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Le Laboratoire de Sophia Antipolis : 40 ans de recherche et de référence

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Actualité du 07/12/2016

Depuis sa création, le laboratoire de l’Anses de Sophia Antipolis s’est imposé comme une référence aux niveaux national et international dans les domaines de la santé des abeilles et des ruminants. En effet, depuis 1976, cinq mandats de référence nationaux, européens et internationaux sur la santé des abeilles et les matrices apicoles, ainsi que le mandat de référence national et le mandat de référence de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) pour la fièvre Q, lui ont été confiés. L’année 2016 représente donc une occasion de dresser le bilan de 40 ans de référence au service de la santé animale. Enfin, son implantation au cœur de la technopole internationale de Sophia Antipolis, dans une région riche d’une apiculture dynamique, participe au rayonnement de la communauté scientifique au niveau régional, à travers des accords et des projets de recherche menés en collaboration avec des pôles d’excellence scientifiques régionaux.

 

Le Laboratoire de Sophia Antipolis est spécialisé dans l’étude des principales pathologies et phénomènes d’intoxications des abeilles et de certaines maladies des ruminants, notamment la fièvre Q. Ainsi, il met en œuvre des projets de recherche à partir d’observations sur le terrain et fournit un appui scientifique et technique aux services vétérinaires (encadrement de réseaux de laboratoires agréés, mise au point de méthodes de détection, d’identification et de quantification, fourniture de réactifs de référence, expertise d’outils de diagnostic…).

 

Laboratoire de référence pour la santé des abeilles

Pour certains agents pathogènes (virus, bactéries, parasites) ou contaminants chimiques réglementés ou émergents d’importance majeure, les autorités sanitaires ont besoin d’un dispositif de surveillance performant, s’appuyant sur un réseau de laboratoires fiables pour réaliser les analyses officielles.

Pour chaque agent pathogène ou contaminant réglementé à surveiller, des laboratoires agréés pour la réalisation des analyses, ainsi qu’un laboratoire dit « de référence », sont désignés par les autorités sanitaires. Ce laboratoire de référence est le garant de la fiabilité des analyses effectuées par l’ensemble des laboratoires agréés.

Depuis 1976, le laboratoire de Sophia Antipolis s’est imposé comme la référence dans son champ de compétences. Ainsi, dans le domaine de la santé des abeilles, il détient 3 mandats de référence et intervient dans deux mandats nationaux sur la recherche des pesticides dans les matrices apicoles. Il anime au niveau français un réseau de 8 laboratoires agréés et au niveau européen de 27 laboratoires nationaux de référence.

Le laboratoire Anses de Sophia Antipolis a notamment été nommé en 2011 laboratoire de référence de l’Union européenne pour la santé de l’abeille, une étape essentielle pour la reconnaissance de l’effort de recherche et de référence conduit depuis plusieurs années dans ce domaine. Cette mission et les moyens qu’elle apporte, par le renforcement des compétences en microbiologie et en épidémiologie, a permis des avancées significatives sur la compréhension de multiples facteurs qui sont à l’origine des troubles affectant les colonies d’abeilles notamment grâce à l’enquête européenne Epilobee, vaste programme de surveillance épidémiologique en Europe qui visait à mieux caractériser le phénomène de surmortalité des abeilles. Les données obtenues dans le cadre de ce programme sont aujourd’hui encore en cours d’exploitation afin d’identifier différents facteurs qui peuvent influencer les mortalités de colonies.

Le laboratoire poursuit dans ce cadre ses recherches visant à mettre au point et à valider des méthodes d’analyses toujours plus performantes pour le diagnostic des maladies de l’abeille et de leurs agents pathogènes ainsi que la détection et l’identification des résidus des pesticides les plus dangereux pour la santé des abeilles.

Par ailleurs, le laboratoire a participé à l’expertise menée par l’Anses sur la question des co-expositions des abeilles à différents facteurs de stress et leur rôle respectif dans les phénomènes d’affaiblissement, d’effondrement ou de mortalité des colonies d’abeilles, l’accent étant mis sur les interactions entre ces facteurs. L’expertise soulignait le caractère multifactoriel des causes de mortalité des colonies d’abeilles et met en évidence le rôle des co-expositions aux pesticides et aux agents infectieux dans le déterminisme de leur effondrement.

 

Laboratoire de référence pour la fièvre Q

Le laboratoire de Sophia Antipolis détient le mandat de référence national et le mandat de référence de l’Organisation mondiale de la santé animale pour la fièvre Q, une maladie zoonotique qui peut avoir un fort impact en santé publique et en élevage.

Pour limiter l’impact clinique et l’expansion de la fièvre Q dans les troupeaux de ruminants, et vers la population humaine, le laboratoire développe, améliore ou évalue les outils de détection de la bactérie responsable de la maladie, mène des recherches épidémiologiques afin d’apporter des connaissances sur la survie de cette bactérie dans l’environnement et sur les caractéristiques de virulence des souches, participe à des études sur l’évaluation des moyens de contrôle et de prévention, participe aux travaux d’expertise aux niveaux national et européen dans le cadre de l’élaboration de recommandations et d’avis, participe à la plateforme nationale d’épidémiologie en santé animale sur les avortements des ruminants, et contribue aux enquêtes vétérinaires de terrain lors d’épidémies de cas humains groupés.

 

Le laboratoire demain ?

Pour les années à venir, le Laboratoire s’attachera à poursuivre ses travaux de recherche et de référence sur :

  • la compréhension des causes des affaiblissements et mortalités d’abeilles et de colonies, en abordant à la fois les dangers microbiologiques et parasitaires majeurs de l’abeille, ainsi que les contaminants chimiques pouvant affecter la santé des abeilles de façon isolée ou simultanée. Il poursuivra ses actions principales de caractérisation de ces dangers tout en s’attachant à l’évaluation de leurs effets seuls ou en co-exposition. Il poursuivra son investissement dans la documentation et la compréhension des affaiblissements au travers de l’épidemiosurveillance des pertes de colonies et des maladies de l’abeille, en s’attachant à la prise en compte de l’impact des pesticides.
  • les maladies de l’abeille, notamment en participant à des programmes lancés par la Commission européenne et l’EFSA sur les risques encourus pas les abeilles, en prenant en compte le risque pesticides et l’impact des co-expositions (agents biologiques et nutrition).
  • les dangers biologiques, en  poursuivant les travaux sur l’agent responsable de la fièvre Q : développement d’outils pour la recherche des réservoirs bactériens de l’agent de la fièvre Q, caractérisation et dynamique moléculaire de souches de C.burnetii, études sur la viabilité et la virulence des souches.