Formulaire de recherche

marianne anses

Les axes stratégiques transversaux

Les axes stratégiques transversaux de l’Agence

L’Agence a défini sept axes stratégiques transversaux, pilotés chacun par un directeur scientifique, afin de renforcer pour chaque thématique de ces axes l’animation scientifique et la coordination entre les laboratoires et avec les directions d’évaluation des risques et des produits réglementés. L’objectif est de renforcer les synergies dans la conduite des travaux de recherche ou de référence analytique, afin de favoriser la meilleure adéquation entre la production de connaissances et les besoins de connaissances identifiés par les évaluateurs.

Ces sept axes stratégiques transversaux sont :

 

L’axe stratégique transversal santé et bien-être des animaux

Directeur scientifique : Gilles Salvat

La santé et le bien-être des animaux constituent une activité scientifique majeure pour la recherche, la référence et l’évaluation des risques au sein de l’Anses. S’inscrivant dans une dynamique « one health – one welfare » (une seule santé, un seul bien-être), les laboratoires de l’agence portent de nombreux mandats nationaux, européens et internationaux de référence sur les maladies animales et le bien-être des animaux. Leurs travaux de recherche concourent à l’évaluation des risques menée par l’Agence dans ces domaines.

Les thématiques de recherche et de référence en santé animale abordent aussi bien les maladies dont la gestion est réglementée et zoonotiques (transmissible de l’animal à l‘humain), responsables des grandes épizooties chez les animaux domestiques et sauvages que celles ayant un impact significatif sur la santé des élevages et les performances économiques de ceux-ci. Les scientifiques de l’Agence s’appliquent :

  • à mettre au point des méthodes innovantes de détection des maladies  infectieuses et de caractérisation des agents pathogènes,
  • à caractériser la relation hôte/pathogène/vecteur,
  • à étudier les déterminants de franchissement de la barrière inter-espèces par les agents pathogènes,
  • à mettre au point des méthodes de prévention de ses maladies, pour réduire les usages des molécules antimicrobiennes,
  • à développer des modèles animaux et des alternatives à ceux-ci pour l’étude de la santé animale,
  • à analyser les causes d’apparition et de diffusion des pathologies à partir de la faune sauvage et via les conditions d’élevage et l’alimentation,
  • à évaluer les risques qui sont liés aux maladies animales, pour les filières de production et pour la santé publique,
  • à surveiller l’apparition et de l’extension des maladies et des facteurs de risques de leur expression et de leur diffusion,
  • à contrôler et évaluer la qualité et l’efficacité des médicaments vétérinaires, étudier leur innocuité vis-à-vis des animaux, des humains et de l’environnement.

Dans le domaine du bien-être des animaux, les activités de recherche, de référence et d’évaluation des risques menées par les scientifiques de l’agence s’inscrivent dans une approche intégrée de la santé et du bien-être. Ils participent d’une part au développement et à l’évaluation de nouvelles méthodes d’élevage (avec ou sans accès à l’extérieur), en analysant leur effet sur le bien-être et la santé des animaux. D’autre part, ils explorent l’impact de la période périnatale sur le bien-être et la santé future des animaux et développent des indicateurs et des outils d’évaluation de ce bien-être.

L’animation transversale de l’axe santé et bien-être des animaux se décline par l’organisation de journées et de séminaires scientifiques, le financement interne de projets de recherche transversaux entre les laboratoires de l’agence, la direction de l’évaluation des risques et l’Agence nationale du médicament vétérinaire, ainsi que le financement d’allocation de recherche doctorale et la concertation entre les directeurs scientifiques des différents axes sous l’égide de la Direction de la stratégie et des programmes.

