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Anses - Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail

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Mis à jour le 24/08/2016

Bisphénol A

Travaux de l’Anses sur les usages et effets, recommandations

Mots-clés : Bisphénol A (BPA), Perturbateurs endocriniens, Substitution (substances chimiques dangereuses), Contaminants de l'alimentation, Matériaux au contact des aliments (MCDA), Risques chimiques

Le bisphénol A est une substance chimique de synthèse. L’Anses a identifié, en France, près d’une soixantaine de secteurs d’activité potentiellement utilisateurs de cette substance. Ses travaux sur les usages et les effets sanitaires du bisphénol A l’ont conduit à recommander en septembre 2011 une réduction des expositions de la population, notamment par sa substitution dans les matériaux au contact des denrées alimentaires. En septembre 2012, elle a aussi proposé au niveau européen, dans le cadre de la réglementation CLP, un classement plus sévère du bisphénol A en tant que toxique pour la reproduction. Il a été adopté courant mars 2013 par le Comité d’Evaluation des Risques (RAC) de l’Agence européenne des substances chimiques (ECHA). Par ailleurs, en avril 2013, l’Agence a publié les résultats de l’évaluation des risques sanitaires associés au bisphénol A. Ce travail est accompagné de trois autres rapports : un état des lieux des alternatives potentielles au bisphénol A, une évaluation des dangers d’autres composés de la famille des bisphénols et un rapport sur les incertitudes entourant les perturbateurs endocriniens.

Qu’est-ce que le bisphénol A ? Où le trouve-t-on ?

Le bisphénol A est une substance chimique de synthèse utilisée depuis plus de 50 ans. Ses deux principales utilisations sont la fabrication de plastique de type polycarbonate et celle de résines époxydes. Il est aussi utilisé comme composant d’autres polymères et résines (polyester, polysulfone, résines vinylesters…) et intervient dans la synthèse de certains retardateurs de flamme et comme révélateur dans les papiers thermiques.

L’Anses, dans le cadre de ses travaux, a réalisé une étude de filières en 2011 dont l’objectif était d’identifier de manière plus systématique les secteurs d’activité et in fine les produits et articles de consommation concernés par l’utilisation de bisphénol A. Elle a identifié près d’une soixantaine de secteurs potentiellement utilisateurs de cette substance en France et a listé de manière non exhaustive des usages, articles et préparations susceptibles de contenir du bisphénol A (câbles, mastics, adhésifs, récipient à usage alimentaire ou non, optiques de phares, articles de sports,, fluides de freinage, fluides caloporteurs, matériel d’installation électrique, appareils électroménagers, dispositifs et appareils médicaux, encres d’imprimerie...), montrant ainsi qu’une très grande diversité de types de produits et d’articles étaient concernés.

 

Usages et effets sanitaires du bisphénol A

Dans les rapports relatifs aux effets sanitaires et aux usages du bisphénol A (septembre 2011), l’Anses a conclu à l’existence d’effets avérés chez l’animal (effets sur la reproduction, sur la glande mammaire, sur le métabolisme, le cerveau et le comportement) et d’autres suspectés chez l’Homme (effets sur la reproduction, sur le métabolisme et pathologies cardiovasculaires).

 

Le travail de l’Anses

En 2009, le ministère chargé de la Santé a saisi l’Inserm et diverses agences sanitaires (l’Afssaps, l’Afssa, l’Afsset -ces deux dernières ayant fusionné pour créer l’Anses- l’InVS, l’INPES) afin qu’elles se penchent, dans leur champ de compétences, sur la question des perturbateurs endocriniens. Les travaux de l’Anses concernant le bisphénol A s’organisent ainsi dans le cadre d’une saisine large portant sur une trentaine de substances potentiellement perturbatrices endocriniennes (bisphénols, phtalates, parabènes, perfluorés, composés bromés, alkylphénols, …), et d’une seconde saisine spécifique au bisphénol A émanant du ministère chargé de l’écologie. L’Agence est toutefois mobilisée sur la question du bisphénol A depuis 2008.

 

Recommandations

L’Anses a identifié comme objectif prioritaire la prévention des expositions des populations les plus sensibles (nourrissons, jeunes enfants et femmes enceintes ou allaitantes). Elle recommande une réduction des expositions au bisphénol A, notamment par sa substitution dans les matériaux au contact des denrées alimentaires.

L’Anses avait également proposé dès 2012 et au niveau européen, un classement plus sévère du bisphénol A en tant que toxique pour la reproduction. En effet, depuis 2002, le bisphénol A faisait l’objet d’un classement européen harmonisé comme toxique pour la reproduction suspecté (catégorie 2). Dans la continuité de ses travaux et au regard des effets observés (effets sur la fertilité et le système reproducteur mâle et femelle observés chez l’animal et corroborées par des études épidémiologiques, chez l’être humain, dont la pertinence est discutée) et des critères du règlement 1272/2008 sur la classification des substances chimiques, l’Anses a proposé de classer le bisphénol A comme toxique pour la reproduction pour l’homme (1B) et également de discuter un classement en catégorie 1A, en fonction de la façon dont les incertitudes sur les données humaines sont interprétées. Fin mars 2014, le Comité d’évaluation des risques (RAC) de l’ECHA (Agence européenne des substances chimiques) a délivré, sur la base de l’ensemble des données, un avis final favorable à la proposition française de classement du BPA en tant que substance toxique pour la reproduction de catégorie 1B. Un classement en catégorie 1 aura pour conséquences directes l’application de mesures réglementaires plus sévères, en particulier l’obligation de mise en place de mesures de prévention renforcées pour les utilisations professionnelles du bisphénol A (en premier lieu sa substitution), ou l’interdiction de mise sur le marché de substances et de mélanges contenant du bisphénol A à plus de 0.3% à destination des consommateurs.