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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Toxoplasmose

Toxoplasmose

Présentation de la maladie, recommandations et rôle de l’Anses

Mis à jour le 10/06/2016

Mots-clés : Toxoplasmose, Risques microbiologiques dans l'alimentation, Hygiène des aliments, Femmes enceintes

Parasite pouvant être présent dans la viande crue ou insuffisamment cuite, sur les légumes, ou les fruits insuffisamment lavés, Toxoplasma gondii peut être responsable d'affections graves en cas d'infection congénitale (au cours de la grossesse) ou chez les patients immunodéprimés. Quelques mesures simples permettent de limiter ce risque.

Qu'est-ce que la toxoplasmose ?

La toxoplasmose est une infection parasitaire fréquente en France : environ 50 % de la population adulte est infectée généralement sans symptômes apparents. On estime que 200 000 à 300 000 nouvelles infections surviennent chaque année. Chez les sujets en bonne santé, la toxoplasmose est le plus souvent bénigne. Les formes graves sont avant tout observées en cas d'infection d'une mère pendant sa grossesse et transmission secondaire à son fœtus (toxoplasmose congénitale) et chez les patients immunodéprimés. 

Le dépistage sérologique des femmes enceintes est obligatoire en France. Le nombre d’infections acquises au cours de la grossesse est estimé à 2700 par an.  244 cas de toxoplasmose congénitale ont été diagnostiqués en France en 2010. Chez les malades immunodéprimés, les localisations cérébrales sont les plus fréquentes et le plus souvent mortelles sans traitement. Le nombre de cas de toxoplasmoses cérébrales survenant chez les patients infectés par le VIH est proche de 200 par an. 

 

Quels sont les principaux aliments susceptibles d'entraîner une infection ?

La consommation de viande crue ou insuffisamment cuite contenant des parasites est à l'origine de la plupart des infections chez l'homme. Les légumes et les fruits souillés ou insuffisamment lavés, et très exceptionnellement l'eau de boisson peuvent également être source de contamination lorsqu'ils ont été souillés par les parasites.

 

Quelles sont les mesures d'hygiène qui permettent d'éviter l'infection ?

Certaines règles d'hygiène de base doivent être appliquées par les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées séronégatives pour la toxoplasmose pour limiter le risque de contamination des aliments et des mains. Parmi elles :

  • lavage des mains avec brossage des ongles, avant et après toute manipulation des aliments, après avoir jardiné ou touché des objets souillés par de la terre ;
  • lavage soigneux des crudités pour éliminer toute trace de terre ;
  • lavage soigneux des surfaces et des ustensiles utilisés après chaque manipulation d'aliments ;
  • cuisson suffisante de la viande (rouge ou blanche) avant consommation (température à cœur de 67°C) ; 
  • congélation de la viande pour détruire les kystes du parasite à une température de – 12 °C à coeur, pendant 3 jours minimum.

S'il y a un chat au domicile, faire laver son bac à litière avec de l'eau bouillante tous les jours, si possible par une autre personne que la femme enceinte ou en en mettant des gants. Le nettoyage à l'Eau de Javel n'apporte pas de garantie supplémentaire pour le nettoyage de la litière. Les griffures du chat ne sont pas à risque. Les chats résidant strictement en appartement et recevant une alimentation traitée par la chaleur (conserves et croquettes indemnes de parasites) ne sont pas concernés par cette mesure car ils ne sont pas exposés au danger.

 

Le travail de l'Anses

Evaluation des risques

En 2006, l'Agence a réalisé un état des lieux des connaissances relatives à T.gondii et à l'évaluation du risque de toxoplasmose lié à l'alimentation. Cette étude a fourni les éléments scientifiques permettant aux autorités sanitaires d'améliorer la prévention chez l'homme, notamment celle de la toxoplasmose congénitale. Ce travail a également identifié trois domaines d'actions prioritaires : 

  • la mise au point de techniques sensibles permettant la détection des parasites dans les aliments et dans l'environnement, et la mise en place de plans d'échantillonnage permettant une estimation fiable des taux de contamination. Ces progrès permettront de mieux évaluer le niveau de contamination des denrées alimentaires et d'estimer la part respective des différents types d'aliments dans l'infection humaine ;
  • la mise en place d'une démarche d'appréciation quantitative du risque permettant d'évaluer l'impact de la consommation d'aliments potentiellement contaminés sur l'incidence de la toxoplasmose chez la femme enceinte et de la toxoplasmose congénitale ;
  • l'amélioration de l'information sur cette infection et sa prévention, notamment à destination des femmes enceintes. 

Depuis 2006 un Centre national de référence (CNR) de la toxoplasmose organisé en réseau de laboratoires hospitaliers spécialisés dans le diagnostic de cette maladie a été mis en place. Le CNR en collaboration avec l'Institut de Veille Sanitaire a créé en 2007 un système de surveillance recensant chaque année le nombre de cas de toxoplasmose congénitale. Ce système de surveillance permettra d’évaluer le rôle du programme national de dépistage mis en place en France, dans l'épidémiologie de cette infection. 

Recherche et référence

Le laboratoire de Santé Animale de l’Anses à Maisons-Alfort est laboratoire national de référence pour la toxoplasmose. Il mène également des recherches destinées à mettre au point des outils de détection et de caractérisation de T.gondii, et développe notamment des techniques de typage moléculaire et immunologique.

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