L’axe stratégique transversal santé des végétaux

Directeur scientifique : Philippe Reignault

Les enjeux liés à la santé et la protection des végétaux impliquent l’Agence de façon relativement récente. L’augmentation des émergences et l’accompagnement des évolutions dans la mise en pratique de la gestion des organismes nuisibles pour les végétaux constituent des enjeux stratégiques majeurs. Ces enjeux mobilisent à l’Anses des activités complémentaires :

  • de référence et de recherche, qui disposent d’outils innovants et performants pour le diagnostic et l’identification ;
  • de surveillance, en lien avec l’épidémiologie ;
  • et d’évaluation, qu’il s’agisse des risques biologiques ou des produits phytosanitaires.

Cette complémentarité témoigne de l’animation transversale qui doit être mise en œuvre. Les changements globaux et les crises sanitaires en nombre croissant nécessitent le déploiement des acteurs et de leurs compétences, de la prévention et l’anticipation jusqu’à la surveillance des épidémies, en passant par les résistances aux produits phytosanitaires et aux effets non-intentionnels de ces derniers, le tout dans un contexte d’utilisation croissante du biocontrôle, utilisant des mécanismes naturels pour protéger les plantes.

Ce sont tous les végétaux des espaces cultivés, forestiers et naturels qu’il s’agit de préserver des microorganismes, des organismes ravageurs et des plantes adventices ou invasives. Ces organismes nuisibles peuvent être réglementés ou émergents.

L’axe Santé des végétaux mobilise à cette fin de façon transversale, les différentes entités de l’Agence concernées, à savoir les laboratoires de la santé des végétaux (LSV) et de Lyon, la Direction de l’évaluation des risques (notamment dans les cadres de la Phytopharmacovigilance et de la mission sur les vecteurs), la Direction d’évaluation des produits réglementés et la Direction des autorisations de mise sur le marché.

L’axe stratégique transversal sécurité sanitaire des aliments

Directrice scientifique : Anne Brisabois

La sécurité sanitaire des aliments constitue un défi historique qui a contribué à la création de l’Anses et qui s’est renforcé au fil du temps pour devenir aujourd’hui un des enjeux majeurs en santé publique et auprès des citoyens. L’actualité encore récente nous incite à replacer la sécurité sanitaire des aliments au sein d’une démarche plus large pour une alimentation sûre, saine et durable. Ces aspects sont devenus depuis quelques années une préoccupation croissante du consommateur.

En effet, ce domaine vit aujourd’hui une véritable révolution du fait de l’évolution des modes de production, transformation, distribution et consommation des aliments, ainsi que des changements globaux, en particulier environnementaux.

Dans ce cadre, l’axe « Sécurité sanitaire des aliments » vise à animer et coordonner les activités de référence, de surveillance et de recherche menées dans ce domaine par les équipes de l’Anses positionnées dans six laboratoires différents, et d’articuler ces actions avec celles associées à l’expertise et l’évaluation de risque réalisées notamment par la Direction de l’évaluation des risques.

Cet axe est à l’interface des autres axes stratégiques transversaux de l’Anses. Il participe à une alimentation saine, sûre et durable. Les travaux et les activités menées au sein de cet axe contribuent à répondre aux attentes dans le domaine de la sécurité sanitaire, en lien avec les dangers chimiques, biologiques et microbiologiques. Il apporte un regard transversal sur l’ensemble de la chaine de production alimentaire, conformément à la stratégie européenne « de la fourche à la fourchette », dans une perspective d’évaluation du risque-bénéfice.

L’axe stratégique transversal antibiorésistance

Directeur scientifique : Jean-Yves Madec

La résistance aux antibiotiques, ou antibiorésistance, est un phénomène mondial qui ne connaît ni frontière géographique ni barrière d’espèce, et qui constitue une menace planétaire de santé globale (humaine, animale et environnementale). Ce constat justifie d’aborder ce sujet dans une perspective dite « d’une seule santé », avec des stratégies de lutte coordonnées entre les trois secteurs. D’après le rapport O’Neill (2016), l’antibiorésistance pourrait être responsable de plus de 10 millions de décès par an à l’horizon 2050.

