, contribue à l’appui et la coordination de ces plateformes. Ce sont plus de 30 personnes de l’Anses qui contribuent aux activités des 18 thématiques de la Plateforme ESA. L’Agence poursuit son investissement dans la création des deux autres plateformes (santé végétale et sécurité de la chaîne alimentaire).

 

Comprendre et prévenir les maladies animales par l’épidémiologie analytique et la modélisation

Les équipes de recherche de l’Anses s’attachent également à mieux comprendre les facteurs de risque de contamination des élevages par les agents pathogènes zoonotiques ou d'importance économique, les facteurs de modulation de l’expression de ces maladies souvent mutifactorielles et la modélisation de celle-ci.

Cette compréhension des facteurs de risques des pathologies animales utilise les compétences aussi bien des épidémiologistes que des biologistes de nos laboratoires. En effet, la caractérisation fine des agents pathogènes par les techniques d’identification moléculaire disponibles au sein de nos laboratoires nationaux et européens de référence combinée avec l’expertise de nos épidémiologistes permet désormais de mieux comprendre la circulation des agents pathogènes, de tenter de la modéliser mais également d’évaluer les méthodes possibles de prévention des maladies animales et de leur transmission zoonotique.