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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Tuberculose bovine

La tuberculose bovine

Présentation de la maladie et rôle de l’Anses

Mis à jour le 08/10/2019

Mots-clés : Tuberculose bovine, Zoonoses, Maladies animales

La tuberculose bovine est une maladie animale transmissible à l'homme et affectant principalement les élevages bovins. Depuis 2001, la France dispose du statut indemne de la maladie, toutefois, quelques foyers d’infection persistent dans certains départements et font l’objet aujourd’hui de mesures de surveillance et de gestion spécifiques permettant de conserver ce statut. Présentation de cette pathologie, de la situation de la maladie en France et du rôle joué par l’Agence.

Qu’est-ce que la tuberculose bovine ?

La tuberculose bovine est une maladie infectieuse transmissible à l'homme (zoonose) causée par la bactérie Mycobacterium bovis (M. bovis). Cette bactérie peut infecter de nombreuses espèces domestiques et sauvages, particulièrement bovins et cervidés, mais aussi les sangliers, blaireaux ou renards.

Chez les bovins, l’infection est souvent inapparente, les symptômes cliniques n’apparaissant que tardivement au cours d’une évolution qui est en général très longue. Cependant, bien que ne présentant pas ou peu de symptômes, les animaux infectés peuvent avoir une productivité réduite.

Depuis 2001, la France est considérée comme officiellement indemne de tuberculose bovine par l’Union européenne, malgré la persistance chaque année d’une centaine de foyers en élevage. Dans certaines régions, particulièrement la Nouvelle Aquitaine, on constate une augmentation régulière depuis 2004. 

Les critères de statut indemne pour la tuberculose bovine sont :

  • La prévalence annuelle des troupeaux infectés est inférieure à 0,1% pendant six ans,
  • Le taux de troupeaux officiellement indemnes est supérieur à 99,9% pendant six ans au 31 décembre de chaque année,
  • La réglementation européenne relative à la tuberculose (Directive 64/432) est respectée.

Comment se transmet la tuberculose bovine ?

Elle se transmet le plus souvent par voie respiratoire, même si la voie digestive peut exister également. Les bovins domestiques représentent l’espèce hôte de maintien de l’infection à M.bovis (sauf cas exceptionnels), c’est-à-dire que la maladie se transmet d’abord et avant tout de bovin infecté à bovin sain. Les hôtes de maintien sont capables de maintenir l’infection entre individus de la même espèce au sein d’une même population, sans source extérieure, et de la transmettre à d’autres espèces réceptives.

En effet, les bovins peuvent dans certains cas excréter la bactérie et contaminer l’Homme ainsi que d’autres espèces sauvages (cervidés, suidés, certains carnivores, etc.), par voie directe ou indirecte, car la bactérie peut être résistante plusieurs mois dans l’environnement dans certaines conditions.

L’éradication de la tuberculose bovine passe donc avant tout par la lutte contre cette infection en élevage. 

Cependant, des animaux de la faune sauvage, notamment le sanglier, le blaireau et le cerf, peuvent également contracter l’infection. Ils peuvent ainsi constituer des hôtes de liaison de la maladie, et sont susceptibles de contaminer à leur tour les élevages. Les hôtes de liaison sont incapables, sans source contaminante extérieure à la population, de maintenir l’infection de manière pérenne au sein de cette population, mais ils sont toutefois capables de transmettre l’infection à une autre population.

La mise en évidence de l’importance de la faune sauvage dans le cycle de transmission de la maladie a conduit à un renforcement du dépistage de l’infection dans la faune sauvage autour des foyers domestiques. 

De ce fait, une surveillance de la faune sauvage, via le réseau de surveillance Sylvatub, est effectuée afin d’éviter que l’infection ne se pérennise dans ces populations, et conduise ainsi à ce qu’elles évoluent vers un rôle d’hôte de maintien comme cela a pu être observé dans d’autres pays (par exemple, le blaireau en Grande-Bretagne et le sanglier en Espagne).

