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07/07/2026
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Les résultats d’une étude invitent à mieux surveiller Clostridioides difficile chez les chevaux

Des travaux menés conjointement par l’Anses et l’INRAE révèlent que Clostridioides difficile, pathogène pour l’être humain et l’animal, est présent assez fréquemment chez les équidés, mais le plus souvent de façon insoupçonnée, sans causer de symptômes. Cette étude a ainsi révélé que les équidés peuvent jouer un rôle jusqu’alors sous-estimé dans la dissémination de cette bactérie.

Clostridioides difficile est une bactérie qui peut contaminer l’être humain, sans symptômes ou en provoquant une infection. Les symptômes sont occasionnés par production de toxines par la bactérie et prennent la forme de diarrhées, parfois sévères et même mortelles dans les cas les plus graves. La bactérie est également présente chez les animaux, même si elle y est moins étudiée et peut causer des infections, notamment chez les équidés.

Pour la première fois en France, une étude systématique sur Clostridioides difficile chez les équidés a été menée par des scientifiques de l’Anses (Laboratoire de santé animale, site de Normandie), en collaboration avec l’Institut Micalis (Université Paris-Saclay, INRAE, AgroParisTech), le laboratoire d’analyse LABÉO et le Centre national de référence des Clostridioides difficile (Hôpital Saint-Antoine, AP-HP). Elle a été conduite sur les animaux autopsiés en Normandie entre 2019 et 2021, indépendamment de la cause de la mort de l’animal ou des symptômes qu’il présentait.

Les scientifiques ont recherché dans le contenu digestif des équidés la bactérie et les toxines qu’elle produit. Ils ont ainsi mesuré la fréquence et la virulence de Clostridioides difficile dans la population équine, décrit la diversité des souches isolées et évalué le risque de transmission, notamment à l’être humain. Les résultats ont été publiés dans la revue Microbiology spectrum en décembre 2025.

20 % des équidés sont porteurs d’une souche pathogène

« Sur les 100 équidés étudiés, 27 étaient porteurs de Clostridioides difficile, dont 20 de souches pathogènes, le plus souvent sans manifestation clinique », indique Sandrine Petry, scientifique à l’Anses. Toutes les souches pathogènes trouvées appartenaient à des types qui se retrouvent fréquemment chez les patients humains. Les contacts proches entre les équidés et les humains présentent un risque de transmission dans les deux sens.

Les scientifiques ont également recherché la présence des toxines produites par Clostridioides difficile, un test nécessaire pour démontrer l’infection mais qui se pratique rarement chez les animaux. Les toxines ont été détectées pour quatre animaux chez lesquels une souche pathogène de Clostridioides difficile avait été isolée et qui présentaient une diarrhée, ce qui suggère une infection à Clostridioides difficile. Trois d’entre eux avaient reçu des antibiotiques peu auparavant, ce qui a probablement favorisé l’infection : « Que ce soit chez l’Homme ou l’animal, les infections à Clostridioides difficile surviennent fréquemment à la suite d’une prise d’antibiotiques. Ces traitements perturbent le microbiote intestinal, ce qui favorise la multiplication de cette bactérie, et au final l’infection. », explique la scientifique.

Cette étude offre un éclairage sur la présence de Clostridioides difficile chez les équidés et ses effets sur leur santé. Elle montre également la nécessité de mieux surveiller Clostridioides difficile chez les animaux pour éviter sa transmission à l’être humain.

Cette étude a été menée dans le cadre du projet CloDifEqui, porté par l’Anses et l’INRAE de 2019 à 2022. Ce projet a été financé par l’Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Centaure, l’Anses et INRAE.

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