anses

Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Formulaire de recherche

L'actualité a été ajouté à votre bibliothèque

Publié le 16/04/2013

Rencontres scientifiques Anses : une journée sur les risques sanitaires liés à la pollution des milieux aériens et hydriques

Aujourd'hui était organisée la restitution de projets de recherche menés au titre du programme national de recherche Environnement Santé Travail, piloté par l'Anses. Plus de 250 personnes étaient ainsi réunies à Maisons-Alfort autour du thème des risques sanitaires liés à la pollution des milieux aériens et hydriques. La présentation des projets de recherche et des échanges entre participants ont permis de faire le point sur les avancées scientifiques dans ces domaines et d’apporter des éléments de réponses à certaines des nombreuses questions qui se posent autour de la réduction des expositions et des risques sanitaires. 

 

L'Anses a, entre autres missions, celle de la programmation et du soutien à la recherche. Cette mission se concrétise notamment par la conduite du programme national de recherche Environnement Santé Travail (PNR EST), outil essentiel pour développer les connaissances en appui aux politiques publiques et aux travaux d'évaluation des risques sanitaires de l'Agence. Dans ce cadre, un appel à projets de recherche est lancé chaque année, grâce à des fonds confiés à l'Anses par les ministères chargés de l'Environnement et du Travail, auxquels s'ajoutent le produit de la taxe sur les émetteurs radiofréquences et les fonds provenant d’établissements partenaires tels, actuellement l'Ademe (l’Agence de la maîtrise de l'énergie et de l'environnement), l'ITMO cancer (l'Institut thématique multi-organismes cancer) dans le cadre du Plan Cancer 2009-2013 , l'Onema (l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques) au titre du Plan Ecophyto porté par le ministère chargé de l’Agriculture, le ministère chargé de l’Agriculture au titre du Plan Ecoantibio 2017.

Attachée à la valorisation de ces travaux, l'Anses organise deux fois par an, dans le cadre de ses Rencontres scientifiques, une restitution de projets portant sur un thème donné, pour permettre aux équipes de recherche de présenter leurs travaux publiquement.

L’édition organisée aujourd’hui était consacrée aux risques sanitaires liés à la pollution des milieux aériens et hydriques. Deux thématiques ont été particulièrement discutées :

  • pollution atmosphérique et études épidémiologiques  
  • contamination des milieux aériens et hydriques et exposition humaine  

Dans les pays développés, les affections inflammatoires des voies respiratoires ont considérablement augmenté depuis trois décennies. En France, les enfants y sont particulièrement sensibles, ainsi, la prévalence de l’asthme est estimée à plus de 10 % et on prévoit une augmentation constante d’ici 2020.

La survenue de l’asthme et d’autres pathologies respiratoires est déterminée par des mécanismes de prédisposition génétique mais également par des facteurs environnementaux tels que l’exposition à la pollution de l’air extérieur, à des allergènes, à des polluants chimiques de l’air intérieur, etc. Dans ce contexte, la connaissance approfondie des mécanismes et des liens de causalité constituent des atouts précieux pour décliner les politiques de prévention ou de réduction des risques sanitaires les plus appropriées possible. 

Ces thèmes sont un des sujets de mobilisation majeurs pour l’Agence. En 2013, elle a ainsi fait de la qualité de l’air une de ses priorités de travail. Des expertises sur les risques liés aux particules dans l’air, et sur les allergènes (en particulier les pollens), seront initiées ou poursuivies tout le long de cette année. Un travail est également en cours sur la qualité de l’air des espaces ferroviaires souterrains, en vue d’évaluer les risques pour les travailleurs.

 

Une journée pour faire le point

Plus de 250 personnes étaient réunies aujourd’hui à Maisons-Alfort à l’occasion des rencontres scientifiques sur la question de la contamination des milieux aériens et hydriques et de leurs impacts sur la santé. Médecins, épidémiologistes, biologistes, toxicologues, bactériologistes, ainsi que représentants des pouvoirs publics, des agences d’évaluation des risques et des parties prenantes étaient présents.

La matinée a été consacrée à des présentations de travaux de recherche sur l’épidémiologie des pathologies respiratoires en lien avec les expositions humaines à divers polluants. Une étude menée par des équipes de l’Inserm, l’Université Harvard, l’Institut Helmholtz de Münich, l’Atmo Poitou-Charentes, et Air Lorraine, afin d’analyser l’impact de l’exposition de femmes enceintes à la pollution atmosphérique sur la santé cardiovasculaire, les échanges materno-foetaux et la croissance fœtale a ainsi été présentée.

Une conférence de Francine Kauffmann, directrice de recherche à l’Inserm, a clos la première partie de la journée. Faisant le point sur l’état des connaissances sur les pathologies respiratoires, cette intervention a ensuite dressé le paysage des questions se posant actuellement à la science quant aux causes de ces pathologies, tant au plan des déterminants environnementaux que génétiques. 

L’après-midi a été consacrée à diverses présentations permettant d’élargir les débats sur l’exposition humaine à des polluants via d’autres milieux et sur des travaux de recherche exploratoires. 

L’Agence a tout d’abord présenté plusieurs exemples de travaux qu’elle mène en appui à l’évaluation des risques, tels que le travail de sélection des polluants chimiques à prendre en compte dans les évaluations des risques sanitaires réalisées dans le cadre des études d’impact qu’elle a réalisé en 2012, ou encore les travaux réalisés sur les contaminants des matières fertilisantes afin d’en améliorer l’évaluation. 

Des travaux de recherche s’intéressant à des agents biologiques ou des polluants chimiques des eaux usées et d’autres matrices complexes ont ensuite été exposés. A cette occasion, des travaux menés conjointement par l’Université de Bordeaux et l’Ineris, sur l’impact de la photodégradation sur les résidus de médicaments dans les effluents de station d’épuration et les effets toxiques potentiels ont été présentés.

Tout au long de la journée, de larges temps de discussion après chaque conférence et autour des posters ont favorisé l'échange entre les participants et les disciplines représentées.

Cette journée a permis de faire le point sur des avancées scientifiques dans ces domaines, et d’apporter des éléments de réponses à certaines des nombreuses questions qui se posent autour de la réduction des expositions et des risques sanitaires liés à la pollution de l’air et de l’eau en France.