 

Les travaux de l'Anses sur la tuberculose bovine

Mieux connaître la tuberculose bovine et comment elle se transmet

Des laboratoires de l’Anses mènent d’importants travaux de recherche sur la tuberculose bovine. Il s’agit du Laboratoire de la Rage et de la Faune Sauvage à Nancy et du Laboratoire de Santé Animale de Maisons-Alfort où se trouve le Laboratoire National de Référence pour la tuberculose (LNR). Le LNR est notamment chargé de développer des méthodes d’analyse permettant la surveillance de cette maladie, et de transférer ces méthodes au réseau de laboratoires agréés qu’il anime sur le territoire français. 

Les principaux travaux de recherche que l’Agence réalise visent l’amélioration des connaissances de l’infection à M. bovis dans la population domestique et la faune sauvage afin de comprendre les réseaux de transmission entre ces deux types de populations :

  • rôle des différentes espèces de la faune sauvage dans le maintien de l’infection et de la transmission directe entre les animaux ou indirecte par contamination de l’environnement,
  • modélisation des interactions entre les différents compartiments infectés pour l’amélioration du contrôle de la maladie chez les animaux,
  • caractérisation de souches Mycobacterium bovis des possibles traits de virulence différentielle dans les régions affectées. 

L’Anses est également associée à des travaux de recherche sur la mise au point d’un vaccin oral. Des essais préliminaires à la vaccination sont mis en place en collaboration avec des équipes étrangères au Royaume Uni et en Espagne, afin d’envisager ce recours prophylactique pour la maîtrise de l’infection dans la faune dans certaines conditions.

 

Evaluer les risques et les mesures de surveillance et de lutte

L’Agence mène également depuis plusieurs années des travaux d’évaluation des risques et d’appui réglementaire aux pouvoirs publics vis-à-vis de cette maladie. Depuis 2005, une plus d’une vingtaine d’avis et rapports sur la tuberculose bovine ont été publiés sur le sujet.

Parmi ses travaux d’expertise, l’Agence a publié en 2011 un rapport sur la tuberculose bovine et la faune sauvage avec des recommandations de gestion des animaux sauvages infectés par la tuberculose bovine, notamment sur les modalités de piégeage et/ou de destruction des terriers de blaireaux. En 2019, l’Agence a été saisie par quatre associations de protection de la nature en ce qui concerne la gestion des populations de blaireaux dans la lutte contre la tuberculose bovine. Après avoir analysé l’ensemble des données disponibles, à la fois sur les populations de blaireaux et sur leur statut sanitaire, l’Agence a souligné que la réglementation actuelle encadre précisément les mesures de surveillance et de lutte conduisant à l’élimination d’animaux sauvages, selon les niveaux d’infection et les zones. A ce titre, les mesures chez les blaireaux ne peuvent être mises en œuvre que dans une zone délimitée, déterminée sur la base des données de la surveillance, sur une période donnée et régulièrement réévaluée en fonction des résultats de la surveillance. De plus, les opérations sont précédées d’un recensement des terriers de blaireaux dans cette zone. Ces mesures de lutte concernent uniquement les zones à risque dans quelques départements en France, ce qui représentait en 2018, moins de 4 % du territoire métropolitain. A l’échelle nationale, ces mesures ne menacent pas l’espèce blaireau.  

D’autre part, l’Anses a confirmé que seules des actions coordonnées permettent de lutter efficacement contre la tuberculose bovine. Ces mesures doivent viser à la fois les bovins de l’élevage infecté et les animaux sauvages ainsi que l’environnement à proximité. Enfin, les experts ont rappelé leurs recommandations de 2011, selon lesquelles dans les zones indemnes, l’élimination préventive des blaireaux et des autres espèces sauvages ne peut en aucun cas être justifiée au motif de la lutte contre la tuberculose.

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