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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Maladie de Lyme

Tiques et maladie de Lyme

Mieux connaître et combattre les agents pathogènes transmis par les tiques

Mis à jour le 19/06/2018

Mots-clés : Tiques, Maladie de Lyme, Zoonoses, Vecteurs

Les tiques sont des acariens que l’on retrouve principalement en forêt au printemps et en automne sous nos latitudes. En Europe, elles représentent les plus importants vecteurs d’agents pathogènes (bactéries, virus et parasites) responsables de maladies infectieuses pour l’Homme et les animaux. Il existe un peu moins de 1 000 espèces de tiques dans le monde mais seules quelques-unes sont vectrices d’agents pathogènes entraînant des maladies plus ou moins graves.

Ces maladies peuvent être d’origine :

  • bactérienne (maladie de Lyme, rickettsiose, tularémie, bartonellose),
  • virale (encéphalites à tiques, fièvres à tiques et hémorragiques, louping-ill du mouton),
  • ou parasitaire (piroplasmose canine, babesiose bovine).

En France, la principale maladie humaine liée aux tiques est la maladie de Lyme. L’Anses étudie à la fois les tiques et les agents pathogènes qu’elles transmettent, afin de les identifier, de les caractériser et de lutter contre leurs effets nocifs.

Comment les tiques transmettent-elles les agents pathogènes responsables de maladies ?

Les tiques se nourrissent du sang des animaux ou des humains sur lesquels elles se fixent. Elles peuvent alors s’infecter en prélevant des agents pathogènes sur des hôtes infectés. Elles vont ensuite retransmettre ces agents pathogènes aux hôtes sur lesquels elles vont de nouveau prendre un repas de sang : les tiques sont donc des « vecteurs » d’agents pathogènes responsables de maladies animales et humaines. La transmission se fait principalement par le biais de leur salive.

Les tiques sont de très bons vecteurs car :

  • Pour beaucoup d’espèces, elles prennent des repas sanguins très volumineux et longs (et ont ainsi plus de chances d’absorber et de transmettre un agent pathogène)
  • Accrochées à leur hôte, elles peuvent parcourir de très grandes distances (dissémination importante).
  • Grâce à leur durée de vie très longue (plusieurs années), elles maintiennent longtemps ces agents pathogènes dans la nature.
  • Pour beaucoup d’espèces, elles se nourrissent sur des hôtes très différents, qui peuvent être porteurs d’agents pathogènes variés et permettent ainsi une très bonne circulation des micro-organismes au sein des espèces animales.
  • Elles se reproduisent en très grande quantité.
  • Grâce aux substances présentes dans la salive qu’elles injectent, leur piqûre est indolore.

La maladie de Lyme, principale maladie humaine liée aux tiques dans l’hémisphère nord. En France, la principale maladie humaine liée aux tiques est la maladie de Lyme. Elle est provoquée par une bactérie appartenant au groupe Borrelia burgdorferi sensu lato, qui comprend au moins 5 espèces pathogènes pour l’Homme, et est présente sur le territoire français.

Quelques jours après la piqûre de tique, en cas d’infection, un érythème migrant (halo rouge caractéristique sur la peau) apparaît autour du point de piqûre et s’étend de façon circulaire. A ce stade, un traitement antibiotique permet d’enrayer la maladie. En l’absence de traitement, la maladie peut provoquer des atteintes cutanées, musculaires, neurologiques et articulaires pouvant être très invalidantes. Un traitement antibiotique existe, efficace s’il est administré rapidement, d’où l’importance d’un diagnostic rapide après une piqûre de tique.

Les recommandations de l’Agence

Pour vous protéger des morsures de tiques, lors de vos promenades en forêt :

  • utilisez des répulsifs, en privilégiant ceux disposant d’une autorisation de mise sur le marché et en respectant leurs conditions d’emploi (l’ensemble de ces informations figurent sur l’étiquette, l’emballage et/ou la notice des produits,
  • portez des chaussures fermées et des vêtements couvrants de couleur claire (afin de mieux repérer les tiques sur la surface du tissu),
  • évitez de marcher au milieu des herbes hautes, des buissons et des branches basses et privilégiez les chemins balisés.
  • inspectez-vous au retour de vos promenades,
  • en cas de piqûre, détachez immédiatement les tiques fixées à l’aide d’un tire-tique, une pince fine ou à défaut vos ongles (n’utilisez en aucun cas de l’éther ou tout autre produit) et désinfectez la plaie
  • Surveiller la zone de piqûre pendant plusieurs jours et consulter votre médecin en cas de symptômes
Suite à une piqûre de tique, consultez immédiatement votre médecin en cas d’apparition de symptômes inexpliqués ou d’érythème migrant.

