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Les cahiers de la recherche

Notre dernier numéro : Cahier de la recherche n°13 : "Perturbateurs endocriniens" (pdf)

Pour réduire l’exposition de la population et de l’environnement aux perturbateurs endocriniens, la France est le premier pays à s’être doté d’une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE), mise en œuvre dans le plan national Santé-Environnement 2015-2019 (PNSE 3). Dans un contexte où l’incertitude sur les risques encourus, sur les mécanismes d’action et les effets de ces substances reste forte, la recherche est au cœur de la stratégie. Elle vise notamment à acquérir de nouvelles connaissances pour alimenter l’expertise dans ce domaine et développer des tests permettant de mesurer l’effet de ces substances sur les systèmes biologiques. Mobiliser la communauté scientifique sur la thématique de l’exposome chimique, auquel les perturbateurs endocriniens participent, constitue par ailleurs l’un des défis majeurs de la recherche dans le domaine de la santé environnementale pour les prochaines années.

Depuis 2014, l’Anses anime le programme national de recherche Environnement-Santé-Travail (PNR EST) inscrit dans la SNPE. Ce nouveau numéro des Cahiers de la Recherche est consacré à ces projets.

Le PNR EST a permis de soutenir plus d’une trentaine de projets de recherche sur le sujet des perturbateurs endocriniens, dont treize au cours de la seule année 2018 grâce à une enveloppe supplémentaire de deux millions d’euros. Il contribue au renforcement de l’expertise de l’Anses dans ses missions d’évaluation des risques et de conseil aux pouvoirs publics sur ces substances.

Les travaux d’expertise de l’Anses sur les perturbateurs endocriniens portent sur plusieurs familles de substances chimiques présumées toxiques, au titre de leur influence sur le système endocrinien comme les phtalates, les parabènes, les retardateurs de flamme ou les phénols. Emblématique de ces travaux, le bisphénol A est désormais interdit dans tous les matériaux en contact direct avec les denrées alimentaires[1].

Protéger la santé de tous et préserver l’environnement passe par la substitution, c’est-à-dire la recherche d’alternatives potentielles mobilisant d’autres substances, matériaux ou procédés. Pour certaines pistes d’alternatives encore au stade de la recherche et du développement, les informations scientifiques et techniques disponibles sont encore insuffisantes, ce qui doit inciter à la plus grande prudence en matière de substitution. Parmi les projets financés par le PNR EST présentés dans ces Cahiers de la Recherche, cinq portent ainsi sur la recherche de tests, destinés aux entreprises, aux agences réglementaires ou autres instituts, visant à vérifier l’innocuité des substituts. Ces nouvelles méthodes d’essais sont destinées ensuite à entrer dans une démarche de validation internationale, notamment par l’OCDE.

La recherche d’alternatives, qui nécessite une démarche volontariste de la part des industriels et distributeurs, est un domaine évolutif. Actualiser régulièrement les informations à ce sujet est donc nécessaire. Trois projets de recherche évoqués ici se penchent sur les alternatives potentielles au Bisphénol A, s’inscrivant dans la continuité des travaux d’expertise de l’Anses sur cette substance.

Ce numéro des Cahiers de la Recherche évoque encore plusieurs projets de recherche visant à améliorer les connaissances scientifiques sur des substances perturbateurs endocriniens ou susceptibles de l’être. L’un d’eux porte sur les retardateurs de flamme. Deux autres évaluent les effets des phtalates avec l’exploration d’une piste originale qui se penche, pour la première fois, sur les effets de ces substances sur l’antibiorésistance de deux bactéries pathogènes pour l’homme (P. aeruginosa et L. pneumophila).

Par ailleurs, comprendre les effets potentiels de l’environnement sur la santé des populations nécessite que des projets de recherche ne ciblent plus uniquement une substance spécifique mais prennent en compte les effets synergiques potentiels des mélanges de contaminants environnementaux. Deux projets de recherche évoqués dans ce numéro s’inscrivent d’ores et déjà dans cette vision intégrative appelée à se développer dans les années qui viennent.

Il convient de souligner que l’approche de plus en plus globale des dangers et des risques et l’introduction de nouveaux concepts comme l’exposome favorise les échanges entre des disciplines scientifiques comme la biologie fondamentale, l’endocrinologie, la neurologie, l’épidémiologie, la toxicologie, l’écologie, l’expologie, les sciences humaines et sociales. Cette mobilisation transversale de la communauté scientifique est particulièrement manifeste sur la thématique de la perturbation endocrinienne.

Pour aller plus loin et accompagner la prochaine Stratégie Nationale sur les Perturbateurs Endocriniens (SNPE 2), l’Anses en lien avec l’ANR et les alliances nationales de recherche, renouvellera son afin de soutenir la dynamique de recherche et l’innovation sur cette thématique sanitaire essentielle.

 

Dr Roger GENET

Directeur général, Anses

 

[1] Loi du 24 décembre 2012 adoptée suite à l’avis de l’Anses de septembre 2011.

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