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L'Anses, 10 ans d'action sur les perturbateurs endocriniens

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Actualité du 05/08/2020

L’Anses a récemment publié son rapport d’activité 2019 : "L'Anses en action". A l’occasion du dixième anniversaire de l’Agence qui avait lieu le 1er juillet 2020, ce rapport d'activité était l'opportunité de revenir sur les sujets ayant marqué ses premières années d’existence. Tout au long de l'année 2020, les lecteurs pourront ainsi (re)découvrir certains de ses sujets emblématiques.

Notre tour d'horizon commence dès aujourd'hui avec les perturbateurs endrocriniens. En répondant à trois questions, Matthieu SCHULER, directeur de l'évaluation des risques à l'Agence, nous explique ce sujet complexe et les actions menées par l'Anses depuis dix ans.

 

Matthieu Schuler est directeur de l’évaluation des risques de l’Anses depuis le 1er février 2018. Ingénieur des mines de formation, il était auparavant directeur de la stratégie au sein de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).   

 

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Les hormones et leur régulation font partie des mécanismes biologiques essentiels aux êtres vivants. Certaines substances, qui peuvent être naturelles ou fabriquées par l’Homme, peuvent interférer avec ces mécanismes. Quand ces interférences dérèglent le fonctionnement hormonal et entraînent des effets néfastes sur la santé humaine ou animale, on parle de perturbateurs endocriniens.

Quels sont les enjeux ?

Nous travaillons à identifier les substances qui vont être à l’origine de ces effets sur les humains ou les animaux et à comprendre leur mécanisme d’action. Cette identification est complexe car les mécanismes d’action des perturbateurs endocriniens peuvent, comme ceux des hormones, ne s’exprimer qu’à certaines étapes du développement et ne pas être corrélés à la dose d’exposition. L’Anses étudie et évalue la littérature scientifique disponible sur ces substances et, dans le cadre du PNREST, finance depuis 2018 des projets de recherche spécifiques grâce à une enveloppe annuelle de 2 millions d’euros. De cette manière, l’Agence contribue à faire progresser les connaissances en matière d’identification, de caractérisation et de recherche d’alternatives aux perturbateurs endocriniens. L’Anses est mobilisée depuis plus de dix ans sur la caractérisation et l’évaluation des risques des perturbateurs endocriniens. Nous avons été précurseurs pour proposer une révision de la méthodologie alors en vigueur en intégrant à l’évaluation la prise en compte de « fenêtres d’exposition », c’est-à-dire des périodes au cours desquelles les individus étaient plus sensibles à la perturbation endocrinienne. L’évaluation est dès lors devenue plus complexe, mais aussi plus précise.

Quels sont les travaux que mène l’Anses ?

En sus des travaux d’évaluation que nous menons sur des substances précises, la première Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, portée par les ministères chargés de l’écologie et de la santé, nous a conduits à déterminer une méthode de caractérisation des perturbateurs endocriniens en vue de l’appliquer à certaines substances. Nous allons poursuivre ce travail dans la deuxième Stratégie nationale qui a été lancée au siège de l’Agence en septembre dernier. Nous sommes en effet fortement impliqués puisque 18 des 50 actions de la stratégie nous mobilisent. Notre collectif d’experts dédié, le groupe de travail sur les perturbateurs endocriniens, a déjà travaillé en 2019 à l’identification des diverses listes de substances d’intérêt qui ont été dressées et à la mise au point, complexe, d’une méthode pour classer de façon plus fine et à l’issue d’une évaluation, les substances étudiées selon que leur comportement comme perturbateur endocrinien est avéré, présumé ou juste suspecté.

Au niveau européen, l’Anses est impliquée dans plusieurs dispositifs réglementaires visant à repérer les substances qui sont des perturbateurs endocriniens en vue d’en limiter l’impact sanitaire. Nous intervenons ainsi dans le cadre de la réglementation REACh en déposant ce que l’on appelle des dossiers de restriction d’usage, et au titre des règlements spécifiques aux biocides et aux produits phytopharmaceutiques. Ce dernier règlement permet de repérer et d’exclure les perturbateurs endocriniens identifiés dans le cadre du processus d’homologation des substances phytopharmaceutiques qui fait intervenir les agences sanitaires nationales aux côtés de l’autorité sanitaire européenne de référence, l’EFSA.

Pour en savoir plus sur les perturbateurs endocriniens, consultez également :