Boissons énergisantes : quels effets sur la santé ?

Que contiennent les boissons dites énergisantes ? Quels effets peuvent-elles avoir sur la santé ? Comment les éviter ? On répond à vos questions.

Que sont les « boissons dites énergisantes » et que contiennent-elles ?

Le terme « boissons énergisantes » est un terme marketing qui n’a pas de définition au plan réglementaire. Il regroupe des boissons qui se présentent comme possédant des propriétés stimulantes tant au niveau physique qu’intellectuel. Ces produits contiennent des ingrédients tels que caféine, taurine et D-glucuronolactone, sucre ou édulcorants, vitamines, extraits de plantes (ginseng, guarana).

Il ne faut pas les confondre avec les « boissons énergétiques » qui sont des boissons de l'effort spécifiquement formulées pour répondre aux besoins nutritionnels dans le cadre d'une activité sportive intense.

Quelle consommation de ces boissons en France ?

Selon l'étude réalisée en 2011 par l'Agence, en France, environ 32 % des consommateurs de boissons dites énergisantes les consomment lors d’occasions festives (bars, discothèques, concerts, etc.), 41 % en lien avec une activité sportive, 16 % en mélange avec de l'alcool.

La consommation conjointe de boissons dites énergisantes et d’alcool favorise des situations à risque dues à une surestimation par la personne de ses aptitudes, ce qui peut l’amener à poursuivre sa consommation d’alcool et à augmenter la prise de risques.

En ce qui concerne la pratique sportive, les boissons dites énergisantes n’ont aucun intérêt nutritionnel en situation d’exercice (contrairement aux boissons de l’effort aussi appelées boissons énergétiques). Elles majorent les pertes en eau et en sels minéraux et augmentent le risque d’accident à la chaleur.

La multiplication des sources de caféine, dont font partie les boissons dites énergisantes, combinée aux modes de consommation actuels de ces boissons est donc susceptible de générer des situations à risque.

Ces boissons peuvent-elles provoquer des effets indésirables ?

En France, une surveillance des signalements d’effets indésirables a été mise en place dès 2008 à travers le dispositif de nutrivigilance géré par l’Anses. Dans ce cadre, plus de 200 cas d’effets indésirables ont été signalés en lien avec la consommation de ces boissons.

Les principaux symptômes observés sont :

  • cardiovasculaires : sensations d’oppression ou de douleurs thoraciques, tachycardie, hypertension, troubles du rythme allant jusqu’à l’arrêt cardiaque... ;
  • psychocomportementaux ou neurologiques : irritabilité, nervosité, anxiété, voire crises de panique, hallucinations, épilepsie.

A quoi ces effets indésirables sont-ils associés ?

A l’issue de l’analyse des cas de nutrivigilance et des données bibliographiques, la caféine de ces boissons a été considérée comme le facteur explicatif majeur.

La caféine, molécule naturellement présente dans plus de soixante plantes (café, thé, kola, guarana, maté…), est bien connue pour ses effets « excitants » et ses effets indésirables nombreux : anxiété, tachycardie, troubles du sommeil, etc.

Il existe dans la population générale une très grande variabilité de la sensibilité aux effets de la caféine. Une fraction non négligeable de la population française dépasse les seuils maximaux de caféine pour lesquels des effets indésirables peuvent apparaître.

Même si la caféine a un usage très ancien dans le monde entier, sa présentation sous forme de boissons dites énergisantes, phénomène en forte expansion, fait évoluer les modalités de consommation.

Comment éviter les effets indésirables associés à ces boissons ?

  • éviter de les consommer avant ou pendant une activité physique ;
  • ne pas les associer à l’alcool ;
  • éviter de consommer des boissons énergisantes si vous êtes une personne sensible : enfants, adolescents, femmes enceintes ou allaitantes, personnes présentant des troubles cardiovasculaires, des troubles hépatiques sévères, une pathologie neurologique, psychiatrique ou une insuffisance rénale…

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Depuis quand ces boissons sont-elles présentes sur le marché ?

Malgré plusieurs études estimant que la sécurité d’emploi de taurine et de D-glucuronolactone dans ces boissons n’était pas démontrée, leur commercialisation a été autorisée en 2008 en France.

En 2009, sur la base de nouvelles données toxicologiques transmises, l’Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (Efsa), concluait que « l’exposition à la taurine et à la D-glucuronolactone, aux niveaux actuellement utilisés dans les boissons « énergisantes », ne suscitait pas d’inquiétude sur le plan de la sécurité ».

Avis et rapports en lien avec l'article

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Nutrition humaine
Date de mise en ligne
01/10/2013
Numéro de saisine
2012-SA-0212
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Nutrition humaine
Date de mise en ligne
01/06/2001
Numéro de saisine
2000-SA-0246
Document PDF
Nutrition humaine
Date de mise en ligne
27/03/2001
Numéro de saisine
2000-SA-0191
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