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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 01/12/2017

Le dispositif de nutrivigilance : objectif et principaux résultats

La surveillance des effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires, d’aliments ou de boissons enrichis, de nouveaux ingrédients et aliments

Mots-clés : Nutrivigilance, Compléments alimentaires, Effets indésirables

La consommation, l’offre et les circuits de distribution de compléments alimentaires, de nouveaux aliments, d’aliments et boissons enrichis, ou encore de denrées destinées à des populations spécifiques, évoluent constamment. Ces produits, souvent perçus comme anodins par les consommateurs, peuvent néanmoins, dans certaines conditions, les exposer à des risques. Ainsi, afin d’identifier d'éventuels effets indésirables liés à la consommation de ces aliments et renforcer la sécurité du consommateur, l’Anses a été chargée, depuis 2010, d’une mission de nutrivigilance. Depuis la mise en place de son dispositif, l’Anses a pu émettre des recommandations sur une dizaine de produits : boissons dites « énergisantes », compléments alimentaires contenant des extraits alcooliques d’igname, de la levure de riz rouge ou encore de la p-synéphrine, boisson instantanée aux amandes destinée à l’alimentation d’un enfant de douze mois, etc., ont ainsi fait l’objet d’avis de l’Agence. Par ailleurs, des travaux sont actuellement en cours sur trois types de compléments alimentaires. Chacun des avis fait suite à des déclarations d’effets indésirables reçues par l’Anses, c’est pourquoi les professionnels de santé sont des acteurs indispensables au bon fonctionnement du dispositif.

Depuis plusieurs années, la consommation de compléments alimentaires, d’aliments ou de boissons enrichis en substances à but nutritionnel ou physiologique (vitamines, minéraux, acides aminés, extraits de plantes…), mais aussi de nouveaux ingrédients et aliments et de produits destinés à l’alimentation de populations particulières augmente. L’offre et les circuits de distribution évoluent également. Ces produits, souvent considérés anodins par les consommateurs, peuvent dans certaines conditions, les exposer à des risques.

C’est dans ce contexte que la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires a confié à l’Anses la mise en place d’un dispositif de nutrivigilance en juillet 2009. Son objectif est de surveiller la sécurité de ces produits dans leurs conditions réelles d’utilisation en recensant et analysant les effets indésirables pouvant être reliés à leur consommation.


Quatre ans de fonctionnement, 1565 déclarations, neuf avis émis

Depuis la mise en place de son dispositif de nutrivigilance, l’Anses a reçu 1565 déclarations d’effets indésirables. 76 % des cas rapportés concernent des compléments alimentaires et 24 % des aliments enrichis ou de denrées destinées à une alimentation particulière (dont 16 % concernant les boissons dites « énergisantes »). En matière de compléments alimentaires, plus d’un tiers des cas exploitables concerne les compléments alimentaires minceurs, capillaires et hypocholestérolémiants. Par ailleurs, les principaux effets indésirables recensés sont d’ordre hépatique, digestif et allergique.


L’exploitation des signalements

Chaque déclaration d’effet indésirable reçue par l’Agence fait l’objet d’une analyse par un groupe d’experts spécialisés (médecins et pharmaciens). Le signalement, la composition du produit consommé et la probabilité d’un lien entre la consommation d’un produit et la survenue d’un effet indésirable sont analysés. En fonction des résultats de cette analyse, l’Agence peut s’autosaisir afin de mener une évaluation des risques liés à la consommation de certains produits ou ingrédients.

Ainsi, neuf avis scientifiques spécifiques ont été rendus par l’Agence : boissons dites « énergisantes », compléments alimentaires contenant des extraits alcooliques d’igname, de la lutéine, de la zéaxanthine, de la levure de riz rouge ou encore de la p-synéphrine, boisson instantanée aux amandes destinée à l’alimentation d’un enfant de douze mois, etc. ont ainsi fait l’objet d’une évaluation des risques sanitaires.

Par ailleurs, trois autres évaluations sont en cours concernant les compléments alimentaires destinés aux femmes enceintes et aux sportifs, et ceux contenant de la spiruline (résultats attendus au cours du premier semestre 2015).


L’implication des professionnels de santé indispensable au bon fonctionnement du dispositif

Pour garantir la précision des informations, ce sont les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, diététiciens…) qui sont chargés de déclarer les effets indésirables. Pour cela, un site Internet dédié a été mis en place sur lequel ils peuvent soit procéder à une télédéclaration, soit télécharger un formulaire à remplir et à renvoyer à l’Anses.

Toute personne souhaitant, à titre individuel, faire une déclaration d’effets indésirables doit ainsi prendre contact avec un professionnel de santé.

L’Anses rappelle que les professionnels de santé sont des acteurs clés du dispositif afin qu’il reste dynamique et efficace. Elle leur recommande de penser à interroger leurs patients sur leur consommation des types produits concernés par le dispositif lors des consultations.

Elle rappelle également que les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants et les personnes sous traitement médicamenteux ne doivent consommer des compléments alimentaires qu’après avoir consulté un professionnel de santé et qu’ils doivent respecter les conditions d’emploi fixées par le fabricant et éviter des prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année sans raisons spécifiques.