Formulaire de recherche

anses

Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Formulaire de recherche

L'actualité a été ajouté à votre bibliothèque

Publié le 22/11/2013

Santé des abeilles : l’Anses fait le point

Depuis plusieurs années, un phénomène d'affaiblissement et de mortalité des colonies d'abeilles est constaté dans de nombreux pays. Divers facteurs peuvent agir sur la santé des abeilles, seuls ou en association, -maladies infectieuses et parasitaires, stress lié aux changements des ressources alimentaires, produits phytopharmaceutiques, conditions climatiques,- et sont désormais reconnus par la communauté scientifique. L’Anses, via ses équipes scientifiques dédiées à l’évaluation du risque, ses laboratoires et l’Agence nationale du médicament vétérinaire, se mobilise afin de proposer des pistes d’actions basées sur une démarche scientifique.

Dans le cadre de ses Rencontres scientifiques, l’Anses a organisé, le 21 novembre, une journée pour faire le point sur ce sujet. A cette occasion, plus de 300 personnes ont assisté à la présentation de résultats de travaux de surveillance, d’évaluation des risques et de recherche, réalisés par les équipes de l’Anses, mais également par d’autres instituts français et européens. La journée s’est clôturée par une table ronde réunissant des représentants de parties prenantes impliquées dans le domaine de la santé des abeilles.

 

Une approche multifactorielle des troubles

Plus de 200 travaux de recherche s’intéressent en Europe à la santé des abeilles et les Rencontres scientifiques de l’Anses ont été l’occasion d’exposer les résultats des meilleures équipes de recherche dans le domaine. Les travaux exposés au cours de cette journée scientifique ont permis de mettre en évidence l’origine multifactorielle de la mortalité des colonies. Même si le parasitisme à Varroa destructor est une cause majeure de l’affaiblissement des colonies, et en particulier de leur mortalité hivernale, l’action de certaines substances phytosanitaires, alliée au manque de diversité de l’alimentation dans les zones de grandes cultures, peut également être facteur de fragilisation des colonies.

Tous ces travaux concourent à une meilleure connaissance des interactions entre les différents facteurs de stress qui participent à l’affaiblissement de ces insectes pollinisateurs essentiels au maintien de la biodiversité. 

 

L’autosaisine et le travail du Laboratoire européen de référence(1) de l’Anses

Les résultats de ces recherches alimentent le groupe d’experts que l’Anses a constitué afin de dresser un état des connaissances sur les « co-expositions des abeilles aux facteurs de stress ». Il rendra ses conclusions d’ici la fin de l’année 2014.

Outre les données déjà publiées, la grande enquête de surveillance européenne (EPILOBEE), diligentée par le laboratoire de référence de l’Union européenne de l’Anses sur la santé des abeilles (Sophia Antipolis), va permettre de livrer aux experts des données de mortalité comparables à l’échelle de l’ensemble des états membres. Cette harmonisation européenne de la surveillance est une donnée essentielle pour l’Union européenne afin de coordonner les stratégies de recherche et de lutte contre l’affaiblissement des colonies.

 

L’évaluation des produits phytosanitaires

Les travaux de recherche alimentent également les réflexions sur l’évaluation des produits phytosanitaires : les récents travaux de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les critères et méthodes d’évaluation du risque pour les abeilles devraient conduire prochainement à l’adoption de nouvelles lignes directrices dans le cadre de l’évaluation des produits phytosanitaires avant mise sur le marché.

 

Les médicaments vétérinaires

Cette journée a également permis d’évoquer la disponibilité des médicaments vétérinaires destinés à lutter contre les maladies des abeilles. Une réflexion conjointe du Réseau Français de Santé Animale et de l’Agence nationale du médicament vétérinaire de l’Anses a souligné le manque de médicaments disponibles pour soigner les maladies des abeilles et a permis de suggérer des pistes pour y remédier.

 

Les parties prenantes qui se sont exprimées lors de la table ronde qui a clôturé cette journée scientifique ont toutes souligné les progrès effectués en termes de connaissances sur le sujet et les conséquences positives à attendre de ces travaux pour mieux maîtriser la santé des abeilles. Le plan pour une apiculture durable du ministère de l’Agriculture, participant à la coordination et au financement notamment de la recherche dans ce domaine, constitue également un élément essentiel pour atteindre cet objectif.

De nombreux résultats de travaux de recherche sont attendus pour l’année 2014. Ils seront présentés lors de la deuxième édition de la journée consacrée à la santé des abeilles, cet événement ayant vocation à être reconduit régulièrement.

 

 

 

(1) Laboratoire de référence de l’Union européenne sur la santé des abeilles, basé à Sophia-Antipolis