Formulaire de recherche

anses

Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Formulaire de recherche

L'article a été ajouté à votre bibliothèque

Mis à jour le 30/06/2016

La tuberculose bovine

Présentation et rôle de l’Anses

Mots-clés : Tuberculose bovine, Zoonoses, Maladies animales

La tuberculose bovine est une maladie animale transmissible à l'homme, causée par une bactérie. Les ruminants, domestiques et sauvages (principalement bovins et cervidés), mais également les sangliers, blaireaux ou renards peuvent être infectés. Depuis 2001, la France est considérée comme « officiellement indemne de tuberculose bovine », cependant chaque année une centaine de foyers persiste en élevage malgré les mesures de lutte mise en place. Présentation de cette pathologie, de la situation de la maladie en France et du rôle joué par l’Agence.

La tuberculose bovine est une maladie animale transmissible à l'homme (zoonose) causée par la bactérie Mycobacterium bovis (M. bovis). Cette bactérie peut infecter de nombreuses espèces de ruminants, domestiques et sauvages (principalement bovins et cervidés), mais aussi les sangliers, blaireaux ou renards. Elle se transmet souvent par voie respiratoire. 

Chez les bovins, l’infection est souvent inapparente, les symptômes cliniques n’apparaissant que tardivement au cours d’une évolution qui est en général très longue. Cependant, bien que ne présentant pas (ou peu) de symptômes, les animaux infectés peuvent avoir une productivité réduite et, par ailleurs, peuvent dans certains cas excréter la bactérie et contaminer l’Homme ainsi que d’autres espèces sauvages (cervidés, suidés, certains carnivores, etc.).

Depuis 2001, la France est considérée comme « officiellement indemne de tuberculose bovine » par l’Union européenne, malgré la persistance chaque année d’une centaine de foyers en élevage. Dans certains départements comme la Côte-d’Or et la Dordogne, le nombre de ces foyers connaît une augmentation régulière depuis 2004. 

Les bovins domestiques représentent le réservoir primaire de l’infection à M. bovis (sauf cas exceptionnels), c’est-à-dire que la maladie se transmet d’abord et avant tout de bovin infecté à bovin sain. L’éradication de la tuberculose bovine passe donc avant tout par la lutte contre cette infection en élevage. 

Cependant, des animaux de la faune sauvage,  notamment le sanglier, le blaireau et le cerf, peuvent également contracter l’infection. Ils constituent ainsi un réservoir secondaire de la maladie, et sont susceptibles de contaminer à leur tour les élevages. 

De ce fait, une surveillance de la faune sauvage est effectuée afin d’éviter que l’infection ne se pérennise dans ces populations, et conduise ainsi à la création d’un réservoir primaire comme cela a pu être observé dans d’autres pays (par exemple, le blaireau en Grande-Bretagne et le sanglier en Espagne).

La mise en évidence de l’importance de la faune sauvage dans le cycle de transmission de la maladie a conduit à un renforcement du dépistage de l’infection dans la faune sauvage autour des foyers domestiques. 

 

Le rôle de l'Anses

Le Laboratoire Anses de Santé Animale de Maisons-Alfort est Laboratoire National de Référence pour la tuberculose bovine depuis 1999. A ce titre, il est notamment chargé de développer des méthodes d’analyse permettant la surveillance de cette maladie, et de  transférer ces méthodes au réseau de laboratoires agréés qu’il anime sur le territoire français. 

L’Agence mène également depuis plusieurs années des travaux d’évaluation des risques et d’appui réglementaire aux pouvoirs publics vis-à-vis de cette maladie. Depuis 2006, une vingtaine d’avis sur la tuberculose bovine ont été rendus par l’Afssa puis l’Anses.

En 2011, l’Agence a notamment rendu un rapport d’expertise sur la question du rôle joué par la faune sauvage dans la transmission et le maintien de la maladie. Suite à une saisine du Ministère chargé de l’Agriculture, l'Anses a créé un collectif d’experts dédié afin de traiter ces questions.

Sur la base de ce travail, l’Agence a recommandé, outre les mesures existantes de lutte contre la tuberculose dans les cheptels bovins, de:

  • réguler les densités de population des cerfs et des sangliers (en augmentation depuis quelques années) en supprimant l’agrainage (mise à disposition de nourriture pour les animaux sauvages) à poste fixe, en respectant le plan national de maitrise du sanglier et en adaptant les plans de chasse ;
  • mettre en place des mesures d’abattage ciblé des blaireaux, des mesures de surveillance permettant d'évaluer l’efficacité de ces abattages, et augmenter les mesures de biosécurité des élevages dans les zones d’infection ;
  • prendre en compte le risque de diffusion de l’infection par les blaireaux hors des zones actuelles d’infection (prélèvements sur un échantillonnage représentatif de blaireaux autour des zones d’abattage) ;
  • se préparer dès maintenant, à la possibilité d’engager une vaccination des blaireaux à l’aide du BCG  en cas de diffusion de l’infection des blaireaux autour des zones d’abattage.

 

Enfin, l’Agence considère que des travaux de recherche devraient être entrepris pour:

  • améliorer la connaissance de l’infection à M. bovis dans la faune sauvage (densités des populations des différentes espèces dans les différents environnements, taille et stabilité des groupes, modalités de transmission de l'infection entre et au sein des groupes, persistance de M. bovis dans ces milieux de vie, fréquences de contacts entre faune sauvage et bovins domestiques, virulences spécifiques des souches dans ce contexte). 
  • se préparer dès aujourd’hui à l'éventualité d'un recours à la vaccination de la faune sauvage (notamment au travers de collaborations avec des équipes étrangères qui ont entrepris des essais de vaccination.