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Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire
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Mis à jour le 20/09/2016

Qualité de l’air intérieur

L’Anses mobilisée depuis de nombreuses années pour évaluer les risques liés à la pollution de l’air intérieur

Mots-clés : Air intérieur, Composés organiques volatils (COV), Formaldéhyde

A la différence de la pollution de l’air extérieur, plus médiatisée, celle de l’air intérieur est restée relativement méconnue jusqu’au début des années 2000. Pourtant, nous passons en moyenne, en climat tempéré, 85 % de notre temps dans des environnements clos, et une majorité de ce temps dans l’habitat : domicile, locaux de travail ou destinés à recevoir du public, moyens de transport, dans lesquels nous pouvons être exposés à de nombreux polluants. La nature de ces polluants dépend notamment des caractéristiques du bâti, des activités et des comportements (tabac, bricolage, peinture, etc.) et ces polluants peuvent avoir des effets sur la santé et le bien-être. La qualité de l’air intérieur fait donc l’objet de préoccupations depuis plusieurs années et apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique. 

Nous passons, en climat tempéré, en moyenne 85 % de notre temps dans des environnements clos, et une majorité de ce temps dans l’habitat : domicile, locaux de travail ou destinés à recevoir du public, moyens de transport, dans lesquels nous pouvons être exposés à de nombreux polluants, notamment des :

  • Polluants chimiques : composés organiques volatils (COV), oxydes d’azote (NOx), monoxyde de carbone (CO), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), phtalates, etc. 
  • Bio contaminants : moisissures, allergènes domestiques provenant d‘acariens, d’animaux domestiques et de blattes, pollens, etc. 
  • Polluants physiques : particules et fibres (amiante, fibres minérales artificielles), etc.

 

La présence de ces polluants est issue de différentes sources d’émission : constituants du bâtiment, du mobilier, appareils de combustion (chaudières, poêles, chauffe-eau, etc.), transfert de la pollution extérieure, mais dépend également des modes de vie (tabagisme ou présence d’animaux domestiques par exemple).

La qualité de l'air que nous respirons peut avoir des effets sur la santé et le bien-être, depuis la simple gêne (olfactive, somnolence, irritation des yeux et de la peau) jusqu'à l’apparition ou l'aggravation de pathologies aigues ou chroniques : allergies respiratoires, asthme, cancer, intoxication mortelle ou invalidante, etc. 

Depuis quelques années, une attention croissante est donc portée à ce sujet, en témoigne la création par les pouvoirs publics, en 2001, de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI). 

 

Les travaux de l’Agence

L’Agence s’est investie dans le domaine de la qualité de l’air intérieur dès 2004, notamment au travers de ses activités d’expertise. Une collaboration étroite avec l’OQAI existe depuis. L’Agence participe notamment au conseil de surveillance et au conseil scientifique de l’OQAI.

 

Une collaboration autour de la connaissance de la qualité de l’air intérieur

Des campagnes nationales de mesures sont réalisées par l’OQAI s’intéressant à différents environnement spécifiques :

  • Les logements français : un premier état de la qualité de l’air intérieur a été dressé en 2006 avec la publication des résultats de la campagne nationale réalisée entre 2003 et 2005 mesurant plus de 30 paramètres de pollution à l’intérieur du logement.
  • Les écoles maternelles et élémentaires : 2012-2016

  • Les immeubles de bureaux : 2014-2016

Ces campagnes apportent à l’Agence des informations essentielles pour ses travaux d’évaluation de risques sanitaires.

 

Les valeurs guides de qualité d’air intérieur (VGAI)

Pour faire face à l’enjeu sanitaire que représente la qualité de l’air intérieur et apporter aux pouvoirs publics des éléments utiles à la gestion de ce risque, l’Anses réalise depuis 10 ans des travaux d’expertise sur l’élaboration de valeurs guides de qualité d’air intérieur (VGAI), fondées exclusivement sur des critères sanitaires. Ces valeurs visent à préserver la population générale de tout effet néfaste lié à l’exposition à une substance via l’air.  Ces valeurs constituent  le  socle  scientifique  utilisé  par  les  pouvoirs publics  pour  fixer  des  valeurs réglementaires de surveillance de la qualité de l’air intérieur.

