Le moustique tigre

Originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est, le moustique tigre (Aedes albopictus) s’est adapté à divers environnements, et notamment au milieu urbain en profitant d’une multitude de récipients (vases, pots, bidons, gouttières…), dans lesquels il pond ses œufs dans de petites quantités d'eau. Anthropophile opportuniste, le moustique tigre aime se nourrir sur l’être humain.

Cette espèce invasive s’est répandue sur toute la planète : aujourd’hui, seul l’Antarctique est encore préservé. Cette expansion, liée principalement au commerce international, lui vaut d’être classé parmi les espèces les plus invasives au monde grâce à son adaptabilité aux régions ayant des hivers froids. En France métropolitaine, fin 2021, le moustique tigre est implanté dans 67 départements.

Pouvant transmettre à l’être humain des virus comme celui de la dengue, du chikungunya ou du Zika, le moustique tigre fait l’objet d’une surveillance par les autorités, en particulier à travers le site Signalement-moustique.

Comment distinguer le moustique tigre des autres moustiques ?

Silencieux et diurne : contrairement au moustique commun (Culex) qui a plutôt tendance à piquer la nuit et dont le vol est bruyant, le moustique tigre est diurne, c’est-à-dire qu’il pique plutôt le jour (principalement le matin et le soir) et silencieux.

De petite taille : Des rayures blanches et noiresle nom de « moustique tigre » peut facilement induire en erreur. De petite taille, le moustique tigre est plus petit qu’une pièce de 1 centime d’euro (soit moins de 0,5 centimètre) !

Rayé blanc et noir : là encore, son nom est trompeur puisque le moustique tigre n’est pas jaune et noir mais bien blanc et noir. Il est également caractérisé par la présence d’une ligne dorsale blanche le long de son thorax. Ses pattes sont également rayées.

 

Les moustiques tigres peuvent-ils transmettre des agents pathogènes à l'origine de maladies ?

Certains moustiques - moins de 400 parmi la diversité des 3500 espèces existantes -  peuvent être vecteurs d’agents pathogènes (virus, bactéries, parasites). Pour cela, le moustique doit d’abord s’infecter, en prélevant l’agent pathogène lors de son repas sanguin sur une personne ou un animal infecté. Une fois infectée, la femelle moustique (et uniquement elle) pourra transmettre l’agent pathogène à un sujet sain lors d’un nouveau repas sanguin. Il faut plusieurs jours pour qu’un moustique devienne infectant, c’est-à-dire que le virus franchisse la barrière digestive, se multiplie et passe dans sa salive. Un moustique n’injecte pas directement le sang qu’il a pris sur un précédent hôte et n’est pas capable de transmettre n’importe quel agent pathogène.

Les maladies dues aux moustiques vecteurs telles que le paludisme, la fièvre jaune, la dengue ou la fièvre du Nil Occidental constituent un enjeu majeur de santé publique.

Le moustique tigre peut être vecteur de nombreux virus comme ceux de la dengue, du Zika ou du chikungunya. À ce jour, ces virus ne circulent pas activement en France métropolitaine. Néanmoins, la survenue de cas secondaires dits « autochtones » (contractés sans voyage) peuvent se déclarer suite au retour de cas « importés ». Des personnes porteuses du virus en provenance de l’étranger peuvent en effet transmettre le virus à une autre personne à l’occasion d’une piqûre de moustique tigre.

En France métropolitaine, à ce jour, les autres moustiques représentent essentiellement une source de nuisance ou d’inconfort.

Dans quels lieux prolifèrent-ils ?

Particulièrement résistant et adapté à l'environnement humain, le moustique tigre se développe préférentiellement dans des environnements péri-urbains ainsi que dans des zones urbaines très denses.

La femelle pond dans toutes sortes de récipients et réservoirs d’eau artificiels : vases, pots, fûts, bidons, rigoles, avaloirs pluviaux, gouttières, terrasses sur plots, vieux pneus…Une femelle moustique pouvant pondre plusieurs centaines d’œufs à chaque ponte, et les femelles de certaines espèces pouvant effectuer plusieurs pontes durant leur vie, l’effort d’élimination des lieux de ponte est essentiel. 

Les moustiques tigres sont dits « exophiles », c’est-à-dire qu’ils vivent majoritairement à l’extérieur, ils peuvent néamoins rentrer dans les maisons pour piquer une personne.

Comment prévenir leur prolifération à l'échelle individuelle ?

Pour éviter la prolifération de cette espèce, il faut :

Détruire les lieux de ponte :

  • videz régulièrement ou supprimez les coupelles sous les pots de fleurs, vases… ou remplissez-les de sable afin de conserver l’humidité sans qu’il y ait d’eau stagnante ;
  • videz puis retournez, ou mettez à l’abri de la pluie les seaux, le matériel de jardin, et les récipients divers ;
  • recouvrez les bidons de récupération d’eau à l’aide d’un filet moustiquaire ou de tissu ;
  • introduisez des poissons dans les bassins d’agrément : ils mangeront les larves de moustiques.

