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Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement
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Mis à jour le 17/09/2020

Fongicides SDHI

Détails des travaux de l'Anses

Mots-clés : Fongicides SDHI

Le 14 janvier 2019, suite à l’alerte d’un collectif de scientifiques, l’Anses publiait un avis relatif à l’évaluation du signal concernant la toxicité des fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHI). A partir de l’examen de l’ensemble des données scientifiques actuellement disponibles, réalisé par un groupe d’experts indépendants, l’Anses concluait à l’absence d’alerte sanitaire pouvant conduire au retrait des autorisations de mise sur le marché de ces fongicides. Elle lançait cependant un appel à la vigilance au niveau européen et international, et soulignait la nécessité de renforcer la recherche sur de potentiels effets toxicologiques chez l’Homme.

Le traitement de ce signal concernant les fongicides SDHI se poursuit depuis janvier 2019 dans trois directions : la définition et le financement de travaux de recherche spécifiques, la détection d’éventuels effets sanitaires pouvant être observés sur le terrain via les dispositifs de surveillance existants, et enfin les échanges avec les organismes de recherche et les agences sanitaires chargées de l’évaluation de ces substances, notamment l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

 

Fin 2019, l’Anses s’est à nouveau saisie de la question des SDHI et mobilise ses collectifs d’experts dans l’objectif de passer en revue les données de la littérature les plus récentes et d’en tirer d’éventuels enseignements nouveaux par rapport à l’expertise menée en 2018. Les premiers résultats des différents travaux engagés en 2019 seront partagés en 2021.

La famille des SDHI comprend 11 substances fongicides qui agissent en empêchant le développement de champignons et moisissures affectant les cultures par le blocage d’une enzyme impliquée dans la respiration cellulaire, la succinate déshydrogénase (SDH). En avril 2018, plusieurs scientifiques alertaient, dans une tribune publiée dans la presse, sur des risques potentiels de ces substances pour la santé humaine. L’Anses a alors réuni un collectif d’experts indépendants pour expertiser ce signal et a conclu, sur la base de leurs travaux, à l’absence d’alerte sanitaire pouvant conduire au retrait des autorisations de mise sur le marché de ces fongicides.

Lancement de travaux de recherche et d’expertise spécifiques

Dans l’optique d’approfondir le traitement du signal, l’Anses a identifié plusieurs projets de recherche répondant aux recommandations d’amélioration des connaissances émises début 2019 par le groupe d’experts indépendants.

  • L’Anses finance actuellement, à hauteur de près de 450 000 euros, des travaux d’exploration des données du registre national du paragangliome héréditaire lié à une mutation de l’un des gènes SDH, pour préciser l’évolution de l’incidence de ce type de pathologie et réaliser un étude cas témoin à partir du registre national.
  • Deux autres projets de recherche sont en cours, financés par le plan Ecophyto et le programme national de recherche environnement-santé-travail de l’Anses pour un montant d’environ 600 000 euros, afin d’approfondir au plan toxicologique et mécanistique les modalités d’action des fongicides SDHI.

L’Anses a également saisi l’Inserm afin que la question des effets des SDHI sur la santé soit prise en compte dans le cadre de l’expertise collective en cours visant à actualiser les connaissances des effets sanitaires liés aux pesticides. Cette actualisation prendra en compte les publications scientifiques récentes dont l’article publié le 7 novembre 2019 dans la revue scientifique PLOS One évoquant la toxicité de fongicides SDHI sur des cellules cultivées in vitro.

Par ailleurs, L’Anses approfondit continuellement ses méthodes d’évaluation des risques liés aux usages des produits phytopharmaceutiques. En sus des travaux en cours, elle s’est autosaisie en 2019 de la question des expositions cumulées aux différents SDHI via l’alimentation et publiera son rapport au premier semestre 2021.

Surveillance d’éventuels effets sanitaires

L’Anses reste par ailleurs vigilante à tout effet indésirable sur la santé humaine et poursuit la collecte de données de terrain via son programme de phytopharmacovigilance (PPV) pluriannuel, déployé à l’échelle nationale. Des études, en cours et à venir, sur la surveillance de la contamination de l’air ambiant, du sol et de l’alimentation par les pesticides prennent en compte l’étude des SDHI.

Partage de connaissances avec les autorités sanitaires chargées de l’évaluation des substances

Enfin, comme pour tous les produits phytopharmaceutiques, l’évaluation des substances actives est menée au niveau européen sous l’égide de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Les produits commerciaux qui les contiennent font quant à eux l’objet d’une évaluation par les États membres qui est spécifique à chaque usage, en vue de l’autorisation de mise sur le marché. Les approbations des substances actives et les autorisations de mise sur le marché sont régulièrement réexaminées au regard de l’évolution des connaissances disponibles.

Dès 2018, l’Anses avait informé les autorités européennes, les États membres et ses homologues nord-américains du signal concernant les fongicides SDHI et de son auto-saisine sur le sujet. Début 2019, l’Anses a transmis ses conclusions à l’EFSA, à l’ECHA et aux États membres afin qu’ils en prennent connaissance et se montrent particulièrement attentifs à toute nouvelle donnée lors des processus d’évaluation et de réévaluation en cours, telle la réévaluation du boscalid, la substance active de la famille des SDHI la plus utilisée.

A ce jour, aucun nouvel élément n’est venu confirmer l’existence d’une alerte sanitaire qui conduirait au retrait des autorisations de mise sur le marché en vigueur, conformément aux règlements nationaux et européens relatifs aux produits phytopharmaceutiques.