Formulaire de recherche

anses

Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

L'article a été ajouté à votre bibliothèque

Mis à jour le 20/08/2018

La fièvre aphteuse

Une maladie ancienne mais qui reste une menace sérieuse pour la santé animale

Mots-clés : Fièvre aphteuse, Maladies animales, Santé animale

La fièvre aphteuse est une maladie animale virale non transmissible à l’homme. Très contagieuse, elle reste l’une des préoccupations majeures des éleveurs et des autorités sanitaires et peut avoir des répercussions socio-économiques considérables. Détail des travaux réalisés par l’Agence sur cette maladie.

La fièvre aphteuse est une maladie animale virale non transmissible à l’homme. Très contagieuse, elle affecte les animaux de la famille des Artiodactyles domestiques (bovins, ovins, caprins, porcins, …) et sauvages (cervidés, antilopes, lamas…). Bien que connue de longue date, cette maladie reste l’une des préoccupations majeures des éleveurs et des autorités sanitaires. Elle peut avoir des répercussions socio-économiques considérables notamment dans le secteur agricole.

Du fait des pertes économiques qu’elle entraine, la fièvre aphteuse figure parmi les pathologies majeures affectant la production et le commerce international des denrées d’origine animale, la sécurité alimentaire et le développement économique, tant au niveau des petits éleveurs que dans les filières de production plus organisées. 

 

Description de la maladie

L’agent pathogène responsable de la fièvre aphteuse est un virus de la famille des Picornaviridae. On distingue 7 types de ce virus au plan immunologique et génétique, chacun d’entre eux présentant plusieurs sous-types.

Il se transmet directement d'animal à animal ou par contacts indirects (matériel contaminé, produits animaux, interventions humaines d'un secteur infecté vers un secteur indemne). Il peut également être transporté par le vent sur des distances très importantes à partir d’un élevage infecté.

L’infection se fait par les voies respiratoires. La période d’incubation varie en moyenne de deux à sept jours.

La maladie se caractérise par l’apparition de lésions (vésicules) au niveau du museau, de la langue, des lèvres, de la cavité orale, des espaces interdigités, au-dessus des onglons, sur les trayons et aux points de compression sur la peau. Très fréquemment les animaux infectés présentent une fièvre (hyperthermie), une dépression, une hypersalivation, une perte d’appétit et de poids, et une chute de la production de lait.

 

Situation épidémiologique

La maladie est présente de façon persistante et permanente (endémique) dans la majeure partie de l’Afrique et du Moyen-Orient et dans certaines parties de l’Asie et de l’Amérique du Sud. Les pays indemnes ne sont pas à l’abri d’une incursion de la maladie en provenance de pays infectés voisins ou même éloignés. A titre d’exemple, la réapparition de la fièvre aphteuse en Europe en 2001, qui a touché plus particulièrement le Royaume Uni et qui restera parmi les exemples les plus dévastateurs de l’histoire. A la même année, deux foyers ont été identifiés en France ce qui a entrainé l’abattage de près de 50 000 animaux et des conséquences économiques importantes.

Devant cette menace, une stratégie de lutte internationale a été initiée en 2009 par l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) dans le cadre du Plan-cadre mondial pour la lutte progressive contre les maladies animales transfrontalières signé par les deux partenaires en 2004. Cette stratégie de lutte mondiale contre la fièvre aphteuse est considérée comme une priorité internationale.

 

Le rôle de l'Anses

Le laboratoire de santé animale de Maisons-Alfort exerce une importante activité de référence et d'expertise sur la fièvre aphteuse.

Il mène également une activité de recherche de qualité réalisée en collaboration avec d'autres organismes et labellisée par le ministère de la recherche.

Il dispose d’installations confinées, répondant aux normes de biosécurité de l’OIE et de la Commission Européenne de lutte contre la fièvre aphteuse (EuFMD), dédiées à ses activités et équipées de matériels scientifiques nécessaires.

