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Xylella Fastidiosa

Qui est Xylella fastidiosa ?

Le rôle de l’Anses dans la lutte contre Xylella fastidiosa

Publié le 22/10/2019

Mots-clés : Santé végétale, Xylella Fastidiosa

Xylella fastidiosa est une bactérie phytopathogène de quarantaine pouvant infecter plus de 300 espèces de plantes et impacter des filières agricoles majeures telles que la vigne, les agrumes, l’amandier, l’olivier, mais également des plantes aromatiques, horticoles, forestières et sauvages. Aucun moyen de lutte curative contre cette bactérie n’existe à ce jour. De ce fait, pour éviter la propagation de la maladie, l’arrachage et la destruction des plantes contaminées et la lutte contre les insectes vecteurs sont indispensables. Point sur la bactérie et les missions du Laboratoire de la santé des végétaux (LSV) de l’Anses pour contribuer à la lutte contre cet organisme nuisible.

Qu’est-ce que Xylella fastidiosa  ?

La bactérie Xylella fastidiosa, en se développant dans le xylème d’une plante, empêche les mouvements de la sève brute au sein de celle-ci. Les symptômes provoqués sont peu spécifiques (flétrissement, nécrose des feuilles ou des rameaux) et peuvent apparaître tardivement (phénomène de latence).

Cette bactérie est transmise par des insectes vecteurs piqueurs-suceurs se nourrissant de la sève brute du xylème. Elle attaque plus de 300 espèces végétales appartenant à 60 familles botaniques différentes : vigne, agrumes, arbres fruitiers amandier, olivier,cerisier, caféier, avocatier, luzerne, laurier rose, chêne, érable, etc.

Actuellement, il n'existe pas de moyens curatifs pour lutter contre cette bactérie. La réglementation européenne visant à empêcher l'introduction et la propagation de la bactérie sur le territoire, préconise l'arrachage et la destruction des plants contaminés, ainsi qu’une surveillance renforcée.

Au sein de l’espèce Xylella fastidiosa, cinq sous-espèces sont distinguées à ce jour : fastidiosa, multiplex, morus, pauca, sandyi. Elles n’attaquent pas les mêmes végétaux et présentent des degrés de virulence variables.  

 

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes sont divers et non spécifiques, ils peuvent être répartis de façon non homogène dans la plante, altérer la production de fruits et peuvent être suivis de la mort de la plante dans les cas les plus graves. En fonction des plantes, on peut observer :

  • Des brûlures foliaires et dans les stades plus avancés, un desséchement des rameaux,
  • Des chloroses foliaires
  • Un nanisme
  • Un port tombant et une réduction des entrenœuds
  • Un jaunissement et un rougissement des feuilles

 

Xylella fastidiosa en Europe : des situations variées

Un premier foyer de Xylella fastidiosa sur oliviers, lauriers rose et amandiers a été déclaré en 2013 dans la région des Pouilles, en Italie. La situation a évolué très rapidement en une épidémie avec une expansion de type exponentielle dans les vergers d’oliviers. La souche responsable appartient à la sous-espèce pauca de X. fastidiosa. (Xylella fastidiosa subsp pauca De Donno)  

Dans le cadre de la surveillance renforcée mise en œuvre par les services de l’Etat français, en 2015, le Service régional de l'alimentation (SRAL) Corse a informé le Laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses, à Angers, d’une suspicion forte de Xylella fastidiosa sur un arbuste de Polygale à feuilles de myrte (Polygala myrtifolia), situé dans une zone commerciale de la commune de Propriano. Ce cas a été confirmé positif deux jours plus tard par l’Anses.

Ce plan de surveillance du territoire est déployé sur tout le territoire national. Il a permis de montrer qu’en 2015, la bactérie était présente en Corse et dans la région PACA. A ce jour, la situation n’est pas comparable à celle de l’Italie où la maladie est due à la propagation rapide d’une souche unique très agressive sur olivier. La contamination des régions françaises serait due à plusieurs introductions différentes antérieures à 2013. En effet, à part sur Menton, les souches de Xylella fastidiosa isolées en France appartiennent à la sous-espèce multiplex. Depuis 2016, de nouveaux cas ont été détectés en Europe : en Allemagne, en Espagne et au Portugal.

En septembre 2019, l’Anses a confirmé pour la première fois en France la présence de Xf sur deux oliviers de la région PACA détectés positifs par le laboratoire agréé :  l’un contaminé avec la sous-espèce pauca présentant un profil équivalent à celui de la souche présente dans le Sud de l’Italie, l’autre contaminé avec la sous-espèce multiplex.

 

Surveillance du territoire : le rôle de l’Agence

Le Laboratoire de la santé des végétaux (LSV), Laboratoire national de référence (LNR) unité de Bactériologie, Virologie et OGM, a développé, en suivant un processus de validation, la méthode officielle pour la détection de Xylellafastidiosa utilisée dans le cadre de la surveillance du territoire par les laboratoires agréés

Le LSV à Angers organise également la formation et le suivi des laboratoires agréés. Il est en charge d’effectuer les analyses de confirmation. Dans le cadre de l’épidémiosurveillance, le Laboratoire de Lyon de l’Anses compile et analyse les données d’occurrence des foyers pour établir des cartes actualisées de répartition de la maladie, disponibles sur le site du ministère de l’Agriculture.

 

Développement méthodologique et recherche : l’implication de l’Agence

Le LSV travaille en continue à l’amélioration de la sensibilité et de la fiabilité des méthodes de détection sur les espèces végétales hôtes de cette bactérie et sur les insectes vecteurs, y compris en envisageant l’utilisation de nouvelles techniques moléculaires telles que la PCR digitale.

En collaboration avec l’INRA et dans le cadre de programmes de recherche européens H2020, l’Anses travaille à la standardisation des méthodes de caractérisation des souches présentes sur les territoires français et européen et collabore à l’étude de la structure des populations dans l’espace et de leur dynamique afin d’identifier et de caractériser les introductions de Xylella fastidiosa. L’unité d’entomologie du Laboratoire de la santé des végétaux (LSV) a mis en œuvre un protocole d’identification des vecteurs potentiels et a réalisé une étude de leur répartition avec la collaboration de différents partenaires nationaux.

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