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Le Résorcinol reconnu perturbateur endocrinien pour l’Homme mais pas identifié comme une substance très préoccupante par le Comité des États Membres de l'ECHA

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Actualité du 22/06/2020

Le Comité des États Membres (MSC) de l’ECHA a reconnu le caractère de perturbateur endocrinien pour l’Homme du résorcinol, mais ne l’a pas unanimement identifié comme substance très préoccupante (SVHC). En l’absence d’unanimité, c’est le Comité REACH qui devra trancher sur ce dossier.

Suite à la proposition de l’Anses, la France a déposé auprès de l’Agence Chimique Européenne (ECHA) le 3 février 2020 un dossier proposant l’identification du Résorcinol (CE 203-585-2; CAS 108-46-3) comme substance extrêmement préoccupante (SVHC), au sens du Règlement REACH[1].

En effet, dans le cadre de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, l’Anses a évalué le potentiel de perturbation endocrinienne du résorcinol pour la santé humaine. L'expertise de l'Anses a démontré que le résorcinol impactait la fonction thyroïdienne, conduisant à des effets délétères, notamment chez la femme enceinte et conclu qu’il constituait un perturbateur endocrinien avéré. A la lumière de ces travaux, l’Agence a également considéré que le résorcinol remplissait les conditions pour l’identifier SVHC.

Le 16 juin 2020, le Comité des États membres (MSC) de l’ECHA a conclu qu’il existait des preuves scientifiques d’effets graves possibles sur la santé humaine en raison de l’hypothyroïdie induite par cette substance. Le Comité reconnaît ainsi que le résorcinol est un perturbateur endocrinien, tel que défini par l’Organisation mondiale de la santé.

Quelques Etats membres ont cependant jugé que le niveau de préoccupation induit par la toxicité du résorcinol sur la thyroïde n’était pas équivalent à celui nécessaire pour identifier la substance comme très préoccupante au sens du règlement REACH.

C’est la première fois qu’une substance est proposée comme SVHC en raison de ses effets perturbateurs thyroïdiens chez l’Homme devant le Comité.

En l’absence d’unanimité du MSC, la décision finale est renvoyée au comité REACH de la Commission européenne. Après avoir reçu l’avis du MSC, la Commission dispose de trois mois pour préparer un projet de proposition sur l’identification en tant que SVHC. 

 

[1] Dans le cadre du règlement REACH, une substance classée SVHC (extrêmement préoccupante) entraîne des conditions plus strictes de son usage en Europe, en particulier, une obligation de notification à l’ECHA de sa présence dans des articles de consommation.