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Hygiène domestique : l’Anses met en consultation ses recommandations pour une meilleure information du consommateur

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Actualité du 21/03/2013

De multiples micro-organismes sont susceptibles de contaminer les aliments et d'engendrer diverses pathologies. Près de 40% des foyers de toxi-infections d’origine alimentaire déclarés en France surviennent dans le cadre familial. Dans ce contexte, l’Anses a lancé en 2012 la réactualisation de sa fiche d’hygiène domestique, un document qui regroupe une gamme large de recommandations pour prévenir les infections d’origine alimentaire à la maison. Afin de faciliter l’appropriation de ces recommandations par le consommateur et de porter l’effort de communication sur les gestes qui ont le plus d’impact en matière de santé publique, l’Agence a hiérarchisé ses recommandations. Ce travail qui a conduit à mettre en avant dix recommandations prioritaires est mis aujourd’hui en consultation auprès des représentants des consommateurs. 

 

De multiples micro-organismes (bactéries, virus, parasites) sont susceptibles de contaminer les aliments et d'engendrer diverses pathologies. Les mesures mises en œuvre par les autorités de santé et les professionnels ont conduit à une diminution majeure des principales pathologies causées par l’alimentation. Cependant, des épisodes récents de contamination en Europe, liés notamment à des produits végétaux, appellent à la vigilance vis-à-vis des dangers microbiens. Par ailleurs, la manipulation, la conservation et la transformation des aliments chez le consommateur reste un point sensible. D’après le rapport Zoonoses de l’EFSA, 36% des foyers de toxi-infections d’origine alimentaire déclarés en France en 2010 sont survenus dans le cadre familial. Une partie de ces cas est associée à des mauvaises pratiques au domicile, telles que la conservation inadéquate des denrées, la cuisson insuffisante des aliments, ou des transferts de contamination.

Dans ce contexte, l’Anses a souhaité réactualiser sa fiche d’hygiène domestique, un document créé en 2006 qui présente de manière accessible des éléments d’information sur les sources de contamination microbienne des aliments et de l’environnement de la cuisine, ainsi que des mesures de prévention. L’Agence a tout d’abord réalisé un bilan des données disponibles sur les pratiques des consommateurs en matière d’hygiène domestique et sur les facteurs pouvant influencer la prise en compte de celles-ci (facteurs socio-économiques, évolution des pratiques, représentations,..), 

Afin d’optimiser ensuite la transmission des messages qu’il contient et notamment de mettre en exergue les plus pertinents à faire passer auprès du grand public, l’Agence a réalisé un travail de hiérarchisation des 49 recommandations de la fiche hygiène. In fine, dix messages essentiels à faire passer aux consommateurs en matière d’hygiène domestique ont été identifiés. 

L’Anses souhaite à présent mettre ce travail en consultation publique auprès des représentants des consommateurs et des autres parties intéressées pour recueillir leur opinion sur la formulation des recommandations et les meilleurs canaux pour diffuser cette information.

 

A l’issue de cette phase de consultation de deux mois qui se clôturera par une réunion avec les contributeurs, l’Agence publiera ses recommandations finalisées avant l’été.

 

Les toxi-infections alimentaires collectives en France

En France, les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ainsi que certaines autres maladies d’origine alimentaire (listériose, …) sont soumises à déclaration obligatoire par les médecins mais il reste difficile d’apprécier le nombre réel d’affections liées aux aliments. Ainsi, le rapport de l’Institut de veille sanitaire sur la morbidité et la mortalité dues aux maladies infectieuses d’origine alimentaire en France (portant sur les années 2000 à 2002) montre une sous-estimation importante du nombre de cas réels. L’estimation fait état de 230 000 cas réels par an pour seulement 12 000 cas déclarés. 

En France, en 2009, 1 255 foyers de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été déclarés, affectant environ 14 000 personnes, dont 9 sont décédées. L’agent responsable le plus fréquemment incriminé ou suspecté était la toxine produite par la bactérie Staphyloccocus aureus (entérotoxine staphylococcique) (31 % des foyers), suivi par les bactéries de la famille des salmonelles (20 % des foyers). Aucun agent n'a pu être mis en évidence ni suspecté dans 42 % des foyers déclarés. 

Ces chiffres soulignent l’impact sanitaire considérable des TIAC dont les incidences économiques et financières n’ont pas encore fait l’objet en France d’évaluation précise, contrairement aux pays anglo-saxons. Ainsi, les Etats-Unis évaluent à 75 milliards de dollars le coût annuel des TIAC pour les 14 principaux pathogènes mis en cause . La Nouvelle Zélande estime à 162 millions de dollars  le coût induit par les six principaux pathogènes alimentaires (Salmonella, Yersinia, Listeria, Campylobacter, Norovirus et E.coli producteur de shiga-toxines) et l’Angleterre à 1,5 milliard de livres.