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Agence nationale de sécurité sanitaire
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H7N9 (Oiseau)

Point sur le nouveau virus émergent de grippe aviaire H7N9 en Chine

Présentation et rôle de l’Anses

Mis à jour le 06/09/2016

Mots-clés : Influenza aviaire, Grippe aviaire, Zoonoses, H7N9 (Oiseau)

En mars 2013, un nouveau virus de grippe aviaire a infecté plus de 130 personnes en Chine provoquant une trentaine de décès. Point sur les connaissances relatives à ce virus et sur le rôle joué par l’Anses à son encontre.

D’où vient ce virus ?

L’agent responsable est un virus d’origine aviaire. Il est issu d’un réassortiment -réarrangement de gènes- à partir de virus donneurs différents. Son génome comporte des éléments de trois sources différentes : 

  • un gène pouvant provenir de virus circulant chez les canards domestiques dans les provinces chinoises concernées 
  • un gène pouvant provenir de virus circulant chez les oiseaux sauvages ou les canards domestiques 
  • des gènes provenant de virus très fréquemment détectés chez les volailles dans les provinces concernées par les cas humains.

Cette combinaison de gènes n’a jusque-là jamais été rapportée ni chez les oiseaux ni chez l’homme. C’est d’ailleurs la première fois qu’un virus de sous-type H7N9 est rapporté chez l’homme. Enfin, c’est également la première fois qu’une infection par un virus influenza aviaire, létale chez l’homme, est non virulent pour les oiseaux.

 

Quelle est la situation en Chine et dans le monde ?

Après trois premiers cas signalés le 31 mars à Shanghai et dans la province d’Anhui (à l’Ouest de Shanghai), un total de 132 cas d’infection humaine par le virus H7N9 (dont 37 décès) ont été rapportés au 21 mai. Hormis un cas décrit à Taiwan, mais importé de Chine, tous les cas ont été signalés dans 8 provinces et 2 villes (Shanghai et Pékin). 80% des cas sont concentrés à Shanghai et dans les deux provinces voisines Zhejiang et Jiangsu (au Sud et Nord de Shanghai respectivement). 

Les cas sont généralement isolés et aucune transmission soutenue d’homme à homme n’a été observée à ce jour. Après un pic au cours de la première quinzaine d’avril, durant laquelle près de la moitié des cas ont été signalés, le nombre de cas a connu un déclin rapide.

 

Comment l’homme se contamine-t-il ?

Compte tenu de l’origine aviaire du virus H7N9 émergent et malgré l’absence de troubles constatés chez les oiseaux, des investigations ont été réalisées sur les volailles et les oiseaux sauvages. L’origine géographique des oiseaux chez qui le virus a été détecté se superpose aux provinces touchées par des cas humains, à l’exception de la province du Guangdong (Sud de la Chine, proximité avec Hong Kong) qui n’a à ce jour rapporté aucun cas humain. Aucun échantillon positif n’a été retrouvé en élevage, ce qui suggère que les volailles s’infectent après leur sortie de l’élevage, lors des transits chez de multiples revendeurs et/ou dans les marchés de volailles vivantes.

Une mission d’experts OIE menée en lien avec l’OMS et la FAO courant avril conclut à un rôle clé des marchés d’oiseaux vivants dans l’infection de l’homme et des volailles par le virus H7N9. L’arrêt radical de l’apparition de nouveaux cas après la fermeture des marchés de volailles vivantes va dans le même sens. 

Cependant l’analyse génétique du virus révèle qu’il présente des marqueurs d’adaptation aux mammifères, ce qui explique les cas observés et laisse craindre une évolution du virus lui permettant de se transmettre facilement d’homme à homme par voie aérienne. Une autre source potentielle de contamination de l’homme est ainsi encore recherchée.

 

Que fait l’Anses vis-à-vis de ce virus ? 

Depuis l’annonce des premiers cas, l’Anses réalise, conjointement avec l’Institut de veille sanitaire (InVS), une veille internationale quotidienne et établit des points de situation hebdomadaires. De plus, dès les premiers cas, le laboratoire national de référence pour l’Influenza aviaire (laboratoire Anses de Ploufragan) a immédiatement  vérifié la validité des outils de détection et caractérisation dont il disposait déjà, en concertation avec le réseau mondial des laboratoires de référence OIE/FAO, et en a informé les  laboratoires de diagnostic agréés pour la détection de virus influenza aviaires. Le laboratoire est prêt à contribuer à toutes les investigations qui s’avéreraient nécessaires.

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