Eliminer les lieux de repos du moustique :

  • le moustique tigre se repose principalement dans la végétation. Entretenir son jardin, élaguer les arbres, débroussailler les haies et les herbes hautes, éviter le stockage de débris végétaux permet de limiter les lieux de repos du moustique tigre ;
  • favoriser le développement des prédateurs des moustiques : soutenir le développement des populations d’oiseaux insectivores (hirondelles…), des chauves-souris insectivores (rendement pouvant dépasser les 500 moustiques par nuit), sans oublier les libellules insectivores aux stades larvaires et adultes.

> Télécharger notre infographie "Moustique tigre : nous avons tous un rôle à jouer ! " (PDF)

Pourquoi et comment signaler la présence du moustique tigre ?

Vous pouvez également contribuer à la surveillance du moustique tigre en signalant sa présence sur le site signalement-moustique.fr.

Créé en 2014 à la demande du ministère de la santé et géré par l’Anses depuis 2018, ce site internet a pour objet la détection précoce de la présence du moustique tigre. Grâce aux signalements effectués par les citoyens, la liste des communes colonisées en France métropolitaine est régulièrement actualisée. Les données collectées permettent aux autorités sanitaires de mettre en place des mesures de lutte adaptées et ciblées en cas d’arbovirose (maladie causée par un virus transmis par un moustique), en fonction de la présence du moustique tigre sur le territoire concerné.

Avant de signaler un moustique tigre sur le site dédié, vous devez disposer d’une photographie du moustique ou d'un spécimen permettant son identification (par envoi d’un échantillon à l’opérateur en charge de la démoustication dans votre région le cas échéant).

Une fois cette condition remplie, pour vérifier que vous êtes bien en présence d’un moustique tigre, il vous faudra répondre aux trois questions ci-dessous. Le cas échéant, vous pourrez ajouter votre signalement.

  1. Le moustique est-il de petite taille ? Une taille inférieure à 0,5 cmLe nom de « moustique tigre » peut en effet facilement induire en erreur. De petite taille, le moustique tigre est plus petit qu’une pièce de 1 centime d’euro (soit moins de 5 millimètre)

  2. Quelle est sa couleur ? Là encore, son nom est trompeur puisque le moustique tigre n’est pas jaune et noir mais bien blanc et noir. Il est également caractérisé par la présence d’une ligne blanche le long de son thorax.

  3. Le moustique dispose-t-il de cinq anneaux d'écailles blanches sur les pattes postérieures et d'une ligne dorsale blanche sur le thorax ? Les pattes postérieures du moustique tigre sont noires et ont cinq anneaux d’écailles blanches. De plus, la partie dorsale du thorax est couverte d’écailles noires chez le moustique tigre. Au milieu se trouve une ligne droite bien visible d’écailles blanches (ligne médiane). Les moustiques qui ont plus d’une ligne d’écailles sur le thorax ou d’autres motifs de couleur brune ou dorée ne sont donc pas des moustiques tigres.

Quelles actions sont mises en place par les autorités ?

Pour prévenir et gérerles risques liées aux maladies vectorielles, les autorités mettent en place des actions de surveillance et de lutte anti-vectorielle.

La surveillance dite « entomologique » permet de détecter l’arrivée du moustique tigre et de suivre son extension sur le territoire. Ce dispositif de surveillance comprend des réseaux de pièges pondoirs, installés dans des zones à risque élevé d’importation du moustique tigre (comme les zones portuaires), le long des axes de communication ou dans des communes où le moustique n’a pas encore été identifié. Cette surveillance dite entomologique « active » est réalisée par les opérateurs en charge de la lutte anti-vectorielle. En 2018, un total de 4 006 pièges pondoirs - seau noir contenant de l’eau, un support de ponte et un larvicide - ont ainsi été répartis en France métropolitaine.

Depuis 2014, cette surveillance active est complétée par une surveillance entomologique « passive » qui permet à l’ensemble de la population de signaler la présence du moustique tigre sur le site Signalement moustique. Lorsqu’un signalement provient d’une zone jusqu’alors non colonisée par le moustique, la validation du signalement peut conduire à compléter les observations du dispositif de surveillance entomologique active, en installant des pièges pondoirs dans cette nouvelle zone.

La lutte anti-vectorielle (LAV) : elle vise à réduire ou à interrompre la prolifération des moustiques vecteurs d’agents pathogènes en éliminant les gîtes larvaires et les moustiques adultes afin de diminuer le risque de propagation de virus (et le nombre de malades). Lorsqu’un cas d’arbovirose est déclaré aux autorités, des actions de lutte anti-vectorielle appropriées sont mises en œuvre par les autorités en fonction des résultats de la surveillance. La lutte anti-vectorielle est sous la responsabilité des Agences Régionales de Santé (ARS).