L’antibiorésistance est un enjeu scientifique prioritaire et de longue date pour l’Anses. La mobilisation sur ce sujet remonte à une quarantaine d’années (création en 1982 du réseau Résabo, devenu Résapath, en charge de la surveillance de la résistance aux antibiotiques en santé animale). La construction de la surveillance européenne de l’antibiorésistance à l’abattoir dans un cadre réglementaire dans les années 2000 a ensuite conforté cette implication, par l’attribution du mandat de Laboratoire national de référence.

L’Agence nationale du médicament vétérinaire, au sein de l’Anses, recense également depuis près de 20 ans les ventes d’antibiotiques vétérinaires en France et analyse les tendances d’exposition animale. Plus globalement, l’Anses intervient fortement en appui des politiques publiques de lutte contre l’antibiorésistance (plans EcoAntibio 1 et 2), et de nombreux travaux d’expertise sur l’usage des antibiotiques et l’antibiorésistance ont été menés par l’Anses ces dernières années. L’Agence est également très active au plan européen et international, dans les travaux de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) et l’EMA (Agence européenne du médicament), ainsi que ceux des groupes tripartites entre l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale), la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) et l’OMS (Organisation mondiale de la santé). L’Anses détient le mandat de centre collaborateur de l’OIE pour l’usage des antibiotiques depuis 1995, et celui de centre de référence pour l’antibiorésistance de la FAO depuis 2020.

S’agissant des activités des laboratoires de l’Anses, trois grandes orientations scientifiques ont été définies: le suivi dans le secteur animal des émergences et des tendances de l’antibiorésistance et leur comparaison avec les données collectées en médecine humaine ; la caractérisation du résistome, c’est à dire des supports génétiques de l’antibiorésistance, des flux de gènes et des bactéries multirésistantes, permettant d’apprécier les risques de transmission entre secteurs et enfin les approches corrélant les expositions aux antibiotiques (ou à leurs alternatives) et les effets observables de sélection de l’antibiorésistance dans différents écosystèmes (microbiotes, environnements naturels, surfaces industrielles …).

L’axe stratégique transversal exposition et toxicologie des contaminants chimiques

Directeur scientifique : Pascal Sanders

L’Anses est en charge de l’évaluation avant l’autorisation de mise sur le marché de plusieurs classes de produits réglementés (produits phytopharmaceutiques, biocides et fertilisants, médicaments vétérinaires) et de la mise en œuvre du règlement concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques (REACH). Plusieurs équipes et comités d’experts sont en charge de l’évaluation des risques associés à l’exposition à des substances chimiques.

De nombreuses substances naturelles sont toxiques pour l’Homme et l’environnement (ex : toxines, alcaloïdes, substances inorganiques) et font l’objet d’évaluation du risque, de surveillance et de remontée d’incidents, via les activités de l’agence en matière de toxicovigilance et de pharmacovigilance.

Tout au long de sa vie, l’être humain est exposé à ces différents dangers via son alimentation, l’air et l’eau, son utilisation de produits de consommation, ses activités professionnelles et personnelles.

L’évaluation du risque est basée sur la caractérisation des dangers pour l’Homme (toxicologie) et l’estimation des expositions via différentes voies, tant pour la population générale que pour les professionnels. Pour l’environnement, elle est basée sur les études d’éco-toxicologie sur différents organismes et la mesure de ces expositions dans les écosystèmes. Dans le cadre de leurs activités de recherche et de référence, les laboratoires de l’Anses contribuent à la surveillance et au contrôle de ces expositions et à la caractérisation de certains effets pour l’Homme ou l’animal.

La très grande diversité des substances chimiques organiques et inorganiques d’origine anthropique (industrie, produits réglementés, produits de consommation) ou naturelle (toxines) et la diversité des effets potentiels sur la santé et les écosystèmes de ces substances, seules ou en mélange, constituent les défis actuels en matière d’évaluation de risque.

