Bronzage artificiel : attention aux idées reçues

L’exposition aux rayonnements ultraviolets artificiels présente un risque avéré de cancers de la peau. Au regard de l'essor de la pratique du bronzage artificiel, on fait le point pour démêler le vrai du faux.

Le bronzage artificiel est cancérigène : VRAI

Les rayonnements UV artificiels sont classés cancérogènes certains pour l’Homme par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) depuis 2009. De nombreuses expertises ont démontré l'augmentation significative du risque de cancer, notamment de mélanome cutané, provoqué par le bronzage en cabine. 

 

Pratiqué occasionnellement, le bronzage artificiel ne présente pas de risque : FAUX

Aucune valeur limite d’irradiance ou de dose ne peut être fixée pour protéger les utilisateurs. Autrement dit, une séance de bronzage peut suffire à provoquer un cancer.

 

Le risque est plus important chez les jeunes : VRAI

En France, on estime que 43 % des cas de mélanomes chez les jeunes sont attribués à une utilisation des cabines de bronzage avant l’âge de 30 ans. Les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans augmentent de 59 % le risque de développer un mélanome cutané. Les mélanomes cutanés représentent l’une des premières causes de mortalité chez les moins de 35 ans.

 

Le bronzage artificiel est plus sécurisé que l’exposition au soleil : FAUX

L’utilisateur peut ressentir, à tort, un sentiment de sécurité car cette technique est moins fréquemment associée à l’apparition d’un coup de soleil et n’entraîne pas de sensation de chaleur. Si bien que lors d’expositions prolongées aux UV artificiels, des accidents de brûlures cutanées pouvant s’étendre à 90 % de la surface corporelle ont été rapportés.

 

Le bronzage artificiel prépare la peau au soleil et protège des coups de soleil : FAUX

La pigmentation acquise après exposition aux cabines UV n’est pas associée à un épaississement de l’épiderme et suit un mécanisme différent de celui du bronzage naturel. Elle ne constitue donc pas une protection efficace contre les expositions ultérieures au soleil et peut même donner, à tort, un sentiment de sécurité incitant les utilisateurs à ne plus respecter les principes de prévention solaire adéquats.

 

Le bronzage artificiel peut être utilisé pour lutter contre la dépression saisonnière : FAUX

Les bienfaits du soleil sur le moral et son rôle positif pour la prise en charge de la dépression saisonnière relèvent exclusivement de la lumière visible (luminothérapie). L’allégation selon laquelle le bronzage artificiel pourrait être utilisé contre la dépression saisonnière ne repose sur aucun fondement scientifique.

 

Le bronzage artificiel peut être utilisé comme source de vitamine D : FAUX

Etant donné le risque cancérogène avéré et les nombreux effets secondaires à très court terme liés à l’exposition aux UV artificiels, l’utilisation de cabines de bronzage pour couvrir les besoins physiologiques en vitamine D ne peut se justifier. Deux voies permettent de couvrir les besoins quotidiens en vitamine D :

  • L’exposition au soleil : 15 à 20 minutes en fin de matinée ou dans l’après-midi,
  • La consommation d’aliments riches en vitamine D comme les poissons gras, certains champignons, le jaune d’œuf… 

 

Le bronzage artificiel a des effets protecteurs prouvés sur certains cancers non cutanés : FAUX

À ce jour, les études épidémiologiques disponibles ne permettent pas de démontrer un effet protecteur de l’exposition solaire sur certains cancers non cutanés (sein, côlon, prostate).

 

Le bronzage artificiel présente d’autres effets délétères que les cancers : VRAI

L’exposition aux UV artificiels accélère le vieillissement de la peau. Il est quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage qu’avec le soleil !  

Mélanome, carcinome : quelle différence ?

Les carcinomes sont les cancers de la peau les plus fréquents. Ils sont le plus souvent dus à une exposition au soleil excessive et chronique.

Le mélanome cutané est beaucoup plus rare que le carcinome mais c’est le cancer de la peau le plus grave du fait sa capacité à se propager rapidement à d'autres parties du corps.