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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Fibres minérales artificielles (FMA)

Fibres minérales artificielles

Evaluation de l’exposition de la population générale et des travailleurs

Mis à jour le 21/09/2016

Mots-clés : Fibres minérales artificielles (FMA), Amiante, Travail, Risques chimiques

La famille des fibres minérales artificielles siliceuses vitreuses (FMA) regroupe les fibres céramiques réfractaires (FCR), les fibres de verre à usage spécial, les laines de verre, de roche, de laitier et les filaments de verre continus. Leur propriété isolante a permis pour certaines applications, et pour certaines fibres, de les utiliser en substitution de l'amiante. Ainsi, des questions sont posées quant à leur impact potentiel sur la santé des personnes exposées. Dans ce contexte, l’Agence a été saisie afin de préciser les applications des fibres minérales artificielles et d’évaluer l’exposition de la population générale ainsi que celle des travailleurs. En réponse, elle a produit deux rapports. 

La famille des fibres minérales artificielles siliceuses vitreuses (FMA) regroupe les fibres céramiques réfractaires (FCR), les fibres de verre à usage spécial, les laines de verre, de roche, de laitier et les filaments de verre continus. Les fibres minérales artificielles sont des fibres chimiques définies par diverses applications principalement dans l'isolation phonique ou thermique. Elles servent donc à contrôler les pertes de chaleur, absorber l’énergie acoustique, filtrer les impuretés dans les gaz et les liquides, renforcer d’autres matériaux ou contrôler la condensation.

Leur propriété isolante a permis pour certaines applications, et pour certaines fibres, de les utiliser en substitution de l'amiante. Ainsi, des questions sont posées quant à leur impact potentiel sur la santé des personnes exposées.

Dans ce contexte, l’Agence a été saisie en juillet 2004, dans le cadre du Plan National Santé Environnement (PNSE), afin de préciser les applications des fibres minérales artificielles et d’évaluer l’exposition de la population générale ainsi que celle des travailleurs. Il s’agissait dans le détail de :

  • préciser les applications passées et actuelles relatives à ces fibres, notamment l’historique de leur emploi, leur accessibilité, le devenir après usage, les caractéristiques techniques et l’évolution des matériaux fibreux avec le vieillissement de l’ouvrage. L’étude doit également recenser les additifs présents dans ces fibres, les évolutions techniques et l’existence de produits ou procédés de substitution non dangereux ou moins dangereux en indiquant la fréquence d’utilisation de ces alternatives ;
  • évaluer l’exposition de la population générale et professionnelle.

Le traitement de cette saisine a, par ailleurs, permis de faire la lumière sur les applications et l’utilisation des fibres minérales artificielles en évitant l’amalgame avec d’autres fibres et notamment l’amiante.

L’Agence a confié au Comité d’Experts Spécialisés (CES) « Evaluation des risques liés aux milieux aériens » l’instruction de cette saisine. Un groupe de travail dédié, rattaché au CES, a été créé pour l’occasion. Ce travail a donné lieu à deux rapports, le premier relatif aux FCR et les fibres de verre à usage spécial de type E et de type 475, le second s’intéressant aux autres représentants des FMA : les laines minérales et les filaments continus de verre.

 

Résultats et recommandations

Le premier rapport, publié en avril 2007, constitue, pour les FCR et les fibres de verre à usage spécial de type E et de type 475, une synthèse des données publiées dans la littérature et collectées auprès des principaux producteurs, transformateurs et utilisateurs de FMA. Ces deux types de fibres ont été jugés prioritaires au vu de leur classement international en tant que cancérogène possible (Classement CIRC[1] groupe 2B pour les FCR et les fibres de verre à usage spécial de type E et 475).

Ce rapport s’est appliqué, à répondre aux interrogations formulées par la saisine concernant notamment les aspects techniques liés aux caractéristiques et aux usages de ces fibres, mais aussi à l’évaluation de l’exposition de la population générale et professionnelle et aux possibilités de leur substitution par des matériaux moins dangereux. Il a été adopté par le CES « évaluation des risques liés aux milieux aériens » lors de la séance du 2 février 2007.

L’Agence, en conclusion de ce rapport, a émis un avis déclinant une série de recommandations visant à améliorer la traçabilité et les connaissances et à renforcer la prévention.

Le 2ème rapport, publié en novembre 2008, s’inscrit dans la continuité du précédent et s’intéresse aux autres représentants des fibres minérales artificielles : les laines minérales et les filaments continus de verre.

Les laines minérales et les filaments continus de verre ont été classés dans le groupe 3 du CIRC c'est-à-dire « Inclassable quant à leur cancérogénicité pour l’Homme ». Ils sont exonérés de la classification en tant que substance cancérogène par l'Union Européenne lorsqu’ils répondent aux critères de la directive européenne 97/69/CE. Les laines minérales restent classées irritantes pour la peau.

Le rapport de l’Agence identifie des enjeux liés aux caractéristiques et à la traçabilité des produits et constate que les données sont limitées pour l’exposition de la population générale aux laines minérales et aux filaments de verre continus. L’exposition des travailleurs qui manipulent ces matériaux étant un peu mieux documentée.

L’Agence, en conclusion de ce rapport, a émis un avis déclinant une série de recommandations visant notamment à renforcer la connaissance des caractéristiques des produits et leur traçabilité, à mieux caractériser l´exposition professionnelle et celle de la population générale et à mettre en place des mesures de prévention.

[1]Centre international de recherche sur le cancer

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