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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
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Mis à jour le 13/12/2019

Impact des biocides sur la stabilité des antibiotiques dans les eaux d'abreuvement

L'eau d'abreuvement est un vecteur intéressant pour le traitement collectif des animaux. Ces eaux de boisson sont fréquemment désinfectées par des biocides pour garantir leur qualité sanitaire. Ceux-ci peuvent avoir un impact sur la stabilité de certains antibiotiques dans les eaux d'abreuvement des porcs, des volailles et des lapins et nuire à la bonne observance du traitement.

L’étude de la compatibilité et de l’impact des biocides désinfectants sur la stabilité des médicaments vétérinaires administrés dans l’eau de boisson n’est pas exigée actuellement par les lignes directrices européennes concernant le contenu des dossiers d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). 
Le projet CABALE (financé par le plan EcoAntibio 2017) a été élaboré pour approfondir les connaissances concernant l’impact des biocides sur la stabilité des antibiotiques administrés dans l’eau de boisson pour les filières porcine, avicole et cunicole. Ce projet piloté par l’Anses-ANMV et Laboratoire de Fougères avec l’Ifip (Institut du porc), l’ITAVI (Institut technique de l'aviculture) et la SNGTV (Société nationale des groupements techniques vétérinaires), a  étudié la stabilité de sept substances actives antibiotiques contenues dans 10 médicaments vétérinaires différents.
Le risque de détitrage a été évalué en présence de 2 biocides, l’hypochlorite de sodium ou le peroxyde d’hydrogène (cf article cadre). 

Le peroxyde d’hydrogène à 50 ppm n’a impacté significativement la stabilité que d’une seule substance active, l’amoxicilline. 
En revanche, la stabilité de tous les antibiotiques testés a été significativement affectée par l’hypochlorite de sodium (0,5 ppm de chlore actif) en eau « dure », sauf les sulfamides-trimétoprime.  En eau douce, la chloration n’a cependant posé aucun problème sauf pour la colistine après dilution au 20ème. 
Il est donc essentiel de connaître et maîtriser la qualité de l’eau de boisson avant toute introduction de traitement. 

Ces travaux ont amené à définir et rappeler certaines recommandations pratiques (pdf) à l’attention des prescripteurs.