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Nématode du pin : prévenir son introduction et sa dissémination pour protéger les forêts de pins françaises

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Actualité du 24/02/2020

Le nématode du pin Bursaphelenchus xylophilus, ver microscopique responsable de dépérissements importants chez les conifères, représente une menace imminente pour les forêts de pins maritimes en France. Actuellement présent au Portugal et dans certaines zones de l’Espagne, il pourrait contaminer la région des Landes où se trouve aussi l’insecte vecteur du parasite. La propagation du nématode est principalement liée au transport d’emballages ou de produits issus de bois contaminé. Des écorces et des emballages contaminés par des nématodes ont été interceptés en France en 2018. Dans ce contexte, l’Anses a conduit plusieurs expertises pour évaluer le risque d’entrée et de dissémination du nématode du pin en France. L’Agence fait le point sur ses recommandations concernant l’utilisation des bois et écorces susceptibles d’être affectées par ce parasite.

Ces dernières années, le risque de contamination des forêts françaises par le nématode du pin a augmenté, notamment en raison d’une demande accrue de copeaux de bois et d'écorces et de la circulation à travers l’Europe de volumes très importants de tels produits contaminés provenant du Portugal et d’Espagne. En 2018, des écorces et des emballages de bois infestés de nématodes du pin vivants ont été interceptés en France. Saisie par le ministère en charge de l'agriculture, l’Anses a produit plusieurs expertises afin d’orienter les mesures de gestion à appliquer concernant les produits de bois.

 

Les pins, particulièrement sensibles au nématode par le biais de son insecte vecteur

Dans sa première expertise, l’Anses a estimé que le risque de propagation à partir d’un foyer de nématodes est principalement lié à la capacité de l’insecte vecteur, Monochamus galloprovincialis, à transmettre le parasite d’arbre en arbre.

Ce coléoptère se développe en particulier sur les arbres contaminés par le nématode, à partir desquels il sera lui-même contaminé. Il peut ensuite voler jusqu’à des arbres sains pour s’y nourrir, et transmettre alors le parasite. Le risque de transmission directe du nématode à partir des écorces et des emballages infestés a été considéré comme faible en raison des capacités de survie et de déplacement limitées du nématode depuis les écorces vers et dans le sol.

L’Agence a également identifié les espèces végétales les plus sensibles à ce nématode et à son insecte vecteur. Il s’agit principalement des espèces du genre Pinus. Actuellement, il n’existe pas d’espèce de pin implantée en Europe qui soit résistante au nématode du pin. Ainsi, la plantation de jeunes plants de pins sensibles en forêt, notamment de pin maritime, augmente le risque d’établissement du nématode en France.

 

Plusieurs recommandations pour éviter la dissémination du nématode du pin depuis un foyer de contamination

Au regard des connaissances scientifiques actuelles et des conclusions de son expertise, l’Agence a formulé une série de recommandations de gestion de foyer afin d’éviter le développement de l’insecte vecteur et la dissémination du nématode.

Principales recommandations en cas de détection d’un foyer de nématodes :

  • Eliminer les essences forestières sur lesquelles il est capable de se multiplier : pin maritime, pin sylvestre, pin noir, pin radiata, probablement pin d’Alep et pin taeda.
  • Exiger, pour les plaquettes de bois produites à partir d’essences sensibles, que toutes les dimensions soient inférieures à 3 cm car en dessous de cette taille il n’est plus possible qu'elles hébergent des larves de l'insecte vecteur.
  • En période de vol des adultes de l’insecte vecteur, appliquer des mesures de contrôle et de prévention spécifiques telles que l’application de traitements phytopharmaceutiques ou l’utilisation de filets imprégnés d’insecticides. En dehors de cette période de vol, aucun traitement en forêt n’est nécessaire car les insectes ne peuvent pas voler jusqu’aux produits et sous-produits de l’exploitation du bois pour y pondre.

 

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