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Mis à jour le 30/06/2016

La fièvre catarrhale ovine (FCO), ou Bluetongue

Présentation et situation en France

Mots-clés : Fièvre catarrhale ovine (FCO), Bluetongue, Maladies animales, Santé animale

Maladie virale, la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) est transmise d'un animal infecté à un autre par piqûre d'un moucheron du genre Culicoïdes (arbovirose). Touchant majoritairement les moutons, elle peut également affecter les bovins, les chèvres et d'autres ruminants sauvages. Maladie strictement animale, la FCO n'affecte pas l'Homme et n'a aucune incidence sur la qualité des denrées. Provoquant des retards de croissance chez les animaux malades, la mort de certains animaux et des avortements chez les femelles infectées, cette pathologie engendre d'importantes pertes économiques pour les éleveurs. Les mesures de lutte, notamment la vaccination qui est l’outil le plus efficace, représentent également un coût élevé. Carte d’identité de cette maladie.

Le virus responsable de la FCO est un Orbivirus de la famille des Reoviridae.Il existe 26 types différents de ce virus appelés sérotypes. Ils sont différenciés sur la base de leurs propriétés antigéniques, c'est-à-dire leur capacité à provoquer une réponse immunitaire et à être reconnus par des anticorps spécifiques.

Initialement présente en Afrique, la FCO s’est étendue progressivement vers le Nord depuis plusieurs décennies, probablement à la faveur du réchauffement climatique de la planète et des échanges commerciaux internationaux. En effet, la transmission de cette maladie ainsi que son extension géographique sont étroitement liées à la présence des populations de moucherons piqueurs appelés culicoïdes, qui jouent le rôle de vecteurs et dont le développement est favorisé par des températures élevées. Après une première incursion en Europe à la fin des années 1950, dans le sud de l'Espagne et du Portugal, la FCO a touché la Grèce en 1979 puis en 1998, avant d’apparaître en Italie et en France en 2000 (en Corse). La maladie est aujourd’hui présente sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.

 

2006 – 2010 : Une épizootie majeure en Europe du Nord-Ouest

En 2006, une épizootie de fièvre catarrhale ovine provoquée par le sérotype 8 (ou BTV-8, pour bluetongue virus) a affecté l'Europe du Nord-Ouest. Il s'agissait de la première épizootie de FCO documentée en Europe du Nord et de la première circulation du sérotype 8 identifiée sur le continent. Cinq pays ont été atteints : l'Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas. Au total, environ 2 000 foyers ont été notifiés en 2006, dont six en France.

Après une accalmie hivernale due à l’inactivité vectorielle, une reprise épizootique massive a été observée à partir du début du mois de juillet 2007. Plus de 50 000 foyers à BTV-8 ont été recensés en 2007, dans neuf pays européens : Allemagne, Belgique, Danemark, France, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse, République tchèque et Royaume-Uni.

Faiblement touchée lors de l'été 2006, la France fut confrontée à une épizootie d’une toute autre ampleur en 2007, avec plus de 15 000 foyers à BTV-8, répartis sur une très large moitié nord du pays. Le front épizootique progressait essentiellement dans le sens Nord-est – Sud-ouest.

Par ailleurs, un nouveau sérotype, le BTV-1, est apparu sur le territoire continental français fin 2007, en provenance de l’Espagne, provoquant trois foyers dans le Sud-ouest de la France.

Le pic épizootique causé par le sérotype 8 a été observé en France en 2008 (alors qu’il a eu lieu en octobre 2007 en Europe du Nord). Sa circulation a repris au printemps 2008 en direction du sud et de l’ouest de l’Hexagone, causant plus de 27 000 foyers.

La circulation du sérotype 1 a également repris en France en 2008 : il a provoqué près de 5 000 foyers dans le sud-ouest et en Bretagne.

Parallèlement aux mesures sanitaires mises en place, des campagnes de vaccination obligatoire, à l’aide de vaccins à virus inactivés dirigés contre les sérotypes 1 et 8, ont été mises en place sur le territoire continental français au printemps 2008, jusqu’à l’automne 2010. Durant ces campagnes, prises en charge financièrement par l’Etat, plus de 120 millions de doses de vaccins ont été distribuées. La vaccination est devenue facultative et à la charge des éleveurs fin 2010. L’impact positif de la vaccination, couplé à l’acquisition d’une immunité protectrice à la suite d’une infection, s’est traduit par un effondrement du nombre de foyers : moins d’une centaine en 2009, un seul en 2010, aucun en 2011.

La situation sanitaire s’est progressivement améliorée dans toute l’Europe du Nord. Ainsi, le Royaume-Uni a recouvré son statut indemne de FCO en 2011, suivi en 2012 par l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas.

En France, le dernier foyer de FCO a été identifié en juin 2010, dans le département des Alpes-Maritimes (sérotype 1).

En Europe du Sud, le virus circulait encore en 2011 : des foyers ont été notifiés en Espagne (sérotype 1), au Portugal (sérotype 1), en Italie (sérotypes 1, 2, 8 et 9), en Grèce (sérotypes 4 et 16) et à Chypre (sérotypes 4 et 16).

 

Mobilisation de moyens de recherche sur la FCO en France

Etant donnée l'ampleur de l'épizootie à laquelle étaient exposés les éleveurs, l'Anses, en concertation avec le Réseau Français pour la Santé Animale (RFSA), a jugé nécessaire et urgent d'entreprendre des travaux d'études et de recherches opérationnelles afin de répondre, dans des délais contraints, aux besoins des filières et du gestionnaire du risque.

L'Anses s’est, ainsi, vu confier par l’Etat la coordination de ce programme basé sur une collaboration efficiente entre les instituts de recherche, les établissements d'enseignement supérieurs, les organisations professionnelles et les instituts d'élevage. Ce programme (programme FCO), financé en majeure partie par la Direction générale de l'alimentation (DGAL), s'appuie sur les équipes nationales et des collaborations européennes.