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Agence nationale de sécurité sanitaire
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Xylella Fastidiosa

Qui est Xylella fastidiosa ?

Le rôle de l’Anses dans la lutte contre Xylella fastidiosa

Publié le 30/01/2018

Mots-clés : Santé végétale, Xylella Fastidiosa

Xylella fastidiosa est une bactérie phytopathogène pouvant affecter des plantes qui constituent des filières agricoles majeures : vigne, agrumes, Prunus, olivier, luzerne, chêne, érable, plantes horticoles et forestières, etc. Il n’existe pas de moyen de lutte curative contre cette bactérie, si ce n’est l’arrachage et la destruction des plantes contaminées et la lutte contre les insectes vecteurs. Depuis la première détection de la bactérie en Europe en 2013 en Italie, X. fastidiosa a été détectée en Corse en juillet 2015. Plus récemment, un foyer ponctuel a été détecté dans une serre en Allemagne et en Espagne (Iles Baléares et région d’Alicante). Point sur la bactérie et le rôle du Laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses dans la lutte contre cette bactérie.  

Xylella fastidiosa : carte d’identité

Bactérie du xylème, Xylella fastidiosa empêche la plante de s'alimenter en gênant les mouvements de la sève brute. Les symptômes de ses manifestations sont peu spécifiques (flétrissement, brûlures foliaires) et rendent difficile sa détection. Actuellement, il n'existe pas de moyens curatifs pour lutter contre cette bactérie. La décision européenne Directive du Conseil 2000/29/CE, visant à empêcher l'introduction et la propagation de la bactérie sur le territoire, préconise l'arrachage et la destruction des plants contaminés.

Xylella fastidiosa,transmise et véhiculée par des insectes vecteurs se nourrissant de la sève brute du xylème (notamment cicadelles et cercopes, insectes piqueurs-suceurs du xylème), peut affecter plus de 300 espèces végétales appartenant à 60 familles botaniques différentes : vigne, agrumes, arbres fruitiers (Prunus, olivier,…), café, avocat, luzerne, laurier rose, chêne, érable, etc.

Au sein de l’espèce Xylella fastidiosa, six sous-espèces sont distinguées à ce jour : fastidiosa, multiplex, morus, pauca, sandyi, tashke. Elles n’attaquent pas les mêmes végétaux et présentent des degrés de virulence variables.  

Les symptômes sont divers :

  • brûlures foliaires (laurier rose) et dans les stades plus avancés, desséchement des rameaux (répartition aléatoire dans le houppier), suivi de la mort du sujet dans les cas les plus graves (olivier, amandier, chêne, orme, platane sycomore…),
  • chloroses foliaires (sur caféier, oranger) : sur oranger, l’infection entraîne également la production de fruits de petite taille,
  • défauts de lignification et persistance des pétioles après la chute des feuilles pour la vigne,
  • nanisme sur luzerne accompagné d’une coloration bleue-verte des feuilles,
  • port tombant et réduction des entrenœuds chez le pêcher,
  • jaunissement et rougissement des feuilles chez la vigne.

 

Xylella fastidiosa en Europe : des situations variées

Un premier foyer de Xylella fastidiosa sur oliviers, lauriers rose et amandiers a été déclaré en octobre 2013 dans la région des Pouilles, au  sud de l’Italie. La situation a évolué très rapidement en une épidémie avec une expansion de type exponentielle dans les vergers d’oliviers. La souche responsable appartient à la sous-espèce pauca de X. fastidiosa.  

Dans le cadre de la vigilance renforcée des services de l’Etat, au mois de juillet 2015, le Service régional de l'alimentation (SRAL) Corse a informé le Laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses, à Angers, d’une suspicion forte de Xylella fastidiosa sur un arbuste Polygale à feuilles de myrte (Polygala myrtifolia), situé dans une zone commerciale de la commune de Propriano. Ce cas a été confirmé deux jours plus tard par l’Anses.

Un plan de surveillance du territoire a été mis en place en 2015 et est maintenu sur tout le territoire national. Il a permis de montrer qu’en 2017, la bactérie était présente en Corse et sur la Côte d’Azur. La situation ne semble pas être épidémique comme en Italie où la maladie est due à la propagation rapide d’une souche unique. Contrairement à la situation italienne, la contamination de ces régions françaises serait due à au moins deux introductions différentes qui dateraient d’au moins 25 ans. En effet, les souches de X. fastidiosa isolées en France appartiennent à deux lignées génétiques de la sous-espèce multiplexe alors que la souche italienne appartient à la sous-espèce pauca.

En 2016, de nouveaux foyers ont été détectés en Europe. L’un, en Allemagne, est très ponctuel. Il concerne des plantes ornementales cultivées dans une serre localisée dans le land de Saxe. La souche de X. fastidiosa appartient à la sous-espèce fastidiosa. Les autres, localisés en Espagne sont beaucoup plus inquiétants. La présence de X. fastidiosa a été notifiée en novembre 2016 à Majorque. Depuis, la bactérie a été détectée dans trois îles des Baléares et dans la région d’Alicante sur le continent.

 

Surveillance du territoire : le rôle de l’Agence

Le Laboratoire de la santé des végétaux (Laboratoire national de référence (LNR) pour cette bactérie) a mis au point une méthode officielle pour la détection de X. fastidiosa qui est utilisée pour la surveillance du territoire par les laboratoires agréés.

Le Laboratoire de la santé des végétaux organise également la formation et le suivi des laboratoires agréés. Il est en charge d’effectuer les analyses de confirmation dans le cas de détection de nouveaux foyers. Le Laboratoire de Lyon de l’Anses compile et analyse les données d’occurrence des foyers pour établir des cartes actualisées de répartition de la maladie, disponibles sur le site du ministère de l’Agriculture.

 

Développement méthodologique et recherche : l’implication de l’Agence

Le Laboratoire de la santé des végétaux travaille à l’amélioration de la sensibilité et de la fiabilité de méthodes de détection sur les espèces végétales hôtes de cette bactérie et sur les insectes vecteurs en intégrant de nouvelles techniques moléculaires telles que la PCR digitale.

En collaboration avec l’INRA et dans le cadre de programmes de recherche européens H2020, l’Anses travaille à la caractérisation des souches présentes sur les territoires français et européen et de la structure des populations dans l’espace et leur dynamique afin d’identifier et de caractériser les introductions de X. fastidiosa. Un travail sur l’identification et la répartition des vecteurs potentiels est également en cours avec la collaboration de différents partenaires nationaux. 

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