Formulaire de recherche

anses

Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Piscines

Risques sanitaires des piscines à usages collectifs

Evaluation et réglementation concernant les piscines et les bains à remous

Mis à jour le 08/06/2016

Mots-clés : Eaux de loisirs, Piscines

La baignade est, en France, la plus répandue des activités récréatives en rapport avec l'eau. Les sites où se pratiquent les activités associées à l'eau se décomposent principalement en trois types : les piscines, dans lesquelles l'eau est désinfectée et désinfectante afin d'assurer sa qualité microbiologique, les sites naturels, qui font parfois l'objet d'aménagements particuliers pour l'accueil du public, mais dans lesquels l'eau n'est pas traitée, et les baignades artificielles. L’Anses évalue les risques sanitaires pouvant être associés à ces trois types de baignades. Détail de ses travaux relatifs aux piscines.

Evaluation des risques sanitaires liés aux piscines

Datant de 1981, le contexte règlementaire associé aux piscines suppose une mise à jour prenant en compte notamment l’évolution des pratiques. En effet lors de l’élaboration de la réglementation sanitaire française sur les piscines publiques, différents types de bassins comme les bains à remous étaient quasiment inexistants et leurs spécificités n’ont pas été prises en compte. Pour réaliser cette mise à jour, les ministères en charge de la santé et de l’environnement ont demandé à l’Agence de dresser un état des lieux des piscines ayant pour objectif la détection d’éventuels risques sanitaires.

Les travaux de l’Agence se sont fait en deux temps et ont porté sur :

  • Les piscines réglementées (au sens de l’article D1332-1 du code de la santé publique). Ces bassins, destinés à un usage sportif ou de loisirs, sont alimentés par l’eau du réseau de distribution publique. Il s’agit des piscines municipales, d’hôtels, de campings, de résidences de vacances, de gîtes, etc.
  • Les bains à remous,qu’ils soient alimentés par de l’eau destinée à la consommation humaine, par de l’eau de mer ou par de l’eau minérale naturelle.

Les travaux d’expertise ont permis d’identifier les principaux dangers chimiques et microbiologiques présents dans l’eau, l’air et les surfaces des piscines réglementées et des bains à remous. Les dangers ont été décrits notamment en fonction de l’origine de l’eau d’alimentation du bassin.

 

Les dangers chimiques

Les dangers chimiques identifiés proviennent essentiellement de substances formées par réaction des produits de désinfection (chlore principalement) avec les matières organiques apportées par les baigneurs. Parmi plus de 400 substances répertoriées dans les piscines réglementées, seule une dizaine a été retenue pour réaliser l’évaluation des risques sanitaires, du fait de leur toxicité et de leur forte concentration dans l’eau. Les substances sélectionnées sont la trichloramine, les trihalométhanes, les acides haloacétiques et les bromates.

Selon les scénarios établis et les populations observées (bébés, enfants, sportifs, travailleurs, femmes enceintes), l’étude ne montre pas de risque sanitaire concernant ces substances, excepté pour la trichloramine qui peut être à l’origine de troubles respiratoires et oculaires chez les nageurs de haut niveau, les maîtres-nageurs et les bébés nageurs ; l’acide dichloroacétique qui pourrait être responsable d’adénome et de carcinome hépatocellulaire chez les nageurs de haut niveau.

 

Les dangers microbiologiques

Les dangers microbiologiques ont été analysés et les germes hydriques pathogènes potentiellement retrouvés dans les piscines réglementées ont été recensés. Bien qu’aucune épidémie n’ait été recensée à ce jour en France, il apparaît que le risque microbiologique est essentiellement lié au manque d’hygiène des baigneurs.

Ces mêmes substances et germes pathogènes peuvent également être retrouvés dans les bains à remous. Cependant ces bassins présentent certaines particularités qui peuvent modifier la hiérarchie des dangers décrits et/ou être à l’origine de dangers pertinents supplémentaires. Ces spécificités portent sur :

  • la température de l’eau élevée ;
  • la présence de dispositifs de bullage ;
  • le faible volume d’eau rapporté au nombre de baigneurs fréquentant ces bassins ;
  • un taux de renouvellement d’eau faible rapporté au taux de fréquentation de ces bains ;
  • la concentration en désinfectant fluctuante ;
  • l’augmentation du pH ;
  • la promiscuité inter-baigneurs.