A ce jour, 11 polluants de l’air intérieur d’intérêt ont ainsi fait l’objet d’une expertise de l’Anses : formaldéhyde, monoxyde de carbone, benzène, naphtalène, trichloroéthylène, tétrachloroéthylène, particules, acide cyanhydrique, dioxyde d’azote, acroléine, acétaldéhyde.

 

La réduction des émissions de polluants à leur source

Les matériaux de construction, les produits de décoration et les meubles sont régulièrement cités comme des sources potentielles de pollution des environnements intérieurs du fait de leurs émissions en substances volatiles, voire semi-volatiles. Des premiers travaux ont été réalisés sur les matériaux de construction et produits de décoration par l’Anses. 

Une procédure permettant de valoriser les matériaux « faiblement émissifs » sur la base d’essais normalisés des émissions de composés organiques volatils a été proposée. Ces travaux ont conduit à l’étiquetage obligatoire depuis 2013 des produits vendus en France. Dans la continuité de ces travaux, et dans un contexte d'élaboration de la réglementation applicable aux meubles, l’Anses a travaillé à l’identification puis à la sélection des substances chimiques prioritaires émises par les produits d’ameublement.

 

Le coût de la pollution de l’air intérieur

L’Agence a également réalisé une étude exploratoire du coût socio-économique des polluants de l’air intérieur, en lien avec un professeur de l’Université Sorbonne Panthéon I, et l’OQAI. S’il existe plusieurs études de ce type sur la pollution atmosphérique, il s’agit de la première sur les polluants de l’air intérieur au niveau français (moins d’une dizaine au niveau international). Cette étude a estimé à environ 19 milliards d’euros pour une année le coût de la pollution de l’air intérieur. Cette étude illustre les conséquences de cette pollution pour la collectivité, correspondant aux coûts de l’impact sanitaire généré par les 6 polluants retenus (coût estimé des décès prématurés, coût estimé de la prise en charge des soins, coût estimé des pertes de productions, etc.).

 

Les risques pour les travailleurs dans les enceintes de transports ferroviaires souterrains

Les enceintes de transports ferroviaires souterrains représentent un environnement particulier où la pollution de l’air a fait l’objet de plusieurs campagnes de mesures. Celles-ci ont mis en évidence des niveaux élevés de particules en suspension  pouvant être très supérieurs à ceux mesurés dans l’air l’extérieur. 

Il s’agit de particules qui pénètrent dans l’appareil respiratoire, capables, pour les plus fines  de se déposer au niveau des alvéoles pulmonaires. Pour les travailleurs, une inflammation des voies respiratoires et des effets consécutifs à cette inflammation sont probables en lien avec une exposition chronique aux particules des enceintes ferroviaires souterraines.

Par ailleurs, les niveaux d’exposition seraient vraisemblablement plus élevés pour les travailleurs en charge de la maintenance des infrastructures compte tenu des émissions liés aux travaux de maintenance eux-mêmes et à l’utilisation de motrices diesel.

 

Expositions aux moisissures de l’air

Le développement des moisissures et la production associée de mycotoxines dans certains bâtiments collectifs et individuels est susceptible d’engendrer des pathologies, notamment allergiques (rhinite, asthme, allergies cutanéo-muqueuses). Ces dangers sont préoccupants pour certaines populations sensibles (enfants, patients dont l’immunité est déprimée, travailleurs, etc.). 

D’après la campagne nationale « Logements » réalisée entre octobre 2003 et janvier 2006 par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), environ 40% des logements seraient contaminés par des moisissures, représentant plus de 9 millions de logements à l’échelle nationale. 

Un état des connaissances des effets sur la santé liés aux moisissures et des méthodes de mesure dans l’air intérieur, les poussières déposées au sol et les matériaux, est en cours de réalisation. L’Anses évalue également les bâtiments concernés (type de bâtiment, nombre, paramètres de développement, etc.) et les populations exposées et/ou à risque en France.