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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
et du travail

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Mis à jour le 10/06/2016

Algues vertes et santé animale

Evaluation de la toxicité du sulfure d'hydrogène (H2S) chez l'animal

Mots-clés : Algues vertes

Chaque été, depuis plus de 30 ans, des plages du littoral français sont touchées par des échouages massifs d’algues vertes. Ces dépôts d’algues entraînent des dégagements importants de gaz lors de leur putréfaction, contenant notamment du sulfure d’hydrogène (H2S), et exposant potentiellement les promeneurs, les riverains, les travailleurs chargés de leur ramassage, les animaux de passage à des risques sanitaires. En juillet 2011, la découverte de cadavres d'animaux sauvages dans l'estuaire du Gouessant, a conduit le ministère chargé de l'agriculture à saisir l’Anses pour déterminer les causes de leur mort et l’existence possible d’un lien entre les émanations d' H2S sur le site et leur décès. Détail des travaux de l’Agence sur ce sujet.

Des épisodes de prolifération massive de macro-algues sur les côtes et les plages européennes ont été rapportés dans la littérature scientifique dès 1905 (Côtes irlandaises). Depuis ces quarante dernières années, ce phénomènen’a cessé de s’amplifier. La prolifération de ces algues est principalement liée à la présence de nitrates, apportées par les activités humaines (agriculture notamment), dans les eaux et à la configuration topographique du littoral (baies).

Une fois échoués sur les plages, ces dépôts massifs d’algues entraînent, par leur putréfaction, des dégagements importants de gaz, notamment de sulfure d’hydrogène (H2S) qui peuvent être à l’origine de nuisances olfactives et de troubles sanitaires pour les promeneurs ,les riverains et les animaux de passage.

En été 2011, des cadavres d'animaux sauvages (trente-six sangliers, trois ragondins et un blaireau) ont été découverts sur la plage de Morieux et sur les berges de l'estuaire du Gouessant (Côtes-D’armor [22]). Des examens de laboratoire ont été réalisés sur les cadavres d’animaux ainsi que dans le milieu environnant.

Au vu des résultats d’analyses, l'Anses a été saisie par la Direction générale de l'alimentation d'une demande d'avis relatif à la toxicité du sulfure d'hydrogène chez l'animal et au lien possible entre la présence d' H2S sur le site et la mort des animaux.

Le travail de l’Agence

Pour analyser les éléments disponibles, l'Anses a mis en place, en urgence, un groupe d'expertise collective rassemblant des spécialistes en toxicologie, en faune sauvage, en pathologie animale, en techniques de laboratoire et en environnement.

Au regard de l'ensemble des données disponibles, l’Agence a considéré que l'hypothèse d'une intoxication par le sulfure d'hydrogène (H2S) était la plus probable, sans pouvoir néanmoins affirmer qu'il s'agissait du seul facteur contributif de la mortalité massive. L'Anses a recommandé des travaux complémentaires et a souligné que les enjeux sanitaires associés à la décomposition d'algues vertes et à la production d'H2S dans les vasières devraient également conduire à explorer les émissions gazeuses des fonds d'estuaires et des lits de certaines rivières.