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Résapath

Le Résapath

Un dispositif unique de surveillance de l’évolution des résistances aux antibiotiques

Mis à jour le 18/11/2019

Mots-clés : Antibiorésistance, Antibiotiques, Résapath, Médicaments vétérinaires, Santé animale, Colistine

Depuis 1982, ce dispositif unique surveille l’évolution des résistances aux antibiotiques chez l’ensemble des espèces animales en France. Animé par deux laboratoires de l'Anses (Laboratoire de Lyon et Laboratoire de Ploufragan-Plouzané), il coordonne les activités de plus de 70 laboratoires départementaux en matière de détermination de la résistance aux antibiotiques.

 

Le Résapath est le seul réseau vétérinaire membre de l'Observatoire National de la Résistance Bactérienne aux Antibiotiques (ONERBA), qui rassemble également plusieurs réseaux de médecine humaine. Son activité est ainsi continuellement en phase avec les enjeux actuels dans le domaine de la résistance aux antibiotiques chez l'homme comme chez l’animal, au plan national et international.

L’évolution de la résistance des bactéries animales et humaines aux médicaments antibiotiques représente un enjeu majeur de santé publique et nécessite une approche intégrée de toutes les médecines, selon l’approche « One Health, une seule santé humaine et animale ».  L’Anses est fortement mobilisée dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques, notamment par le pilotage du Réseau de surveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes d’origine animale (Résapath), dédié à la surveillance des résistances chez les bactéries responsables d'infections pour l'ensemble des espèces animales. Le Résapath constitue un dispositif essentiel pour la surveillance de l'antibiorésistance animale et un espace de collaboration privilégié des acteurs de la médecine humaine et vétérinaire. 

Les objectifs de Résapath

Le réseau Résapath a pour objectifs de suivre les tendances d'évolution de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries d’importance en santé animale (dont Escherichia coli), de détecter certaines émergences et d'en caractériser les mécanismes moléculaires, mais aussi d'apporter un soutien méthodologique et scientifique à l'ensemble de ses acteurs (journées de formation, essais inter-laboratoires, formulations d'avis et conseils, élaboration de référentiels…). Il coordonne également des études entre laboratoires.

 

Résultats du bilan annuel du Résapath

Le réseau Résapath collecte les données d’antibiogrammes des bactéries pathogènes d’origine animale en France.

Les antibiotiques testés par les laboratoires du Résapath sont très majoritairement ceux prescrits en médecine vétérinaire lors de prélèvements sur des animaux malades pour la réalisation d’un isolement bactérien et d’un antibiogramme. Toutes ces données d’antibiogrammes, effectués dans les laboratoires d’analyses vétérinaires membres du Résapath, sont collectées par le réseau. Chaque année, un bilan présente les résultats de l’année écoulée en matière de surveillance de l'antibiorésistance animale.

En 2018, le Résapath a collecté 565 401 antibiogrammes. Après une augmentation marquée en 2016 (+30 %) et plus légère en 2017 (+5 %) le nombre d’antiobiogrammes collectés en 2018 est en légère baisse (-1, 6 %). Une évolution qui résulte essentiellement de la diminution des antiobiogrammes issus de volailles (-12 %).

Comme en 2017, les données concernant des chiens sont les plus nombreuses (25,9 %) et surpassent celles portant sur les animaux de production, bovins (23,0%) et volailles (21,1 %). Les chats sont en 4e position (8,4%) suivis des chevaux (7,4%) et des porcs (6,4%).

Les tendances à la baisse de résistance des bactéries aux antibiotiques critiques observées en 2017 se confirment en 2018.

Ainsi des diminutions de la résistance aux céphalosporines de 3ème et 4ème générations et fluoroquinolones sont encore à souligner cette année chez Escherichia coli. Ces résultats sont cohérents avec les diminutions importantes de l’exposition des animaux aux antibiotiques dans le cadre des plans EcoAntibio.

En 2018, la résistance du germe E. coli. aux C3G/C4G dans les infections animales est trouvée chez les équidés (6,5 %). Elle est d’environ 4 % chez le chien et le chat, et inférieure à 3 % chez les bovins (2,3 %). Chez les porcs, poules/poulets et dindes, elle est inférieure à 2 %.

En 2018, les proportions de résistance aux fluoroquinolones sont également très resserrées entre toutes les espèces animales, et comprises entre 3,5 et 8 %.

Pour la Colistine, malgré les limites de l’interprétation des antibiogrammes pour l’évaluation de la résistance de cet antiobiotique à l’échelle d’un individu (méthode par diffusion), l’exploitation des données à l’échelle populationnelle montre une situation maîtrisée sur 10 ans, avec une diminution constante de la résistance à cet antibiotique.

Concernant les autres antibiotiques (toujours pour la bactérie E. coli) : on constate une tendance à la stabilisation, notamment depuis 2014 chez les poules/poulets et dindes, alors qu’une décroissance avait été observée avant 2014 dans ces mêmes filières. Pour les bovins où les taux de résistance à certains antibiotiques non critiques sont très élevés, il n’y a que peu d’évolutions depuis dix ans.

 

Un modèle de surveillance des résistances unique en Europe

Le Résapath fédère 71 laboratoires, couvrant 99 départements, et constitue un modèle unique. De nombreux Etats Membres envisagent la mise en place de dispositifs analogues pour le suivi de leurs plans nationaux. Cette ambition fait d’ailleurs l’objet de la mesure n°39 de la feuille de route interministérielle, et s’est vu concrétisée dans le cadre de l’Action Conjointe Européenne (EU-JAMRAI) initiée en septembre 2017 sous la coordination de la France, et incluant un volet vétérinaire dédié à cette structuration au-delà de l’échelle nationale. 

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