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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 02/08/2016

Pas de perméthrine pour les chats

Les antiparasitaires pour chiens à base de perméthrine sont toxiques pour les chats

Mots-clés : Pharmacovigilance, Antiparasitaires

Dans le cadre du dispositif de pharmacovigilance vétérinaire que l’Anses met en œuvre via l’Agence nationale du médicament vétérinaire, des réactions indésirables graves voire mortelles chez les chats traités avec des antiparasitaires externes à base de perméthrine, normalement destinés aux chiens, sont régulièrement enregistrées. L’Anses rappelle donc aux propriétaires de chats de ne jamais utiliser de médicaments vétérinaires contenant de la perméthrine et leur apporte une série de conseils afin d’éviter les intoxications.

Le dispositif de pharmacovigilance vétérinaire de l’Anses

Les médicaments vétérinaires ne bénéficient d'une autorisation de mise sur le marché que si l'évaluation des données relatives à leur qualité, leur innocuité et leur efficacité permet de conclure que le bénéfice lié à leur utilisation est supérieur aux risques encourus. Les essais cliniques réalisés dans le cadre d'une demande d'autorisation de mise sur le marché d’un médicament permettent de mettre en évidence un certain nombre d'effets indésirables susceptibles de survenir suite à son utilisation. Cependant, ces essais étant réalisés sur un nombre limité d'animaux et dans des conditions d'emploi standardisées, l'utilisation du médicament à grande échelle et dans les conditions réelles du terrain permet de préciser les effets indésirables de ce médicament et d'identifier de potentiels facteurs de risque (espèce, race, âge, affections pré existantes,…). Le dispositif de pharmacovigilance vétérinaire mis en œuvre par l’Anses via l’Agence nationale du médicament vétérinaire a donc pour objectif de détecter le plus rapidement possible tout signal émergent, qu'il s'agisse d'un effet indésirable inattendu, ou d'un effet indésirable connu mais dont la fréquence ou la gravité est inattendue. Cette surveillance permet d'adapter les mesures de gestion des risques pouvant aller de l'ajout d'une précaution d'emploi sur la notice, au retrait de l’autorisation de mise sur le marché.   

 

La perméthrine, substance toxique pour les chats

C’est dans le cadre de ce dispositif de pharmacovigilance que l’Anses enregistre régulièrement des réactions indésirables graves voire mortelles chez des chats traités avec des antiparasitaires externes à base de perméthrine, pourtant destinés aux chiens. Ces médicaments peuvent entraîner des troubles neurologiques (tremblements, convulsions, ataxie, agitation, coma) associés parfois à des signes digestifs tels que l’hypersalivation, pouvant être mortels pour le chat. Cette toxicité est due à l’incapacité de cet animal à éliminer certains composés comme la perméthrine. Seulement quelques gouttes d’une pipette peuvent suffire à induire des effets graves chez les animaux les plus sensibles. Les mesures de communication mises en œuvre par l’Anses depuis 2006 auprès des vétérinaires et des propriétaires d’animaux, ainsi que les modifications d’étiquetage des médicaments afin de mettre en évidence la contre-indication absolue concernant le chat comme sur l'illustration, ont permis de diminuer fortement le nombre d’accidents depuis 2007. Mais des efforts restent à faire puisqu’en 2012, l’Anses enregistrait encore 258 déclarations d’effets indésirables chez des chats auxquels avaient été administrés des traitements à base de perméthrine. 121 des cas ont été jugés graves et 16 ont entraîné la mort de l’animal. 

 

Comment éviter les accidents ?

Dans ce contexte, l’Agence rappelle aux propriétaires de chats de rester vigilants et de ne pas traiter les animaux avec des médicaments contenant de la perméthrine.

En cas d’exposition accidentelle, si des effets indésirables surviennent, il est recommandé de laver le chat avec du savon ou du shampooing, et de consulter rapidement un vétérinaire.

Pour éviter que les chats ne soient exposés accidentellement au produit dans les foyers où plusieurs animaux cohabitent, il convient de tenir les chiens traités à l’écart des chats jusqu’à ce que le site d’application du traitement antiparasitaire sur le chien soit sec, et de s’assurer que les chats ne puissent pas lécher le site d’application d’un chien traité.

Enfin, dans de plus rares occasions, des cas ont été rapportés suite à l’utilisation de certains de ces antiparasitaires pour chiens (notamment les formules en spray) pour traiter les paniers ou coussins des chats. Cette méthode est donc à proscrire.