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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 18/11/2019

L'antibiorésistance

Une problématique transversale à l’Agence

Mots-clés : Antibiorésistance, Santé animale, Médicaments vétérinaires, Antibiotiques

L'antibiorésistance est une problématique majeure en termes de santé humaine et animale au niveau international. En effet, l'émergence et la diffusion croissante de souches de bactéries résistantes aux antibiotiques remettent en question l’efficacité de ces traitements tant chez l’Homme que chez l’animal. Préserver l’efficacité des antibiotiques constitue donc un réel défi de santé publique qui nécessite une approche intégrée de toutes les médecines selon le concept One Health, une seule santé humaine et animale. 

L’Anses est fortement mobilisée sur le sujet de la résistance aux antibiotiques. De par l’ensemble de ses activités de recherche, de référence, de surveillance et d’évaluation des risques, l’Agence contribue à une meilleure connaissance des risques liés à l’antibiorésistance en lien avec l’élevage, l’alimentation, l’environnement et donc les risques pour la santé humaine.

Qu’est-ce que l’antibiorésistance ?

Les antibiotiques, des substances luttant contre les bactéries responsables d’infections (comme la tuberculose), ont commencé à être produits et utilisés à grande échelle après la Seconde Guerre mondiale. Leur introduction constitue une percée médicale majeure puisqu’on estime à dix ans au moins le gain en espérance de vie que leur utilisation a entraîné, permettant de traiter avec succès nombre de maladies jusque-là mortelles.

Cette efficacité a motivé un usage de plus en plus fréquent et parfois injustifié (traitements trop courts, trop longs, doses inadaptées), tant chez l’homme qu’en médecine vétérinaire où il a favorisé l’apparition chez les bactéries de résistances à ces traitements, en sélectionnant des souches capables de survivre aux antibiotiques. Aujourd’hui de nombreuses bactéries résistent à plusieurs antibiotiques (multirésistances).

Ce phénomène global a des répercussions individuelles, puisqu’il remet en cause l’efficacité des traitements disponibles et menace la santé humaine et animale.

 

 

Pourquoi surveiller l’usage des antibiotiques et le développement des résistances en santé animale ?

En effet, certaines bactéries résistantes peuvent infecter les humains et les autres espèces animales, contribuant ainsi à l’apparition d’« impasses thérapeutiques », c’est à dire de situations où plus aucun antibiotique n’est efficace contre une bactérie. C’est pourquoi l’antibiorésistance s’est imposée comme une problématique de santé publique majeure nécessitant une approche globale tant en termes d’espèces (elles concernent toutes les espèces animales dont l’homme) que d’aire géographique (la problématique est mondiale). Une attention particulière est aujourd’hui apportée à la résistance aux antibiotiques dits « critiques », qui sont notamment utilisés en médecine humaine en dernier recours lorsque les antibiotiques prescrits en premier lieu ont échoué à guérir un patient.

Préserver l’efficacité des antibiotiques nécessite un usage raisonné, un suivi scrupuleux de leur utilisation et de l’évolution des résistances à ces substances.

 

Quel est le rôle de l’Anses dans la lutte contre l’antibiorésistance ?

L’Anses est chargée de la surveillance de l’antibiorésistance en médecine vétérinaire, que ce soit en lien avec l’élevage, l’alimentation ou l’environnement. Une démarche qui s’inscrit dans une approche intégrée de la santé humaine, animale et environnementale, selon la démarche One Health (« Une seule santé ») recommandée par l’organisation mondiale de la santé, et mise en œuvre par la France.

Laboratoire national de référence sur la résistance antimicrobienne, l’Agence suit l’exposition des animaux aux traitements antibiotiques (notamment via le suivi des ventes d’antibiotiques), surveille et étudie l’évolution de la résistance des bactéries infectant les animaux, évalue les risques de résistance en lien avec la mise sur le marché de médicaments antibiotiques vétérinaires.

 

Suivre l’exposition des animaux aux antibiotiques

La surveillance des ventes d’antibiotiques, qui renseigne sur l’usage des antibiotiques pour traiter les animaux d’élevage ou de compagnie, est l’une des sources d’information centrales utilisées pour l’évaluation et la gestion de l’exposition des animaux aux antibiotiques.

En France, un premier plan EcoAntibio (2012-2016) visait une réduction de 25 % de l’usage des antibiotiques en 5 ans, objectif qui a été atteint et dépassé avec une diminution de l’exposition animale aux antibiotiques de 37 %. Le nouveau plan EcoAntibio 2 (2017-2021) vise à inscrire dans la durée la baisse de l'exposition des animaux aux antibiotiques. Un objectif spécifique à la colistine vise une réduction de 50 % de l'exposition à cet antibiotique en 5 ans en filière bovine, porcine et avicole.

L'Anses a mis en place, depuis 1999 et en collaboration avec le Syndicat de l’industrie du médicament vétérinaire (SIMV), un suivi annuel des ventes d'antibiotiques vétérinaires.

Consulter les résultats du Suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2018 (insérer lien vers la page du rapport).

Les laboratoires de l’Anses de Ploufragan-Plouzané-Niort et de Lyon mettent également en œuvre des enquêtes ponctuelles en élevage qui permettent de collecter des données descriptives sur la prescription et l’utilisation des antibiotiques. Ces données sont analysées pour estimer au mieux l’exposition des animaux des différentes espèces animales (animaux producteurs de denrées alimentaires et animaux de compagnie).  

 

Surveiller et étudier la présence de résistances bactériennes chez l’animal

L’Anses est Laboratoire national de référence sur la résistance antimicrobienne. A ce titre elle surveille la résistance des bactéries de la chaine alimentaire dans le cadre de plans de surveillance harmonisés au niveau européen. Elle met en particulier en œuvre les plans de surveillance annuels, piloté par la DGAL et permettant de suivre l’évolution de la situation au niveau national et européen. Ils permettent la récolte à l’abattoir de bactéries dites « sentinelles » ou celles responsables d’infections. L’échantillonnage est aléatoire et réparti tout au long de l’année sur l’ensemble du territoire national. Chaque année, les résultats sont publiés au niveau français par la DGAL et au niveau européen par l'EFSA, l'agence européenne de la sécurité de l’alimentation. Le LNR valide également les méthodes autorisées pour tester la résistance d’une bactérie d’origine animale à un antibiotique d’importance critique pour l’Homme.

  • Consulter les résultats des prélèvements pour 2018.

Les laboratoires de l’Anses mènent également de nombreux travaux de recherche, de référence et de surveillance qui permettent une meilleure connaissance de la résistance aux antibiotiques. 
Ils coordonnent notamment le Résapath, réseau de surveillance de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries d’importance en santé animale. Ce dernier collecte les données d’antibiogrammes des bactéries prélevées sur des animaux malades en cabinet vétérinaire ou en élevage.

 

Évaluer les risques liés à l'antibiorésistance dans le cadre de la mise sur le marché d’antibiotiques vétérinaires

L’Anses évalue les risques liés à l’antibiorésistance dans le cadre des procédures d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) de médicaments vétérinaires.

L’Agence nationale du médicament vétérinaire au sein de l’Anses, autorise la mise sur le marché (AMM) en France des médicaments vétérinaires antibiotiques. Dans ce cadre, elle expertise leur qualité, leur efficacité et leur innocuité pour l’animal, l’utilisateur (sécurité lors de leur administration), le consommateur et pour l’environnement en prenant en compte le risque particulier de développement de résistance. Elle assure en outre leur suivi après leur mise sur le marché.