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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
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Bilharziose

Bilharziose uro-génitale

Présentation de la bilharziose uro-génitale et recommandations de l’Anses

Mis à jour le 20/07/2016

Mots-clés : Bilharziose, Eaux de loisirs

La bilharziose uro-génitale est une infection parasitaire due à des trématodes (vers plats) du genre Schistosoma. Elle est transmise à l’homme à l’occasion d’un simple contact cutané avec l’eau dans des plans et cours d’eau où vivent des mollusques gastéropodes d’eau douce, les bulins, infestés et libérant des larves dans l’eau. L’Anses a été sollicitée à plusieurs reprises afin de mener des expertises sur cette maladie et sur l’écologie du bulin.

Apparition de la bilharziose uro-génitale en Corse en 2014

Suite au signalement de cas groupés de bilharziose autochtone en Corse du Sud, intervenue avant la saison balnéaire 2014, l’Anses a été saisie afin de réaliser une expertise sur l’écologie des bulins. Son travail d’expertise a amené l’Agence à recommander d’acquérir des connaissances sur ces mollusques afin de dresser un état des lieux de leur présence dans les plans et cours d’eau propices à leur développement. Ces connaissances sont indispensables pour établir un profil des plans et cours d’eau susceptibles de réunir les conditions favorisant l’installation éventuelle d’un foyer de transmission de S. haematobium.

Suite à l’avis de l’Agence, des mesures de gestion et un suivi environnemental en Corse ont été mis en place sur plusieurs sites de baignade et un arrêté préfectoral en date du 16 juin 2014 avait interdit la baignade durant la période estivale 2014 dans la rivière Le Cavu.

Suite à cette interdiction, aucun cas de bilharziose uro-génitale en lien avec une baignade dans le Cavu n’a été recensé en 2014. La Direction générale de la santé (DGS) a alors saisi l’Agence en février 2015 afin qu’elle propose une liste de critères conditionnant la levée d’interdiction de la baignade dans le Cavu pour la période estivale 2015. Ces différentes mesures sont décrites dans l’avis de l’Anses du 30 avril 2015.

En février 2016, deux nouveaux cas de bilharziose uro-génitale ont été signalés en lien avec des baignades dans le Cavu durant l’été 2015. L’Agence, de nouveau saisie, a alors proposé des axes de développement afin d’améliorer la détection du parasite dans l’eau ou le mollusque et une stratégie de gestion concernant les mesures à mettre en place en cas de survenue de nouveaux cas de bilharziose en Corse (avis de 25 mars 2016)

Par ailleurs, la bilharziose uro-génitale autochtone est inscrite sur la liste des maladies à déclaration obligatoire depuis juin 2016.

 

La bilharziose uro-génitale : présentation et travail de l’Agence

Qu’est-ce que la bilharziose uro-génitale ?

Deuxième maladie parasitaire au monde après le paludisme, la bilharziose est une infection due à des trématodes (vers plats) du genre Schistosoma. Elle est transmise à l’homme à l’occasion d’un simple contact cutané avec l’eau dans des plans et cours d’eau où vivent des mollusques gastéropodes d’eau douce, les bulins, infestés et libérant des larves dans l’eau.

Les infections dues à Schistosoma haematobium touchent 112 millions de personnes, dont 150 000 meurent chaque année.

Suite au signalement de cas groupés de bilharziose autochtone uro-génitale en Corse du Sud en 2014, l’Anses a été saisie par la Direction générale de la santé (DGS) afin d’évaluer le risque de contamination humaine par ce parasite en France continentale. Parallèlement, le Haut Conseil de la santé publique (HSCP) était également saisi par la DGS concernant le dépistage, le traitement et la prévention des infections à S. haematobium.

 

Le travail de l’Agence suite à l’apparition de la bilharziose uro-génitale en Corse

La bilharziose uro-génitale se contracte par l’immersion totale ou partielle du corps dans une eau contenant la forme immature du parasite S. haematobium. Celle-ci est hébergée par les bulins. Le suivi environnemental proposé par l’Agence dans son premier avis a permis de rechercher les bulins dans 20 rivières corses. La population de bulins se situe principalement dans la rivière Le Cavu. Aucun des 3500 bulins récoltés durant l’été 2014 n’était infesté.

Parallèlement des analyses réalisées par biologie moléculaire sur les œufs de schistosomes émis dans l’urine de patients infectés ont montré la présence d’un hybride S. haematobium / S. bovis. Un  financement de l’Anses a permis de mener  un suivi épidémiologique de S. bovis, espèce de schistosomes infestant le bétail,  et plus particulièrement les ovins, caprins et bovins. L’objectif était de déterminer si S. bovis ou un hybride était retrouvé chez les ruminants en Corse. La recherche du parasite parallèlement entreprise au niveau de la faune sauvage (rats) n’a pas mis en évidence de réservoir animal.

L’Agence poursuit son engagement dans l’acquisition des connaissances et finance actuellement une étude relative à la capacité des mollusques infectés par le parasite S. haematobium et par le parasite hybride S. haematobium x S. bovis à résister aux conditions hivernales rencontrées dans les latitudes tempérées. Dans l’attente des résultats de cette étude, le réservoir humain semble à ce jour l’hypothèse la plus probable comme origine de la recontamination du site corse. 

Conclusions et dernières recommandations de l’Agence

L’Agence rappelle que la présence récurrente de bulins dans les rivières corses, leur réceptivité aux espèces de schistosomes introduites à ce jour dans le milieu, les conditions climatiques et la présence de nutriments favorables à leur développement, ainsi qu’une population humaine très nombreuse, créent des conditions nécessaires pour initier un nouveau cycle de transmission de la bilharziose uro-génitale en Corse.

Afin de limiter la résurgence de cas humains lors des périodes estivales, l’Agence a proposé une stratégie de gestion concernant les mesures à mettre en place en cas de survenue de cas de bilharziose en Corse. L’Anses recommande donc de :

  • éviter l’émission dans les milieux hydriques des œufs de Schistosoma haematobium, en évitant d’uriner dans les plans et cours d’eau,
  • poursuivre le suivi environnemental initié en 2014 et proposer des pistes pour améliorer la détection du parasite tant en précocité qu’en sensibilité,
  • informer les professionnels de santé corses du risque lié à la bilharziose uro-génitale,
  • informer la population générale et les travailleurs susceptibles d’être en contact avec de l’eau des modalités de transmission de la bilharziose génito-urinaire,

En cas de contamination confirmée d’un plan ou cours d’eau, l’Agence recommande d’informer la population et les travailleurs que tout contact avec l’eau doit être proscrit et de prendre toutes les mesures concourant à éviter l’exposition. Le port de protections individuelles est par ailleurs impératif pour les travailleurs.

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