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Emergence du virus Schmallenberg, mise en place d'un dispositif de surveillance

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Actualité du 24/01/2012

Suite à l'apparition en Allemagne, aux Pays Bas et en Belgique au deuxième semestre 2011 d'un virus, jusqu'ici inconnu, touchant les bovins et les petits ruminants, les autorités françaises ont mis en place un dispositif de surveillance visant à suivre la présence de ce virus sur le territoire national.

Suite à l'apparition en Allemagne, aux Pays bas et en Belgique au deuxième semestre 2011 d'un virus, jusqu'ici inconnu, touchant les bovins et les petits ruminants, les autorités françaises ont mis en place un dispositif de surveillance visant à détecter le plus précocement possible l'éventuelle introduction de ce virus sur le territoire national.
Entre août et octobre 2011, des cas d'infection aiguë par le virus Schmallenberg ont été rapportés chez des bovins, en Allemagne et aux Pays-Bas (environ 80 foyers suspects aux Pays-Bas disséminés sur l'ensemble du territoire et une vingtaine de foyers suspects en Allemagne localisés en Rhénanie du Nord - Westphalie). En outre, depuis le mois de décembre 2011, des cas de malformations liées à ce virus ont été rapportés chez des ovins et des caprins, en Allemagne (14 exploitations ovines atteintes au 10 janvier 2012), en Belgique (14 exploitations ovines atteintes au 6 janvier 2012) et aux Pays-Bas (52 foyers confirmés au 9 janvier 2012 : 51 exploitations ovines et une exploitation caprine). Les foyers d'infection par le virus Schmallenberg aux Pays-Bas ont fait l'objet d'une notification immédiate à l'Organisation mondiale pour la santé animale (OIE), le 5 janvier 2012. Il n'y a, pour l'heure, aucune restriction aux échanges d'animaux vivants et de leurs produits à partir des zones atteintes, ni aucune mesure de prévention et de contrôle préconisée.
Une surveillance a été mise en place par Direction générale de l'alimentation (DGAL) ; ses modalités ont été définies sur proposition de la Plateforme de surveillance épidémiologique en santé animale. Il s'agit d'une surveillance clinique des malformations chez les ruminants visant à déceler la circulation du virus Schmallenberg sur le territoire métropolitain (note de service DGAL/SDSPA/N2012-8007 du 4 janvier 2012), avec une surveillance renforcée dans les zones les plus à risque d'introduction du virus, à savoir les régions frontalières avec la Belgique et l'Allemagne.

L'implication de l'Anses
L'Anses via son Laboratoire de santé animale de Maisons-Alfort est partie intégrante de ce dispositif de surveillance, en y apportant sa capacité à réaliser le diagnostic de l'infection qu'il mettra en œuvre sur les suspicions détectées.
L'Agence a par ailleurs été saisie par la Direction générale de l'alimentation pour évaluer les impacts directs et indirects de cette nouvelle maladie sur les élevages de ruminants, ainsi que les risques de diffusion sur le territoire français.
La Plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale, dont l'Anses est partie prenante, s'est investie dans la définition des modalités de vigilance à mettre en œuvre face à cette maladie émergente. Elle suit de près l'évolution de la situation sanitaire, afin, notamment, d'apporter, le cas échéant, son appui à l'adaptation du dispositif de surveillance.

Pour en savoir plus :

Qu'est-ce que le virus Schmallenberg ?
Identifié pour la première fois en novembre 2011 en Allemagne, le virus Schmallenberg appartient à la famille des orthobunyavirus. Au stade actuel des connaissances, il affecterait essentiellement les ruminants. Chez les bovins adultes, l'infection aiguë semble se manifester par de l'hyperthermie, une perte d'appétit, et chez les vaches laitières par une chute de production, de la diarrhée et des avortements. L'infection des femelles de ruminants en gestation peut également se traduire par la naissance d'animaux malformés (arthrogrypose, raccourcissement des tendons du jarret, déformation de la mâchoire, hydranencéphalie,…). Aucune hypothèse n'est émise aujourd'hui quant à l'origine de virus. Il serait très vraisemblablement transmis par voie vectorielle (culicoïdes, moustiques, tiques). Quand les femelles sont infectées pendant la gestation, le fœtus peut être infecté (transmission verticale), conduisant à des avortements et à des malformations fœtales.

Qu'est ce que la Plateforme de surveillance épidémiologique en santé animale ?
Née des réflexions menées lors des Etats généraux du sanitaire, tenus en 2010 sous l'égide du Ministère de l'agriculture, la Plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale a été mise en place en octobre 2011. Elle a pour finalité de s'assurer de l'adéquation entre les dangers sanitaires présents ou qui menacent le territoire et les dispositifs mis en place pour surveiller ces dangers. Elle rassemble actuellement six partenaires : la Direction générale de l'alimentation, l'Anses, la Société nationale des groupements techniques vétérinaires, GDS France, Coop de France et l'Association française des directeurs et cadres des laboratoires vétérinaires publics d'analyses.