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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

Etat des lieux sur les risques sanitaires liés aux activités des sapeurs-pompiers

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Actualité du 18/10/2019

Au quotidien, les pompiers sont exposés à une multitude de facteurs de risque : exposition à des substances chimiques généralement issues des produits de combustion lors des feux, à des agents biologiques ou encore physiques. Ils sont également confrontés à des contraintes organisationnelles, comme le travail en horaires décalés, et psychosociales, incluant une exposition aux violences. L’Anses dresse un état des lieux sur la question des risques sanitaires liés aux activités des sapeurs-pompiers et fait le point sur les mesures de prévention. L’Agence souligne l’intérêt de centraliser les données de surveillance de santé et de poursuivre le suivi médical des sapeurs-pompiers après la cessation de leur activité professionnelle afin d’améliorer les connaissances sur leur santé, leurs expositions et identifier les activités les plus à risques. Elle pointe par ailleurs la nécessité de mieux prendre en compte les risques chroniques encourus par les sapeurs-pompiers suite à une exposition pendant et après les interventions de lutte contre l’incendie.

Dans une approche de prévention globale des risques encourus par les pompiers, l’Anses a réalisé une synthèse des mesures de prévention préconisées dans les rapports issus de différents organismes de sécurité sanitaire au niveau national et international. Une consultation internationale et un ensemble d’auditions de parties prenantes, d’acteurs de santé et de la prévention chez les sapeurs-pompiers ont également été réalisées dans le cadre de ces travaux.

 

Les pompiers : une profession à risques multiples

En France, les 248 000 sapeurs-pompiers sont en majorité des volontaires, puis des professionnels et des militaires. Leurs activités concernent très majoritairement le secours aux victimes, puis la lutte contre les incendies, les accidents de circulation, etc. Les interventions contre l’incendie ne représentaient en 2017 que 7 % de leurs interventions. 

Au-delà des risques liés à l’inhalation de fumées toxiques lors des incendies et de la pénibilité physique du métier, les pompiers sont également confrontés à d’autres expositions : les virus, les bactéries, les moisissures, ou encore le bruit, des températures et pressions extrêmes. Ils sont également soumis à des contraintes organisationnelles comme le travail de nuit ou en horaires décalés, à des contraintes psychosociales et doivent parfois faire face à des violences. La multiplicité de ces expositions peut contribuer à l’augmentation des accidents et au développement de pathologies.

 

Mieux prendre en compte les risques chimiques et les contraintes organisationnelles et psychosociales

Les mesures de prévention actuelles concernant le risque chimique sont essentiellement centrées sur la phase active de la lutte contre l’incendie. Or le risque d’exposition à des émanations toxiques est toujours présent même lorsque l’incendie est éteint, pendant les phases de surveillance, d’enquête, de déblai et y compris lors du retour en caserne, par la contamination des équipements, du matériel ou des véhicules, par les suies et les eaux d’extinction. La prise en compte des risques chroniques encourus par les sapeurs-pompiers pendant et après les interventions de lutte contre l’incendie doit ainsi être renforcée.

Les risques liés aux contraintes organisationnelles, parmi lesquelles le travail de nuit ou en horaires décalés ainsi que les risques psychosociaux ne doivent pas être négligés. L’Anses a publié en 2016 une évaluation des risques sanitaires liés à ces contraintes de travail où elle recommandait l’optimisation des modes d’organisation du travail de nuit, afin d’en minimiser les impacts sur la vie professionnelle et personnelle.

S’agissant plus spécifiquement des risques psychosociaux, l’Agence constate que certains pompiers s’engagent pour une activité principalement liée à la lutte contre l’incendie et vivent mal la réalité du métier, où la majorité des interventions correspond à du secours d’urgence aux personnes. Ce décalage dans la perception du métier peut conduire à une certaine souffrance au travail. Plusieurs pistes de réflexion ont été évoquées comme l’amélioration de l’information lors du recrutement ou l’instauration d’une réflexion sur l’organisation des métiers au sein des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), établissements où séjournent les pompiers.

 

Renforcer le suivi épidémiologique, la traçabilité des expositions et adapter les organisations

Il existe peu d’études épidémiologiques sur la santé des sapeurs-pompiers. Les données issues des dossiers médicaux disponibles notamment dans les SDIS indiquent principalement des atteintes ostéo-articulaires et/ou musculaires, des contusions ou hématomes. Par ailleurs, les données du Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) font état notamment de pathologies respiratoires et des atteintes psychiques telles que des épisodes dépressifs ou anxieux.

L’Agence recommande la mise en place d’une base de données permettant de centraliser les données de surveillance médicale des sapeurs-pompiers professionnels, militaires et volontaires, ainsi que le suivi de leurs activités, qui permettrait d’améliorer les connaissances sur la santé des sapeurs-pompiers français, la traçabilité des expositions et d’identifier les activités les plus « à risques ». Il est important que cette base de données puisse intégrer le cumul des différentes activités des sapeurs-pompiers professionnels exerçant également des activités de sapeurs-pompiers volontaires lorsque c’est le cas.

Enfin, l’Agence recommande également de s’assurer de la mise en place effective d’un suivi médical post-professionnel des sapeurs-pompiers afin de mieux prévenir les risques à plus long terme après la cessation de leurs activités.