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Résapath

Le Résapath

Un dispositif unique de surveillance de l’évolution des résistances aux antibiotiques

Mis à jour le 13/11/2018

Mots-clés : Antibiorésistance, Antibiotiques, Résapath, Médicaments vétérinaires, Santé animale, Colistine

L’évolution de l’antibiorésistance des bactéries animales et humaines représente un enjeu majeur de santé publique et nécessite une approche intégrée de toutes les médecines,  selon l’approche « One Health, une seule santé humaine et animale ».  L’Anses est fortement mobilisée dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques, notamment par le pilotage du Réseau de surveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes d’origine animale (Résapath), dédié à la surveillance des résistances chez les bactéries responsables d'infections pour l'ensemble des espèces animales. Le Résapath constitue un dispositif essentiel pour la surveillance de l'antibiorésistance animale et un espace de collaboration privilégié des acteurs de la médecine humaine et vétérinaire. 

Les objectifs de Résapath

Le réseau Résapath a pour objectifs de suivre les tendances d'évolution de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries d’importance en santé animale, de détecter certaines émergences et d'en caractériser les mécanismes moléculaires, mais aussi d'apporter un soutien méthodologique et scientifique à l'ensemble de ses acteurs (journées de formation, essais inter-laboratoires, formulations d'avis et conseils, élaboration de référentiels…). Il coordonne également des études entre laboratoires adhérents.

Le Résapath est le seul réseau vétérinaire membre de l'Observatoire National de la Résistance Bactérienne aux Antibiotiques (ONERBA), qui rassemble plusieurs réseaux de médecine humaine. Son activité est ainsi continuellement en phase avec les enjeux actuels dans le domaine de la résistance aux antibiotiques chez l'homme comme chez l’animal, au plan national et international

 

Résultats du bilan annuel du Résapath

Le réseau Résapath collecte les données d’antibiogrammes des bactéries pathogènes d’origine animale en France. Les vétérinaires praticiens sont amenés à procéder, dans le cadre de leur activité de clientèle, à des prélèvements sur des animaux malades pour la réalisation d’un isolement bactérien et d’un antibiogramme. Toutes ces données d’antibiogrammes, effectués dans les laboratoires d’analyses vétérinaires publics ou privés qui participent volontairement au Résapath, sont collectées par le réseau. Chaque année, un bilan du Résapath présente les résultats de l’année précédente en matière de surveillance de l'antibiorésistance animale.

En 2017, le Résapath a poursuivi son développement : il fédère 71 laboratoires, couvrant 99 départements, et a collecté 56 286 antibiogrammes. Le réseau a enregistré, cette année encore, une diminution de la résistance aux antibiotiques critiques, notamment celle des E. coli aux céphalosporines de 3ème et 4ème générations. Plus globalement, la tendance globale à la baisse ou à la stabilisation des dernières années se poursuit en 2017.

La diminution de la résistance à la tétracycline dans les filières volailles, et dans une moindre mesure dans la filière porc, est le phénomène le plus marquant. A noter également que sur la période 2011-2017, la proportion de souches multi-résistantes est en diminution significative dans toutes les espèces sauf chez les équidés pour lesquels on observe une augmentation sur les trois dernières années. Ces résultats sont cohérents avec les diminutions importantes de l’exposition des animaux aux antibiotiques constatées ces dernières années, dans le cadre des plans EcoAntibio. Le nouveau plan 2017-2021 doit permettre de consolider cette réduction de la résistance vis-à-vis de l’ensemble des antibiotiques à travers notamment l’utilisation prudente et responsable des antibiotiques en médecine vétérinaire.

 

Un modèle de surveillance des résistances unique en Europe

En 36 ans de surveillance des bactéries pathogènes en France, ce réseau s’est imposé dans le paysage de l’antibiorésistance animale. Sa capacité à étendre son périmètre a consolidé sa légitimité, depuis les bovins en 1982, les porcs et les volailles en 2001, ou les chiens, chats et chevaux en 2007. La qualité des données produites est le résultat d’une vigilance constante des acteurs à maîtriser les méthodes d’analyses, à collecter et transmettre les données produites de manière rigoureuse, et à en interpréter les résultats au regard des connaissances scientifiques les plus actuelles. Ces efforts sont donc ceux de tous et en premier lieu des laboratoires adhérents.

En Europe, le Résapath piloté par l’Anses constitue donc un modèle unique dans un contexte où de nombreux Etats Membres envisagent la mise en place de dispositifs analogues pour le suivi de leurs plans nationaux. Cette ambition fait d’ailleurs l’objet de la mesure n°39 de la feuille de route interministérielle, et s’est vu concrétisée dans le cadre de l’Action Conjointe Européenne (EU-JAMRAI) initiée en septembre 2017 sous la coordination de la France, et incluant un volet vétérinaire dédié à cette structuration au-delà de l’échelle nationale. 

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