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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 14/11/2018

L'antibiorésistance

Une problématique transversale à l’Agence

Mots-clés : Antibiorésistance, Santé animale, Médicaments vétérinaires, Antibiotiques

L'antibiorésistance est une problématique majeure en termes de santé humaine et animale au niveau international. En effet, l'émergence et la diffusion croissante de souches de bactéries résistantes aux antibiotiques remettent en question l’efficacité de ces traitements tant chez l’Homme que chez l’animal. Préserver l’efficacité des antibiotiques constitue donc un réel défi de santé publique qui nécessite une approche intégrée de toutes les médecines selon le concept One Health, une seule santé humaine et animale. 

L’Anses est fortement mobilisée sur le sujet de la résistance aux antibiotiques. De par l’ensemble de ses activités de recherche, de référence, de surveillance et d’évaluation des risques, l’Agence contribue à une meilleure connaissance des risques liés à l’antibiorésistance en lien avec l’élevage, l’alimentation, l’environnement et donc les risques pour la santé humaine.

Autoriser la mise sur le marché d’antibiotiques sûrs et efficaces

L’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) au sein de l’Anses, autorise les médicaments vétérinaires antibiotiques mis sur le marché en France (Autorisation de mise sur le marché ou « AMM »). Dans ce cadre, elle expertise leur qualité, leur efficacité et leur innocuité pour l’animal, pour l’utilisateur (sécurité lors de leur administration), pour le consommateur et pour l’environnement en prenant en compte le risque particulier de développement de résistance. Elle assure en outre leur suivi après leur mise sur le marché que ce soit au niveau de la fabrication (contrôle des bonnes pratiques de fabrication, contrôle de la qualité), de leur commercialisation (contrôle de la publicité) ou de leurs effets indésirables (pharmacovigilance).

 

Suivre l’utilisation des antibiotiques chez les animaux

Depuis 1999, un suivi national des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques a été mis en place par l’ANMV, en collaboration avec le SIMV (Syndicat de l’industrie du médicament vétérinaire et réactif). Le suivi des ventes d’antibiotiques permet d’évaluer leur utilisation et de suivre l’évolution des pratiques en matière d’antibiothérapie chez les différentes espèces animales. Les informations recueillies sont des éléments indispensables, avec le suivi de la résistance bactérienne, pour permettre une évaluation des risques liés à l’antibiorésistance.

Consulter le suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2017

La France participe également au réseau européen ESVAC (European Surveillance of Veterinary Antimicrobial Consumption) mis en place par l’Agence européenne de l’évaluation des médicaments (EMA).

Les laboratoires de Ploufragan-Plouzané-Niort et de Lyon mettent en œuvre des enquêtes ponctuelles en élevage qui permettent de collecter des données descriptives sur la prescription et l’utilisation des antibiotiques. Les données sont analysées pour estimer au mieux l’exposition des animaux des différentes espèces animales (animaux producteurs de denrées alimentaires et animaux de compagnie).  

 

Contribuer à une utilisation raisonnée des antibiotiques

Depuis de nombreuses années, l’Anses est associée aux journées européennes de lutte contre l’antibiorésistance. Dans ce cadre, l’Agence organise chaque année un colloque scientifique sur l'antibiorésistance afin de mobiliser les acteurs, qu'ils soient scientifiques, décideurs ou professionnels de terrain, autour de cette problématique. Il participe à explorer de nouvelles actions pour une meilleure utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire et de limiter la diffusion des gènes de résistance par la chaine alimentaire et l’environnement des productions animales.

D’autre part, l’Anses a participé à l’initiative de la SNGTV (Société nationale des groupements techniques vétérinaires) visant à élaborer un guide de bonnes pratiques pour la prévention de l’antibiorésistance en médecine vétérinaire. L’Agence est par ailleurs un des acteurs de la mise en œuvre de la Feuille de route interministérielle pour maîtriser la résistance bactérienne aux antibiotiques. Elle contribue également activement à l’atteinte des objectifs des plans Ecoantibio du ministère chargé de l’Agriculture

 

Évaluer les risques liés à l'antibiorésistance

L’Anses expertise les risques liés à l’antibiorésistance dans le cadre des procédures d’AMM. Elle a également travaillé sur l’identification des pratiques à risques ou l’évaluation d’alternatives aux antibiotiques.

L'évaluation des risques d’émergence d’antibiorésistances liés aux modes d’utilisation des antibiotiques dans le domaine vétérinaire a permis de préciser les mesures les plus appropriées à mettre en œuvre, dans le domaine de la santé animale, pour une politique efficace de lutte contre l’antibiorésistance. L’avis et le rapport d’expertise publiés en avril 2014 apportent des recommandations pour chaque filière ou espèce animale, qui ont servi de base aux réflexions et aux actions engagées par les différents partenaires dans le cadre du plan Ecoantibio.

Suite à ce rapport, l’Anses a également réalisé un état des lieux des alternatives aux antibiotiques en vue de diminuer leur usage en élevage. A cette occasion, l’Agence a construit une méthode d’évaluation des publications scientifiques relatives à ces produits. Dans ses travaux, l’Anses souligne les limites existantes pour évaluer l’innocuité et l’efficacité d’un grand nombre de ces alternatives, tout comme leur capacité à provoquer l’apparition ou le développement de résistances. Elle met également en évidence que les différentes familles de produits alternatifs semblent être caractérisées par un effet de plus faible ampleur que celle des antibiotiques, selon les données actuellement disponibles.

D’autre part, les experts de l’Anses contribuent aux évaluations de risque européennes de l’EMA (Agence européenne de l’évaluation des médicaments) et de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire). Enfin l’Agence est membre actif des instances internationales travaillant sur ces questions.

 

Surveiller et comprendre la présence de résistances chez les bactéries d’origine non humaine

L’Anses est laboratoire national de référence pour l’antibiorésistance. A ce titre, elle participe à la mise en place des plans de surveillance annuels de la direction générale de l’alimentation qui permettent la récolte à l’abattoir de bactéries sentinelles ou responsables de zoonoses.

Les laboratoires mènent également de nombreux travaux de recherche, de référence et de surveillance qui permettent une meilleure connaissance de la résistance aux antibiotiques.

  • Ils coordonnent deux réseaux de surveillance de la résistance chez les bactéries d’origine non-humaine :
    • le Résapath, chez des bactéries isolées d’animaux malades dans le cadre du diagnostic vétérinaire,
    • le réseau « Salmonella », chez des souches de salmonelles d’origine isolées de l’alimentation, de l’environnement ou de production animale ;
  • Ils développent des méthodes de détection et de caractérisation de la résistance.
  • Ils réalisent des travaux de recherche pour comprendre les mécanismes de résistance.
  • Ils participent à la définition des valeurs critiques pour les antibiogrammes dans le cadre du groupe de travail vétérinaire du comité de l’antibiogramme de la Société française de microbiologie (SFM).