Laboratoire National de Référence pour la fièvre aphteuse et les maladies vésiculeuses associées (maladie vésiculeuse du porc, stomatite vésiculeuse)

Le laboratoire détient le mandat de Laboratoire National de Référence pour la fièvre aphteuse et les maladies vésiculeuses associées (maladie vésiculeuse du porc, stomatite vésiculeuse).

  • Il assure le diagnostic de la fièvre aphteuse et en particulier le diagnostic d’urgence en cas de suspicion, l’expertise et la veille scientifique et épidémiologique. Il dispose d’une cellule d’alerte 24h/24h. Des analyses capacitaires à mobiliser les ressources en cas de crise sont conduites avec différents systèmes de modélisation. 
  • Il apporte un appui scientifique et technique au contrôle de cette maladie et mène des travaux de recherche visant à améliorer les outils de détection et de caractérisation du virus.
  • Il anime un réseau de cinq laboratoires départementaux agréés pour le diagnostic sérologique. En cas de crise sanitaire majeure, des analyses sérologiques de la fièvre aphteuse pourront être décentralisées dans ces cinq laboratoires.
  • Enfin, il participe par son expertise aux exercices d’alertes organisés chaque année sur le territoire.

Des activités de recherche sont également menées sur le virus de la fièvre aphteuse par le LNR (dont certaines en collaboration avec des laboratoires européens et internationaux) dans l’objectif de prévenir les risques et toujours mieux faire face à d’éventuelles crises sanitaires en développant des nouvelles approches vaccinales en partenariat.

Mandat de référence de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE)

Depuis 2015, le laboratoire de santé animale de Maisons-Alfort détient le mandat de référence de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE)

Ce mandat amène notamment l’Anses à :

  • utiliser, promouvoir et diffuser les méthodes de diagnostic validées selon les standards de l’OIE auprès d’autres laboratoires à l’échelle internationale ;
  • développer le matériel de référence selon les prescriptions de l’OIE, et mettre en œuvre et promouvoir l’application des normes de l’OIE ;
  • conserver et distribuer aux laboratoires nationaux des pays membres de l’OIE les produits biologiques de référence et tout autre réactif utilisé pour le diagnostic et le contrôle de la fièvre aphteuse ;
  • développer, standardiser et valider selon les normes de l’OIE, de nouvelles méthodes de diagnostic et de contrôle de la maladie ;
  • fournir des services de diagnostic et, si nécessaire, fournir des conseils scientifiques et techniques sur les mesures de contrôle aux Pays membres de l’OIE ;
  • collecter, traiter, analyser, publier et diffuser les données épidémiologiques pertinentes sur la fièvre aphteuse ;
  • établir et animer un réseau avec les autres laboratoires de référence de l’OIE désignés pour la fièvre aphteuse, et organiser régulièrement des essais inter laboratoires pour assurer la comparabilité des résultats.
Laboratoire de référence de l’Union européenne (LRUE) pour la fièvre aphteuse

Le Laboratoire de santé animale de Maisons-Alfort, en association avec le Centre d'Étude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques belge (CERVA), a également été désigné Laboratoire de référence de l’Union européenne (LRUE) pour la fièvre aphteuse au 1er janvier 2019. Ce nouveau mandat européen va entrainer une très forte présence à l’internationale (Asie, Afrique et potentiellement Amérique latine). 

Centre de référence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour la fièvre aphteuse et les maladies vésiculeuses.

Enfin, le laboratoire de santé animale de Maisons-Alfort  a été désigné Centre de référence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour la fièvre aphteuse et les maladies vésiculeuses.

Deux scientifiques du laboratoire de santé animale sont membres du groupe de recherche de l’EuFMD et participent à plusieurs missions d’appui technique et de formation pour les pays d’Afrique, d’Asie et du Maghreb. Le laboratoire reçoit des étudiants et des stagiaires français et étrangers pour des formations aux méthodes de diagnostic.