Formulaire de recherche

anses

Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Colistine

Le Résapath

Un acteur majeur de la surveillance de l’évolution des résistances aux antibiotiques

Mis à jour le 01/12/2017

Mots-clés : Antibiorésistance, Antibiotiques, Résapath, Médicaments vétérinaires, Santé animale, Colistine

L’enjeu majeur que représente l’évolution de l’antibiorésistance des bactéries animales et humaines nécessite une approche intégrée de toutes les médecines, s’inscrivant dans la mise en œuvre d’une approche « One Health, une seule santé ».  L’Anses est fortement mobilisée dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques, notamment par l’animation du Réseau de surveillance de l’antibiorésistance des bactéries pathogènes d’origine animale (Résapath),  dédié à la surveillance de l'antibiorésistance chez la plupart des bactéries responsables d'infections pour l'ensemble des espèces animales. Résapath constitue un dispositif essentiel pour la surveillance de l'antibiorésistance animale et est un interlocuteur privilégié des acteurs de la médecine humaine et vétérinaire. 

Les objectifs de Résapath

Le réseau Résapath a pour objectifs de suivre les tendances d'évolution de la résistance aux antibiotiques chez les bactéries d’importance en santé animale, de détecter certaines émergences et d'en caractériser les mécanismes moléculaires, mais aussi d'apporter un soutien méthodologique et scientifique à l'ensemble de ses acteurs (journées de formation, essais inter-laboratoires, formulations d'avis et conseils, élaboration de référentiels…). Il coordonne également des études entre laboratoires adhérents.

Résapath est le seul réseau vétérinaire membre de l'Observatoire National de la Résistance Bactérienne aux Antibiotiques (ONERBA), qui rassemble plusieurs réseaux de médecine humaine de ville ou hospitalière. Son activité est ainsi continuellement en phase avec les enjeux actuels dans le domaine de la résistance aux antibiotiques chez l'homme comme chez l’animal, au plan national et international.

 

Résultats du bilan annuel du Résapath

Le réseau Résapath collecte les données d’antibiogrammes des bactéries pathogènes d’origine animale en France. Les vétérinaires praticiens sont amenés à procéder, dans le cadre de leur activité de clientèle, à des prélèvements sur des animaux malades pour la réalisation d’un isolement bactérien et d’un antibiogramme. Toutes ces données d’antibiogrammes, effectués dans les laboratoires d’analyses vétérinaires publics ou privés qui participent volontairement au Résapath, sont collectées par le réseau. Chaque année, un bilan du Résapath présente les résultats de l’année précédente en matière de surveillance de l'antibiorésistance animale.

En 2016, le Résapath a poursuivi son développement : il fédère 74 laboratoires, couvrant 99 départements, et a collecté 53 691 antibiogrammes. Le réseau a enregistré, cette année encore, une diminution de la résistance aux antibiotiques critiques, notamment celle des E. coli aux céphalosporines de 3ème et 4ème générations. Plus globalement, la tendance est à la baisse ou à la stabilisation de la résistance, depuis 10 ans, pour la très grande majorité des antibiotiques testés.

La diminution de la résistance à la tétracycline dans les filières volailles, et dans une moindre mesure dans la filière porc, est le phénomène le plus marquant. A noter également que la proportion de souches bactériennes multi-résistantes est en diminution significative dans toutes les espèces.

Ces résultats sont cohérents avec les diminutions importantes de l’exposition des animaux aux antibiotiques constatées ces dernières années, et ce succès remarquable a été souligné par l’ensemble de la communauté scientifique de santé publique. Il convient toutefois que la profession vétérinaire reste vigilante et mobilisée pour que ces progrès perdurent.

 

Le cas particulier de la colistine

La colistine est un antibiotique utilisé en médecine vétérinaire, notamment dans les filières animales de production. En médecine humaine, en raison de sa toxicité, elle n’est prescrite que pour le traitement d’infections humaines sévères liées à des bactéries résistantes à toutes les autres options thérapeutiques (notamment les bactéries résistances aux céphalosporines de dernière génération et aux carbapénèmes).

Une  publication de novembre 2015 décrivant le premier mécanisme de résistance à la colistine transférable par plasmide a conduit à la mise en place d’une surveillance renforcée pour cet antibiotique. Après avoir augmenté jusqu’en 2007 et s’être stabilisée jusqu’en 2011, l’exposition des animaux à la colistine a diminué de 55,1 % ces dernières années. En 2016, les données collectées par le Résapath pour la colistine montrent une situation maîtrisée concernant la diffusion de bactéries E. coli pathogènes résistantes à cet antibiotique, et ce quel que soit le type de production animale. C’est un résultat majeur sur le plan épidémiologique. Par ailleurs, le Résapath s’investit également dans la mise au point de méthodes fiables pour la réalisation des antibiogrammes et la méthode « colispot-Anses » récemment mise au point pour fiabiliser l’antibiogramme de la colistine devrait concourir à une meilleure surveillance de la résistance à la colistine dans les filières animales. 

L'article a été ajouté à votre bibliothèque