 

Le travail de l’Agence

Recherche et référence

L’Anses, via son laboratoire de Santé animale de Maisons-Alfort, étudie les agents pathogènes transmissibles par les tiques. Pour ce faire, des collectes de tiques sont régulièrement organisées dans différentes régions françaises. Les agents pathogènes présents dans les tiques sont ensuite identifiés par des techniques à haut débit et le laboratoire développe des méthodes innovantes permettant d’améliorer la surveillance épidémiologique de ces agents pathogènes. La compétence des tiques à transmettre les agents pathogènes identifiés fait également l’objet de travaux de recherche. Ces études permettent à l’Anses de mieux connaître les agents pathogènes transmis par les tiques et donc de mieux lutter contre les maladies infectieuses.

Cette thématique de recherche, à l’interface entre santé animale et santé humaine, s’intègre parfaitement dans le concept « Une seule santé » (One Health) que les autorités sanitaires internationales mettent en œuvre

Evaluation des produits biocides

L’Anses est également en charge de l’évaluation des risques pour l’Homme, l’animal et l’environnement, et de l’efficacité des substances actives et produits biocides. En Europe, 12 substances actives susceptibles de présenter une efficacité contre les tiques sont approuvées ou en cours d'examen en vue de leur approbation. En raison de la mise en œuvre progressive du Règlement biocide, la grande majorité des produits revendiquant une efficacité répulsive contre les tiques ne sont pas encore soumis à autorisation de mise sur le marché (AMM) et n’ont par conséquent pas encore fait l’objet d’une évaluation.

Les produits disposant d’une AMM ont fait l’objet d’une évaluation complète, et l’autorisation de mise sur le marché est alors assortie d’instructions d’emploi (doses et durée de protection notamment) garantissant, dans les conditions d’emploi   préconisées,  une protection efficace contre les tiques et l’absence d’effets nocifs pour la santé humaine et l’environnement. La liste des produits disposant d’une AMM et dont l’efficacité a donc été vérifiée est appelée à évoluer au fur et à mesure de l’instruction des dossiers et en fonction de l’approbation des substances actives au niveau européen.

A ce jour, seuls les produits contenant exclusivement du DEET comme substance active ont fait l’objet d’une évaluation achevée et l’évaluation de produits à base d’IR3535 est en cours de finalisation. Pour ces produits, les conditions d’emploi garantissant une protection efficace contre les tiques et l’absence de risques inacceptables pour la santé humaine et l’environnement sont précisées dans les autorisations de mise sur le marché, et figurent sur l’étiquette, l’emballage et/ou la notice des produits.

Consultez la note AST sur les répuslsifs revendiquant une efficacité répulsive contre les tiques

Une application smartphone pour mieux comprendre et prévenir la maladie de Lyme et les autres maladies transmissibles par les tiques

Signalement-Tique ! : Dans le cadre d’un projet appelé CITIQUE, les chercheurs de l’Anses, l’Inra et l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort ont développé avec les partenaires scientifiques, notamment le centre national d’expertise sur les vecteurs et le centre national de référence de Borrélia, ainsi que le ministère des Solidarités et de la Santé, un site web et une application smartphone appelés Signalement-Tique. L’application peut être téléchargée sur les plateformes AppStore et PlayStore.

Grâce à l’appli Signalement-Tique, un outil pratique et interactif, les promeneurs peuvent disposer d’informations sur la prévention ou comment enlever une tique où qu’ils soient. Elle permet de fournir des cartes de présence de tiques qui servent aux actions de prévention. Ainsi, cette collecte de données permet, grâce à la mobilisation des citoyens et des chercheurs, l’acquisition de connaissances pour mieux comprendre et prévenir la maladie de Lyme et les autres maladies provoquées par les agents pathogènes transmis par les tiques, notamment dans le cadre du projet de recherche CiTIQUE porté par l’Anses, l’Inra et l’Université de Lorraine.

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