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Mis à jour le 01/06/2016

Parcs de stationnement couverts, risques professionnels

Evaluation des risques sanitaires pour les travailleurs

Mots-clés : Parcs de stationnement couverts, Parkings, Air intérieur, Travail

Suite à une première expertise s’intéressant de façon générale à qualité de l’air dans les parcs de stationnement couverts, l’Agence a été saisie en 2008 afin d’évaluer les risques liés à la qualité de l’air dans ces enceintes pour les professionnels y travaillant. Voici un aperçu des travaux et recommandations émises par l'Agence.

Dans son rapport de 2007 sur la qualité de l’air dans les parcs de stationnement couverts, l’Agence a considéré que les risques sanitaires ne pouvaient «être considérés comme négligeables au vu des concentrations des polluants mesurés dans les quatre parcs investigués et de la connaissance de leurs effets toxiques aigus et chroniques », notamment pour les professionnels travaillant en zone de circulation automobile. Une des recommandations visait ainsi à « mieux caractériser les populations exposées (travailleurs et usagers) ainsi que leurs modalités d’exposition, notamment la durée ».

Dans la continuité de ces travaux, l’Agence a été saisie en avril 2008 par le ministère en charge du travail. Considérant les résultats de la précédente expertise sur les parcs de stationnement couverts, le contexte réglementaire, la diversité des métiers rattachés aux parcs de stationnement couverts et l’accroissement attendu du nombre d’opérateurs intervenant dans ces ouvrages, la Direction générale du travail souhait en particulier disposer : 

  • Caractérisation des activités professionnelles concernées : identification, durées et les fréquences de travail, prévalence au sein des parcs couverts et nombre de travailleurs.
  • Evaluation des risques sanitaires associés aux activités professionnelles dans les parcs de stationnement couverts, et en particulier d’identification des activités professionnelles les plus risquées et des polluants les plus problématiques, en vue de proposer des recommandations de prévention. 

 

Résultats et recommandations

Le résultat de ces travaux a été publié en juillet 2010. Sur la base de son analyse, l’Agence conclut en particulier que les travailleurs exerçant régulièrement dans les parcs de stationnement couverts sont exposés à des risques sanitaires en lien avec les niveaux de pollution de l'air des parcs. Les risques liés aux expositions aiguës (à court terme) sont dus en particulier au monoxyde de carbone (effets liés à une diminution d’oxygène disponible dans le sang) et au dioxyde d’azote (effets sur le système respiratoire, notamment chez les plus sensibles, en particulier les asthmatiques). Les risques liés aux expositions chroniques (à long terme) sont principalement dus au benzène (cancérogène de catégorie 1) et au dioxyde d’azote, et dans une moindre mesure aux particules fines (PM10) (effets sur les systèmes respiratoire et cardiovasculaire) et au formaldéhyde (irritations oculaires et nasales).

Parmi les activités étudiées, l’exploitation du parc (accueil, surveillance, entretien) et le nettoyage de véhicules apparaissent les plus exposés. Ces deux activités présentent globalement les durées de travail et donc d’exposition, dans le parc les plus élevées. 

Ces résultats amènent l’Anses à émettre les recommandations suivantes : 

  • améliorer et évaluer la qualité de l’air dans les parcs de stationnement couverts, en particulier par la mise en œuvre des recommandations formulées dans l’avis du 20 avril 2007, et notamment par la fixation de valeurs limites proposées pour l’indicateur de pollution atmosphérique NO (monoxyde d’azote) ; 
  • ne pas autoriser les activités non indispensables au fonctionnement des parcs et impliquant la présence de travailleurs dans des espaces n’offrant pas une qualité de l’air suffisante (niveaux souterrains, niveaux ne comportant pas de larges ouvertures sur l’extérieur, voire même locaux souterrains équipés d’une ventilation mécanique indépendante) ; 
  • réduire autant que possible l’exposition des travailleurs indispensables au fonctionnement des parcs (accueil, surveillance, maintenance des installations) ; 
  • réviser, en priorité, les valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) des polluants d’intérêt pour les parcs de stationnement couverts (benzène, dioxyde d’azote, monoxyde de carbone) ; 
  • renforcer le suivi et l’encadrement des activités professionnelles dans les parcs de stationnement couverts.