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Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail

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Mis à jour le 03/02/2014

Boissons énergisantes

Présentation et rôle de l’Agence

Mots-clés : Nouveaux aliments, Nutrivigilance, Boissons énergisantes, Caféine

Le terme « boissons dites énergisantes » regroupe des boissons qui se présentent comme possédant des propriétés stimulantes tant au niveau physique qu’intellectuel. Elles contiennent généralement des ingrédients tels que caféine, taurine, glucuronolactone, vitamines, ou encore des extraits de plantes (guarana, ginseng). L’Agence a rendu plusieurs avis depuis 2001 pour évaluer l'innocuité et l'intérêt nutritionnel de ces boissons. Depuis 2009, l’Anses suit, dans le cadre de son dispositif de nutrivigilance, les effets indésirables suspectés d’être liés à la consommation de ces produits. L’Anses a également lancé une enquête visant à mieux connaître les pratiques de consommation des boissons dites énergisantes. Détails des travaux de l’Agence et de ses recommandations. 

Le terme « boissons dites énergisantes » est un terme marketing qui n’a pas de définition au plan réglementaire. Il regroupe des boissons qui se présentent comme possédant des propriétés stimulantes tant au niveau physique qu’intellectuel. Ces produits contiennent des ingrédients tels que caféine, acides aminés (taurine), sucre, vitamines, extraits de plantes (ginseng, guarana). Il ne faut pas les confondre avec les « boissons énergétiques » qui sont des boissons de l'effort spécifiquement formulées pour répondre aux besoins nutritionnels dans le cadre d'une activité sportive intense.

 

Les travaux de l’Agence

La question de la sécurité des boissons dites énergisantes (BDE) est suivie par l’Anses depuis de nombreuses années. En 1996, la commercialisation d’une BDE avait été interdite en France sur la base d’un avis défavorable du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France.

Dans plusieurs avis rendus entre 2001 et 2006, sur la base des résultats d’études toxicologiques soumises pour évaluation, l’Agence estimait que la sécurité d’emploi de taurine et de D-glucuronolactone dans les BDE n’était pas démontrée. Elle soulignait la nécessité de disposer d’études complémentaires afin de confirmer ou d’infirmer les suspicions de toxicité neurologique (pour la taurine) et rénale (pour la D-glucuronolactone).

L’Agence attirait aussi l'attention sur le fait que certains modes de consommation courants de ces boissons (activité sportive, consommation en mélange avec de l’alcool) pourraient être associés à des risques cardio-vasculaires lors d’exercices physiques intenses et de perception amoindrie des effets liés à l’alcool.

En l’absence de démonstration formelle d’un risque avéré, et malgré les suspicions de risques évoquées (Afssa, 2006), la commercialisation des BDE a été autorisée en 2008 en France au regard du principe de libre circulation des marchandises légalement fabriquées ou commercialisées sur le marché européen.

Par la suite, sur la base de nouvelles données toxicologiques transmises, l’Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (Efsa), concluait que « l’exposition à la taurine et à la D-glucuronolactone, aux niveaux actuellement utilisés dans les boissons « énergisantes », ne suscitait pas d’inquiétude sur le plan de la sécurité » (Efsa, 2009).

En France, une surveillance des signalements d’effets indésirables a été mise en place dès 2008 par l’Institut national de veille sanitaire (InVS), et a été relayée par le dispositif de nutrivigilance confié à l’Anses en 2009 (loi n°2009-879 du 21 juillet 2009).

Dans ce cadre, plus de 200 cas d’effets indésirables ont été signalés à l’Anses en lien avec la consommation de ces boissons ; l’imputabilité de la consommation de boissons dites énergisantes dans la survenue de ces évènements a été jugée très vraisemblable ou vraisemblable pour 12 % d’entre eux. Les principaux symptômes observés sont essentiellement cardiovasculaires (sensations d’oppression ou de douleurs thoraciques, tachycardie, hypertension, troubles du rythme allant jusqu’à l’arrêt cardiaque...), psycho-comportementaux ou neurologiques (irritabilité, nervosité, anxiété, voire crises de panique, hallucinations, épilepsie).

 

Eviter la consommation avec l’alcool ou pendant l’effort

A l’issue de l’analyse des cas de nutrivigilance et des données bibliographiques, la caféine de ces boissons a été considérée comme le facteur explicatif majeur. La caféine, molécule naturellement présente dans plus de 60 plantes (café, thé, kola, guarana, maté,…), est bien connue pour ses effets « excitants » et ses effets indésirables nombreux : anxiété, tachycardie, troubles du sommeil, etc. Il existe dans la population générale une très grande variabilité de la sensibilité aux effets de la caféine. Une fraction non négligeable de la population française dépasse les seuils maximaux de caféine pour lesquels des effets indésirables peuvent apparaître.

Même si la caféine a un usage très ancien dans le monde entier, sa présentation sous forme de boissons dites énergisantes, phénomène nouveau et en forte expansion, fait évoluer les modalités de consommation. Ces pratiques de consommation ont pu être évaluées par une enquête dédiée mise en place par l’Anses dès 2009 (suite à l’autorisation des BDE sur le marché français en 2008) et reproduite en 2011.

En France, environ 32 % des consommateurs de boissons dites énergisantes les consomment lors d’occasions festives (bars, discothèques, concerts, etc.), 41 % en lien avec une activité sportive, 16 % en mélange avec de l'alcool.

La consommation conjointe de boissons dites énergisantes et d’alcool favorise des situations à risque dues à une surestimation par la personne de ses aptitudes, ce qui peut l’amener à poursuivre sa consommation d’alcool et à augmenter la prise de risques.

En ce qui concerne la pratique sportive, les boissons dites énergisantes n’ont aucun intérêt nutritionnel en situation d’exercice (contrairement aux boissons de l’effort aussi appelées boissons énergétiques) ; elles majorent les pertes en eau et en sels minéraux et augmentent le risque d’accident à la chaleur. La consommation de boissons dites énergisantes dans un cadre festif est propice au cumul de plusieurs facteurs de risque : co-consommation d’alcool, exercice physique (par exemple lié à la danse) et chaleur.

L'Anses considère que la multiplication des sources de caféine, notamment via les boissons dites énergisantes, combinée aux modes de consommation actuels de ces boissons est susceptible de générer des situations à risque.

 

Recommandations de l’Agence

L’Agence recommande donc :

  • d'éviter la consommation de boissons dites énergisantes en association avec l'alcool ou lors d'un exercice physique ;
  • d’être particulièrement vigilant vis-à-vis des apports en caféine, notamment via les boissons dites énergisantes, pour certains consommateurs, en particulier : les femmes enceintes et allaitantes, les enfants et adolescents, les personnes sensibles aux effets de la caféine ou présentant certaines pathologies notamment certains troubles cardio-vasculaires, psychiatriques et neurologiques, insuffisance rénale, maladies hépatiques sévères ;
  • et d’une façon générale, pour l’ensemble des consommateurs, de modérer la consommation de boissons caféinées.

 

Consultez notre infographie sur les risques sanitaires liés aux boissons énergisantes