Comment savoir si j'ai été piqué par un moustique tigre ?

La sensation de démangeaison se fait sentir rapidement et s'intensifie pendant plusieurs minutes après la piqûre. Elle provoque généralement un bouton ressemblant à une cloque un peu plate, comme une ampoule, de 5 millimètres à 2 centimètres de diamètre, un peu plus claire que la couleur de la peau, circulaire, avec un halo rouge pouvant s’élargir selon la réaction de la peau de certaines personnes. Le bouton est généralement dur, chaud et douloureux.

La piqûre du moustique tigre gratte quasiment instantanément, puis les démangeaisons disparaissent. Elles peuvent néanmoins réapparaître pendant plusieurs jours en cas de variation de température (après une douche par exemple).

Comment se protéger des piqûres de moustique ?

  • portez des vêtements longs, amples et clairs ;
  • utilisez des répulsifs cutanés en suivant les précautions d’emploi indiquées. Pour plus d’informations, vous pouvez également demander conseil à votre pharmacien ou à votre médecin ;
  • utilisez des moustiquaires.

> Télécharger notre infographie "Moustique tigre : nous avons tous un rôle à jouer ! " (PDF)

Attention aux bracelets anti-moustique

Les bracelets répulsifs contiennent des substances chimiques. Plusieurs cas de brûlures à la suite d’un contact accidentel de la peau ou des muqueuses avec les subtances présentes dans ces bracelets ont été enregistrés par les centres antipoison. L'Agence recommande de proscrire le port de ces bracelets chez les nourrissons et les jeunes enfants.

Pourquoi la femelle moustique pique-t-elle ?

Chez les moustiques, seule la femelle pique. La piqûre intervient après l’accouplement, une fois la femelle fécondée. Le sang prélevé lors de la piqûre constitue une source de protéines pour permettre le développement des œufs. Selon les espèces, les femelles sont attirées par un mammifère, un oiseau ou même des animaux à sang froid comme les grenouilles et les serpents. Le moustique tigre préfère le sang humain, on dit qu’il est « anthropophile ».

Le moustique ne se nourrit pas que de sang ! L’alimentation des moustiques est principalement faite de nectar de fleur, qui est la seule source de nourriture des moustiques mâles.

Pourquoi la piqûre de moustique démange-t-elle ?

Lorsqu’un moustique pique, sa trompe pénètre très rapidement la peau à la recherche d’un vaisseau sanguin. Au moment de la piqûre, la femelle moustique injecte de la salive qui contient des substances anesthésiantes (il est vital pour elle de passer inaperçu) et anticoagulantes (pour fluidifier le sang dans sa trompe). Ce sont ces substances contenues dans la salive qui causent une irritation, qui est en fait une réaction inflammatoire, variable entre les individus et qui peut se traduire visuellement par un bouton.

Pourquoi certaines personnes sont-elles piquées plus que d'autres ?

Certaines personnes semblent attirer plus les moustiques que d’autres. Il existe des prédispositions génétiques à attirer les moustiques mais c’est surtout l’état physiologique des personnes qui fait la différence dans l’attraction.

Les moustiques ont un système olfactif assez performant et sont sensibles à de nombreux signaux, comme l’odeur des bactéries présentes à la surface de la peau. Ainsi, lorsque la chaleur du corps augmente (c’est le cas des femmes enceintes, des personnes ayant de la fièvre ou encore de celles ayant bu de l’alcool), la production de bactéries et de composés aromatiques s'accroît, rendant la peau plus appétissante car plus odorante.

La femelle moustique est aussi sensible au gaz carbonique (CO2) produit par la respiration, ainsi qu’aux couleurs : les moustiques préfèrent les couleurs sombres.  

Que fait l'Anses sur les moustiques  ?

Au sein de la Direction de l’évaluation des risques, l’Anses réalise des expertises pour mieux comprendre les risques liés à la transmission d’agents pathogènes responsables de maladies vectorielles. Elle évalue également des stratégies de lutte antivectorielle (LAV), leur efficacité et leurs impacts, et peut être amenée à recommander des mesures de prévention et de lutte adaptées à différents contextes.

A travers son Laboratoire de santé animale, l’Anses est impliquée dans l’identification globale d’agents pathogènes transmis par les moustiques, la recherche de nouvelles approches taxinomiques : description, regroupement, classification des différentes espèces de moustique) et l’analyse des interactions entre les moustiques et certaines espèces animales (comme le cheval par exemple).

L’Anses gère également le site Signalement-moustique.

Pour en savoir plus sur les missions d’expertise et de recherche de l’Anses relatives aux vecteurs, consulter notre article dédié

Envie d'en savoir plus sur les moustiques et tout ce qui pique ?

Découvrez notre podcast d'anticipation intitulé Zootopique et écoutez notre épisode sur les moustiques, les tiques et tout ce qui pique, pour savoir comment la science d'aujourd'hui anticipe les risques de demain.