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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Listériose

Listériose

Maladie, agent responsable et rôle de l’Anses

Mis à jour le 08/06/2016

Mots-clés : Risques microbiologiques dans l'alimentation, Femmes enceintes, Guide de bonnes pratiques d'hygiène (GBPH), Zoonoses, Listériose

La listériose est une maladie à transmission alimentaire, due à une bactérie, Listeria monocytogenes. Cette bactérie est fréquemment la cause de troubles digestifs mineurs, avec diarrhée. Toutefois, des formes graves peuvent affecter les populations sensibles : femmes enceintes, personnes âgées, immunodéprimés. Présentation de cette maladie et conseils pour l’éviter.

La listériose en chiffres

Chaque année, 300 cas de listériose environ sont enregistrés en France. Il s’agit de cas isolés les uns des autres (sporadiques), aucune épidémie n’a été identifiée en France depuis 2003. En 2006, le nombre de cas recensés a augmenté, sans raison identifiée, puis s’est stabilisé en 2008. En 2010, on dénombrait 4,9 cas de listériose/million d’habitants et 5,2 cas pour 100 000 naissances.

Bien que rare, la listériose est une infection pouvant devenir grave chez certaines populations sensibles présentant un terrain permettant à la bactérie de se développer plus facilement. Il s’agit des personnes : 

  • âgées
  • souffrant d’un cancer, d’une maladie du sang ou du foie (cirrhose, etc.)
  • diabétiques insulinodépendantes
  • ayant subi une transplantation d’organe
  • dont le système immunitaire est affaibli (traitement immunosuppresseur, maladie auto-immune : l’infection par le VIH par exemple, etc.)

 

Chez ces personnes, les symptômes de la listériose peuvent s’aggraver et perdurer pendant plusieurs semaines sous la forme d’une septicémie, une méningite, d’abcès cérébraux, ou encore d’infections locales. Des séquelles neurologiques peuvent être observées et, selon les études, le taux de décès dus à l’infection (létalité) varie de 20 à 30%. 

Par ailleurs, chez les femmes enceintes, l’infection peut se traduire par des syndromes grippaux (fièvre, frissons, lombalgies), et peut entraîner un avortement spontané, un accouchement prématuré et un fœtus non-viable, ou encore une infection néo-natale (avec un taux de létalité de 20% pour le nourrisson).

 

La bactérie mise en cause

Listeria. monocytogenes est une bactérie très répandue dans l’environnement, et résistante dans le milieu extérieur (sol, lacs, rivières, eaux d’égouts ou de baies, végétation principalement en décomposition, etc.).

Les ensilages (fourrages végétaux humides destinés à l’alimentation animale) mal préparés peuvent contenir des L. monocytogenes en grandes quantités et sont à l’origine de la contamination des ruminants. L’environnement est principalement contaminé par les excréments d’animaux sains et malades : 6 à 30 % des bovins, ovins, porcins, caprins et poulets hébergent naturellement cette bactérie dans leur tube digestif. Ces animaux constituent pour l’Homme la principale source de contamination.

Du fait de sa présence dans l’environnement, la bactérie peut contaminer de nombreux types d’aliments. Ainsi, de nombreuses personnes ingèrent assez fréquemment de petites quantités de L. monocytogenes, sans qu’aucun symptôme sévère n’apparaisse au-delà de troubles digestifs, parfois diarrhéiques. 

A ce jour, environ 70 épidémies ont été recensées dans le monde, dont 7 en France. Les aliments mis en cause étaient de la langue de porc en gelée (en 1992 et 2000), des rillettes (1993 et 2000), du brie (1995), du pont l’évêque (1997), des époisses (1999), des tartinettes (2002) et de la mortadelle (2003).

En 2011, une épidémie aux Etats-Unis s’est déclarée du fait de la contamination de cantaloups (fruits de la famille des melons). Cet évènement rappelle l’importance de la vigilance vis-à-vis des risques microbiologiques, et de porter une attention particulière à leur émergence au sein des produits végétaux.

 

Comment éviter les contaminations ?  

L’adoption de bonnes pratiques d’hygiène à la maison permet de se prémunir vis-à-vis de la majorité des micro-organismes :

  • Pour les aliments qui doivent être conservés au froid, le réfrigérateur doit être réglé à +4 °C au plus.
  • À chaque fois que des aliments ont souillé des surfaces, les nettoyer sans tarder.
  • Ne pas poser d’aliments non emballés directement sur les étagères.
  • Respecter l’hygiène domestique : nettoyer ustensiles et surfaces de travail avant et après usage. 
  • Se laver les mains après la manipulation de produits crus.
  • Bien laver les légumes et herbes aromatiques avant de les manger ou de les cuisiner.
  • Conserver les restes au réfrigérateur moins de 3 jours, et dans le cas d’aliments à consommer chauds, les réchauffer à une température interne supérieure à +70 °C.
  • Respecter les dates limites de consommation (DLC) pour les aliments conditionnés et s’il s’agit de produits à la coupe, les consommer le plus rapidement possible.
Pour les femmes enceintes et les personnes les plus à risque, il est recommandé d’éviter les aliments fréquemment contaminés par L. monocytogenes tels que les fromages au lait cru (surtout à pâte molle), la croûte des fromages en général, les poissons fumés, les coquillages crus, le tarama et les produits carnés crus type charcuterie.

 

Rôle de l’Anses

En tant que laboratoire national de référence, le Laboratoire Anses de sécurité des aliments de Maisons-Alfort et de Boulogne-sur-mer est chargé de coordonner le réseau français de laboratoires chargés de la surveillance de la présence de Listeria dans les aliments. A ce titre, le laboratoire est notamment chargé de développer des méthodes d’analyses de cette bactérie dans les aliments et de les transférer au réseau qu’il anime. Il organise également régulièrement des essais inter-laboratoires d’aptitude afin de s’assurer de la fiabilité des analyses effectuées par le réseau. Le laboratoire de sécurité des aliments de Maisons-Alfort est également laboratoire de référence de l’Union européenne et joue de ce fait les mêmes rôles au niveau européen.

Enfin, il mène des recherches sur les listeria afin d’améliorer leur identification, leur quantification et leur caractérisation dans les aliments, outils indispensables pour permettre leur surveillance. Le travail du laboratoire vise également à décrire et modéliser leurs comportements pour une meilleure maîtrise de la qualité et de l’hygiène à la production ou à la préparation des aliments et enfin mieux comprendre leurs modes d’actions (virulence, toxicité, …).

Sur le volet de l’évaluation des risques liés aux bactéries de la famille Listeria, l’Agence via sa direction de l’évaluation des risques et le comité d’experts spécialisés (CES) « Evaluation des risques biologiques des aliments » a rendu de multiples avis et rapports sur l’évaluation des risques liés à Listeria. Ces travaux portent sur l’état des connaissances relatives à cette bactérie, la classification des aliments selon leurs risques de contamination par Listeria, les méthodes de surveillance et les protocoles de tests microbiologiques pour les différents types d’aliments fréquemment contaminés (produits de charcuterie, denrées prêtes à consommer, réfrigérées ou encore végétaux crus), ou encore l’évaluation des risques liés à certaines pratiques de fabrication particulières (fabrication artisanale de fromages AOC Cantal et Salers) .

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