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marianne anses

Chevaux

Surveiller et connaître les maladies infectieuses des chevaux pour le bien-être et la performance

Mis à jour le 09/12/2020

Mots-clés : Chevaux

La santé des chevaux soulève des questions spécifiques, le cheval étant principalement élevé pour le loisir, le sport et la compétition. Le suivi et la détection de nombreuses maladies infectieuses équines est obligatoire pour permettre aux animaux de participer à des compétitions et à la reproduction.
L’Anses est laboratoire de référence sur les maladies équines à la fois au niveau national et européen. Elle est aussi laboratoire international de référence sur deux maladies affectant le cheval : la dourine et la morve.

La France compte plus d’un million d’équidés selon l’Institut français du cheval et de l’équitation, plaçant le pays en deuxième position en Europe. Plus que pour d’autres espèces animales, la bonne santé des chevaux revêt une importance économique majeure : la filière équine représente plus de dix milliards d’euros de chiffre d’affaire annuel, dont les deux tiers sont liés aux courses (source Ifce pour l’année 2019). Dans les domaines de la compétition, la détection et le suivi d’un certain nombre de maladies est obligatoire pour que les chevaux puissent participer à des compétitions, se reproduire ou aller dans des pays étrangers. 

Deux sites sur les maladies équines
Le laboratoire de santé animale de l'Anses est réparti sur deux sites : celui en Normandie est spécialisé dans les maladies infectieuses de la reproduction équine et coordonne le réseau de surveillance des causes de mortalité équine, tandis que le site de Maisons-Alfort, en région parisienne, s’occupe des maladies pouvant se transmettre de l’animal à l’Homme, des épidémies et des maladies émergentes transmises par les vecteurs, tels les insectes et les tiques.
 

Des maladies au suivi obligatoire

Certaines maladies équines sont réglementées : elles font l’objet d’un suivi par l’État et l’Union européenne, ce qui rend obligatoire la détection des maladies. C’est par exemple le cas de la morve, une maladie provoquée par une bactérie non présente en Europe mais qui contamine les chevaux au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique du sud ou du virus West Nile, transmis par des moustiques, qui affecte les chevaux et les humains et peut avoir des conséquences majeures sur le système nerveux, dans les cas les plus graves. L’anémie infectieuse équine ou la peste équine font également partie des maladies à détection obligatoire pour les chevaux.

D’autres maladies, notamment celles transmissibles via la reproduction, sont réglementées en fonction des races : les cas positifs sont gérés par les associations de races, qui rendent obligatoire la détection de la maladie avant la reproduction ou la participation à une compétition. C’est notamment le cas de la métrite contagieuse équine, de l’artérite virale équine et de la dourine

Le laboratoire de santé animale de l’Anses est laboratoire national et européen de référence pour les maladies infectieuses équines : il apporte un appui scientifique et technique pour le contrôle et le suivi de ces maladies. Il a notamment la charge de former les laboratoires d’analyses vétérinaires à leur détection et de confirmer les cas déclarés. Le laboratoire est également laboratoire de référence international pour l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) sur deux maladies équines : la dourine et la morve.

Le Resumeq suit les causes de mortalité des chevaux

L’Anses coordonne également le Réseau national de surveillance des causes de mortalité équine (Resumeq). Elle forme les acteurs du réseau, collecte et analyse les résultats des autopsies réalisées en France sur les équidés. Ce suivi permet de connaître l’état sanitaire de la population équine et de détecter l’apparition de pathogènes émergents sur le territoire national. Il permet également de faire remonter des alertes, notamment lors d’intoxications alimentaires répétées, et de détecter l’apparition de résistance aux antiparasitaires. Le laboratoire de santé animale offre également un appui aux acteurs du réseau et aux vétérinaires sur le terrain pour déterminer les causes du décès d’un équidé, lorsque celles-ci sont difficiles à déterminer. Il apporte également son expertise aux autorités judiciaires lorsque la mort du cheval est suspectée d’être d’origine criminelle. 

Les recherches sur les maladies équine

Autre composante des activités du laboratoire de santé animal, les recherches sur les maladies équines portent sur le développement de nouveaux traitements, de vaccins et d’outils de diagnostics innovants. 
Un projet de recherche vise par exemple la création d’un vaccin contre la rhodococcose équine, qui est la première cause de mortalité chez les poulains. La filière équine est particulièrement sujette à l’apparition d’antibiorésistances. L’Anses développe de nouvelles molécules contre les bactéries, les virus ou les parasites. Elle étudie les mécanismes de résistance aux traitements, particulièrement la résistance aux antiparasitaires, qui est un phénomène apparu récemment. Elle a ainsi établi des recommandations sur l’administration des vermifuges pour limiter l’apparition de résistances.

  • En savoir plus sur le projet Parasit'SimEq

 

Autre sujet d’étude, les interactions entre les virus et le cheval. Ces travaux s’effectuent en collaboration avec des spécialistes en santé humaine, particulièrement le CHU de Caen et l’Institut Pasteur. Les virus rencontrés chez les chevaux appartiennent en effet aux mêmes familles que des virus humains. Ainsi, le virus de l’anémie infectieuse équine, premier rétrovirus découvert dans le monde animal, est proche du virus du SIDA, tandis que les signes cliniques respiratoires associés à l’infection par l’artérite virale équine ressemblent à ceux rencontrés chez l’homme lors d’une infection par le virus Sars-cov-2, responsable de la COVID19. Les collaborations avec les organismes de recherche en santé humaine portent aussi sur le développement d’outils de diagnostic basés sur des techniques de séquençage génomique de dernière génération, qui permettent d’identifier les pathogènes de façon plus rapide et plus précise. Ces exemples de collaboration illustrent le concept « One Health ».   

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