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marianne anses

Les cahiers de la recherche

Notre dernier numéro : Cahier de la recherche n°16 : "Les contaminants chimiques seuls ou en mélange"- Comprendre où en est la recherche (pdf)

Depuis la fin du XXe siècle, il est devenu évident que les facteurs génétiques ne suffisent pas à expliquer l’augmentation de la prévalence d’un certain nombre de pathologies chroniques (asthmes et allergies, cancers, troubles métaboliques…). Ainsi, le rôle des expositions environnementales est, de plus en plus, mis en avant dans la genèse des maladies non transmissibles : pollution atmosphérique et maladies respiratoires, perturbateurs endocriniens et maladies métaboliques, produits phytosanitaires et cancer ou maladies neurodégénératives, etc.

Les substances chimiques d’origine synthétique auxquelles nous sommes exposées sont les plus incriminées ; elles peuvent, par exemple, être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Selon l’Eurobaromètre 2019, huit citoyens sur dix s’inquiètent « des effets des produits chimiques présents dans les produits de consommation courante ».

Pour répondre à ces préoccupations, le règlement REACh vise une meilleure connaissance des effets des substances chimiques sur la santé humaine et sur l’environnement. Il prévoit notamment l’évaluation des données techniques et scientifiques fournies par les producteurs ou importateurs d’une substance avant sa mise sur le marché européen. Ce qui nécessite de considérer, avec beaucoup d’attention, une à une, toutes les substances pour bien définir leur niveau de toxicité ou caractériser leurs propriétés dangereuses (relation dose-réponse, valeur toxicologique de référence, effet de seuil…).

Avec plus de 150.000 composés chimiques dans notre environnement quotidien, les expositions ne se limitent pas à un polluant unique – chacun étant exposé, dans son cadre de vie, à différentes substances. Quel en est l’impact sur notre santé ?... Outre les évaluations concentrées sur un produit (une famille de substances) ou sectorisées par milieu, l’Anses s’efforce de comprendre les liens entre notre environnement et notre santé. En effet, les substances présentes dans les organismes, proviennent non seulement de sources extérieures (air, eau, alimentation…) mais résultent aussi de processus internes (inflammation, stress oxydant, peroxydation lipidique, dégradation de la flore intestinale…). De ce point de vue, le concept d’exposome propose de considérer l’ensemble des expositions durant la vie entière d’un individu, ce qui peut sembler ambitieux, mais fait sens pour prévenir la survenue de maladies non transmissibles.

À partir de ce concept, les travaux de recherche et d’expertise s’orientent vers la recherche de biomarqueurs (« biomonitoring ») d’exposition ou d’effets, le développement de nouvelles méthodes et d’outils innovants (ex. modèles de prédiction mathématique) pour évaluer l’exposition cumulée et prévenir la survenue de maladies chroniques. Cette approche globale est l’une des priorités du 4ème Plan national santé environnement (2020-2024). Facilitée par les progrès des méthodes « omics » (métabolomic, protéomic, transcriptomic, epigénomic), elle met en lumière de nouvelles stratégies en faveur d’une recherche structurée et intégrée.

Roger Genet - Directeur général de l’Anses
 

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