Dans le cadre du Pacte vert de l’Union européenne, une stratégie dans le domaine des produits chimiques est mise en œuvre pour aller vers des produits chimiques plus sûrs et durables, dès la conception, et pour réduire la présence des substances préoccupantes. Dans le cadre de leurs missions, les équipes de l’Anses contribuent à la mise en œuvre de ces plans d’action.

Afin de contribuer à cette dynamique européenne sur la réduction des substances préoccupantes, les orientations scientifiques de l’axe stratégique transversal Exposition et toxicologie des contaminants chimiques sont de contribuer au développement :

  • de méthodes analytiques basées sur le recours aux nouvelles technologies de détection, d’identification et de quantification des dangers chimiques dans l’eau et l’alimentation, pour les intégrer aux activités de surveillance et contrôle,
  • de méthodes de détection d’effets indésirables, afin de les mettre en œuvre dans le cadre du système d’alerte rapide,
  • de méthodes expérimentales de caractérisation de dangers basées sur le recours à l’expérimentation in vitro et à leur extrapolation au vivant, via la modélisation, pour une utilisation dans le cadre des processus d’évaluation réglementaire,
  • de nouvelles stratégies d’évaluation et de test pour l’évaluation du risque.

 

L’axe stratégique transversal épidémiologie et surveillance

Directrice scientifique : Emilie Gay

Sept des neufs laboratoires de l’Anses ont une contribution significative à l’axe Épidémiologie et surveillance, qui rassemble une soixantaine de personnes et associe également les directions de l’agence en charge de l’évaluation des risques et des vigilances. L’animation transversale est réalisée par la directrice scientifique de l’axe, appuyée par un comité interne d’animation et de programmation en épidémiologie. Des travaux, essentiellement méthodologiques, sont menés en groupes de travail.

Les missions des épidémiologistes à l’Anses sont de :

  • apporter un appui scientifique et technique aux tutelles, aux organisations partenaires et aux directions de l’évaluation du risque de l’Anses;
  •  participer à l’animation de plusieurs dispositifs de surveillance (Résapath, Vigimyc, Salmonella, RNOEA, Resumeq, cellule d’alerte fièvre aphteuse) ;
  • apporter un appui aux laboratoires nationaux de référence de l’Agence afin de mener à bien leurs missions de collecte, traitement, accessibilité, transmission et diffusion des données d’épidémiosurveillance (conformément à l’ordonnance n° 2015-1242 du 7 octobre 2015 relative à l’organisation de la surveillance en matière de santé animale, de santé végétale et d’alimentation) ;
  •  contribuer aux trois plateformes nationales d’épidémiosurveillance (santé animale, santé végétale et sécurité de la chaîne alimentaire) dans les équipes de coordination, les équipes opérationnelles ainsi que les groupes de travail ;
  • valoriser les travaux de l’Agence en produisant des articles pour le Bulletin Epidémiologique Santé animale – Alimentation, réalisé par l’Anses et la Direction générale de l'alimentation (DGAL), notamment les bilans sanitaires annuels de surveillance des maladies règlementées en santé animale et des plans de surveillance et de contrôle en sécurité de la chaîne alimentaire ;
  • conduire des activités de recherche propres soutenant ces différentes activités.

Ces activités de recherches sont centrées sur trois thèmes : surveiller, décrire et expliquer, ainsi qu’étudier la diffusion des dangers sanitaires. Les développements méthodologiques y prennent une part importante : surveillance syndromique (détection des syndromes indicateurs d’une épizootie), systèmes de détection et d’alerte, modélisation statistique et mathématique, systèmes multi-échelles et multi-hôtes, réseaux de contact, analyses multi-critères…. Les champs d’application sont très nombreux : sur les maladies, les bioagresseurs, les dangers règlementés, émergents ou ré-émergents, les zoonoses, les maladies d’importance économique majeure pour les filières, la pharmaco-épidémiologie, la biosécurité…

L'axe stratégique transversal santé travail

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