Formulaire de recherche

anses

Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Le Laboratoire de Fougères : 40 ans au service de la sécurité des consommateurs

L'actualité a été ajouté à votre bibliothèque

Actualité du 30/06/2015

Le laboratoire de l’Anses de Fougères, spécialisé dans la recherche de résidus de médicaments vétérinaires dans l’alimentation, dans la résistance des bactéries aux antibiotiques et aux désinfectants, mais aussi expert en toxicologie, fête aujourd’hui ses 40 ans. C’est l’occasion de dresser le bilan des 40 années passées qui ont fait de lui une référence en Europe et à l’international, et de réfléchir à la place qu’occupera le laboratoire au service de la surveillance des risques dans les années à venir. Cet anniversaire est également l’occasion de célébrer le rapprochement de l’Anses et de l’Institut en Santé Agro-Environnement, au sein du pôle d’excellence BioAgroPolis, marquant l’ancrage du laboratoire dans son territoire.
 
Depuis 40 ans, le laboratoire de Fougères participe à des projets de recherche sur l’analyse des résidus de médicaments vétérinaires, la caractérisation de l’effet des antimicrobiens (antibiotiques et biocides) et la caractérisation de dangers toxicologiques associés à des contaminants. Il développe également de nouveaux outils de prédiction de la toxicité. 
 
Son installation au cœur du pôle de développement BioAgroPolis, un projet à l’initiative du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, a permis un rapprochement du laboratoire avec l’Institut en Santé Agro-Environnement (ISAE). D’importants partenariats scientifiques ont pu être établis, notamment sur des projets dans le cadre d’Ecoantibio 2017.
 
Les différents mandats de référence nationaux et européens obtenus par le laboratoire, ses nombreux partenariats locaux, nationaux et internationaux, ainsi que ses investissements dans des méthodes de mesure toujours plus sensibles pour rechercher les contaminants, témoignent de son implication pour garantir la sécurité des consommateurs. Un engagement que le laboratoire souhaite maintenir dans les années à venir.

 

Résistance des bactéries aux antibiotiques et aux désinfectants  

L’antibiothérapie a été l’une des découvertes majeures de la médecine du XXème siècle. Au cours de ces dernières années, l’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques, tant chez l’homme que chez l’animal, est devenue une préoccupation majeure en santé publique et en santé animale car elle peut conduire à des impasses thérapeutiques dans le traitement de certaines infections. La résistance aux désinfectants ou « biocides » devient aussi une préoccupation majeure pour l’industrie agro-alimentaire, les établissements de santé et les élevages. 
 
Détenteur d’un mandat national de référence pour la résistance aux antimicrobiens, le laboratoire est expert en matière d’usage des antibiotiques et des désinfectants. Il étudie leurs effets sur les bactéries et leur influence sur le développement de la résistance aux antimicrobiens. 

 

Résidus et contaminants des aliments : de nouvelles stratégies de recherche

Le risque d’exposition des consommateurs à des résidus de médicaments vétérinaires présents dans le lait, les œufs ou la viande issus des animaux traités a fait l’objet de nombreuses interrogations à partir des années 1970. 
 
En tant que Laboratoire national de référence (LNR) pour les résidus de médicaments vétérinaires, le laboratoire contribue à améliorer les méthodes d'analyse des résidus et apporte son expertise scientifique et technique aux autorités. 

 

Mieux analyser la toxicité des substances faiblement dosées et des mélanges

Aujourd’hui, des analyses de plus en plus sensibles permettent de découvrir de nombreuses substances, même présentes en très faible quantité. Toutefois, la question des effets sanitaires d’une substance donnée, même très faiblement dosée, reste posée. Il en est de même pour les mélanges de plusieurs substances.
 
Le travail réalisé au laboratoire permet d’analyser les risques potentiels de notre alimentation et d’éclairer les décideurs sur les mesures à prendre, que ce soit au niveau des élevages ou de la chaîne de production, en s’appuyant sur des données scientifiques fiables. 

 

Quelles perspectives pour les années à venir ?

Face au défi posé par l’émergence des phénomènes d’antibiorésistance, l’enjeu pour les médecins et les vétérinaires est de tout mettre en œuvre pour préserver l’efficacité des antibiotiques, en choisissant, lorsque leur usage est nécessaire, le bon antibiotique et le bon protocole de traitement. 
La surveillance des résistances est essentielle pour éclairer les pratiques et adapter les protocoles.
 
Pour les années à venir, trois grands axes de travail sont définis pour le laboratoire : 
  • contribuer à la définition du plan de contrôle et de surveillance des résistances aux antibiotiques ;
  • garantir la performance des analyses de détection de l’antibiorésistance, en s’appuyant sur un réseau de laboratoires pour la mise en œuvre ;
  • comprendre les événements de sélection, développement et dissémination des bactéries résistantes et des gènes de résistance, en tenant compte de l’impact d’autres substances sur ces phénomènes, par des travaux de recherche en partenariat avec d’autres laboratoires de l’Agence, d’organismes européens et internationaux.
 
Les méthodes d'analyse des résidus, de plus en plus sophistiquées, permettent la recherche de centaines de substances en une analyse. Utilisées dans le cadre du contrôle officiel, elles sont aujourd’hui aussi utilisées par les producteurs de denrées. Les prochaines années, les développements vont porter sur l’amélioration continue de la surveillance de l’exposition aux substances chimiques des consommateurs.
 
En matière de toxicologie, à l’avenir, les travaux du laboratoire devront davantage considérer les faibles doses et les mélanges de substances.
 
Ces 40 dernières années, le laboratoire a accompagné la mise en place d’une réglementation nationale et européenne garantissant la sécurité sanitaire des aliments de la « fourche à la fourchette ». Dans le cadre des enjeux de développement durable, le laboratoire poursuivra son travail d’intégration des connaissances issues de la recherche pour développer et mettre en place des méthodes répondant au besoin de surveillance et de vigilance en production alimentaire.