 

Les recommandations de l’Agence

Les recommandations issues de ces expertises sont centrées sur une meilleure gestion de la qualité de l’eau, de l’air et des surfaces des bassins. Ces mesures portent notamment sur :

  • hygiène : strict respect des mesures d’hygiène par les baigneurs ; optimisation de l’agencement, de l'entretien et du nettoyage des locaux ; autorisation préalable à l’emploi des produits de nettoyage et des traitements complémentaires à la désinfection de l’eau. ;
  • le traitement de l’eau des bassins : mesures concernant le système hydraulique, la désinfection des pédiluves, la filtration, la désinfection ;
  • les paramètres de contrôle et de suivi de la qualité de l’eau lors du contrôle sanitaire et de celui réalisé par l’exploitant ;
  • le contrôle de la qualité de l’air : en effet, celui-ci n’est pas obligatoire dans les piscines, bien que certains sous-produits de désinfection présents dans l’air, tels que le chloroforme et la trichloramine, soient toxiques.
  • le suivi médical des professionnels qui est recommandé et en particulier pour les maîtres-nageurs.

Au vu des bénéfices que pourrait apporter la pratique de l’activité bébé nageurs, comparés aux risques qu’elle peut faire courir à une population particulièrement vulnérable, l’Agence appelle à la vigilance sur la pratique de cette activité.

 

L’évaluation des produits et procédés de traitement des eaux de piscines

Conformément aux dispositions du code de la santé publique (article D.1332-3), l’Anses est chargée d’évaluer les demandes d’autorisation de mise sur le marché des nouveaux produits et procédés de désinfection et de déchloramination des eaux de piscine. Cette procédure ne s’applique pas aux produits de désinfection entrant dans le champ du règlement (UE) N°528/2012 concernant la mise à disposition sur le marché et l’utilisation des produits biocides. 

 

Procédure de demande de mise sur le marché

Le pétitionnaire adresse sa demande à la Direction générale de la santé (DGS), laquelle la transmet à l’Anses pour avis. Ces demandes doivent être établies selon les lignes directrices rédigées par l’Agence.

Les éléments constitutifs du dossier doivent en effet permettre à l’Agence d’évaluer l’efficacité et l’innocuité des produits et/ou procédés de traitement revendiqués. Les lignes directrices s’appliquent uniquement aux demandes d’autorisation de produits et procédés de traitement utilisés dans les piscines recevant du public et alimentées par de l’eau d’un réseau public ou privé autorisé pour l’alimentation humaine.

Dans le cas où le produit et/ou procédé de traitement aurait obtenu des autorisations dans un État membre de l’Union européenne ou dans un État membre faisant partie contractante de l’accord constituant l’espace économique européen, un dossier réduit est acceptable.

La notification finale est formulée par la DGS, sur la base de l’avis de l’Agence, puis envoyée au pétitionnaire.

 

Déchloramination et  réacteurs de lampes à rayonnements ultraviolets

L’utilisation de réacteurs de lampes à rayonnements ultraviolets (UV) est l’une des solutions proposées aux gestionnaires des piscines pour diminuer la concentration en chloramines dans l’eau et dans l’air des bassins. Cependant les mécanismes de dégradation photochimiques des chloramines et l’impact des rayonnements UV sur l’ensemble des composés organiques  présents (produits de désinfection, sous-produits de désinfection notamment) susceptibles de réagir avec les UV pour former de nouvelles substances ne sont que partiellement connus. L’Agence a donc mené des travaux d’expertise permettant de faire un bilan des connaissances actuelles sur l’efficacité et l’innocuité de ce type de procédés.

Il ressort de l’expertise que l’utilisation de déchloraminateurs UV pour traiter les eaux de piscines permettrait de réduire de façon modérée les concentrations en chlore combiné et dans certaines conditions de fonctionnement des bassins celle de la trichloramine. En revanche, l’utilisation de ces procédés peut conduire, dans certaines conditions, à la formation de nouveaux composés et à l’augmentation de la concentration de composés initialement présents dans l’eau et dans l’air, notamment le chloroforme.

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