Les Etudes de l’Alimentation Totale (EAT) : de quoi s’agit-il ?

Les Etudes de l’Alimentation Totale (EAT) : de quoi s’agit-il ?

Les études de l’alimentation totale (EAT) permettent de surveiller l'exposition des populations aux substances chimiques présentes dans les aliments. Il peut s’agir de contaminants environnementaux, de composés néoformés lors de la transformation ou de la cuisson, de substances issues des emballages alimentaires, d’éléments traces métalliques ou encore de résidus de produits phytosanitaires. Comment ces études sont-elles menées ? Combien ont été réalisées en France et quels enseignements en tirer ? Éléments de réponse.

Qu’est-ce qu’une EAT ?

Les EAT visent à évaluer, à l'échelle nationale, les risques sanitaires liés à l’exposition chronique de la population à des substances chimiques présentes dans les aliments. 

Elles permettent d’estimer les niveaux d’exposition réels des consommateurs, en tenant compte à la fois de la présence de substances dans les aliments et des habitudes alimentaires de la population.

Quelle méthode est utilisée ?

Les EAT reposent sur une méthode standardisée et recommandée depuis de nombreuses années par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et, plus récemment, par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). 

Une EAT se déroule en trois grandes étapes :

  • la collecte d'échantillons alimentaires dans les différents points de vente tels que les supermarchés ou les marchés, représentatifs des habitudes d’approvisionnement de la population et couvrant une large gamme d'aliments ;
  • la préparation des échantillons collectés de manière à être représentatif de la manière dont les consommateurs préparent les aliments avant de les consommer, en incluant la découpe, la cuisson, etc. ;
  • l’analyse des échantillons en laboratoire pour identifier et quantifier les substances chimiques présentes dans les aliments. Les résultats de ces analyses sont ensuite combinés à des données de consommation alimentaire pour estimer l’exposition de la population et évaluer les risques sanitaires potentiels.

A quoi servent les EAT ?

Les EAT constituent un outil scientifique majeur d’aide à la décision, aux niveaux national, européen et international.

Leurs résultats contribuent à mieux protéger les consommateurs en :

  • orientant la réglementation relative aux substances chimiques dans les aliments ;
  • renforçant la sécurité sanitaire des denrées alimentaires ;
  • identifiant les substances pour lesquelles des efforts de réduction des expositions sont nécessaires.

De nombreux pays mettent en œuvre ce type d’étude pour évaluer les risques nutritionnels et sanitaires liés à l’alimentation.

Combien d’EAT ont déjà été réalisées en France ?

Quatre EAT ont déjà été conduites en France : 

Réalisée par l'Institut national de recherche agronomique , en collaboration avec l’Anses, elle portait sur la population générale âgée de 3 à 79 ans et a inclus 39 substances chimiques.

Elle concernait la même tranche d’âge avec un champ d’analyse élargi à 445 substances.

Spécifiquement dédiée aux enfants de moins de 3 ans, cette étude a porté sur 670 substances.

  • EAT3 (2021-2028)

Les premiers résultats viennent de paraitre. Cette nouvelle étude cible la population de 3 à 79 ans et plus de 250 substances. Ses résultats seront désormais publiés progressivement par groupes de substances. Le premier volet dévoile les résultats pour l’acrylamide et plusieurs éléments traces métalliques : l’argent, le cadmium, le plomb, l’aluminium et le mercure.

Quels sont les principaux résultats des EAT françaises ?

D'une façon générale, l’EAT2 comme l’EATi ont confirmé le bon niveau de maîtrise des risques sanitaires associés à la présence potentielle de contaminants chimiques dans les aliments en France, sur la base des seuils réglementaires et valeurs toxicologiques de référence disponibles. Cependant, ces études ont également pointé, pour certains groupes de populations, des risques de dépassement des seuils toxicologiques pour des substances telles que le plomb, le cadmium, l'arsenic inorganique ou encore l'acrylamide, nécessitant des efforts de réduction des expositions.

Dans les premiers résultats de l’EAT3, les expositions à l’acrylamide, l’aluminium, le cadmium, le méthylmercure et le plomb restent encore trop élevées malgré la baisse significative depuis l’EAT2 des teneurs moyennes en contaminants dans les aliments et des expositions. Ces risques étant souvent associés à des situations de forte consommation d'un aliment ou groupe d'aliments donné, l'Anses rappelle l'importance d'une alimentation diversifiée et équilibrée en variant les aliments, leur provenance et la quantité consommée. 

Enfin, les EAT ont mis en évidence la nécessité de développer les connaissances scientifiques aussi bien d'ordre toxicologique qu'analytique pour nombre de substances réglementées ou non, et pour lesquelles il n'est pas possible de conclure à ce jour en matière d'évaluation des risques.

A retenir :

  • Les EAT permettent d’évaluer l’exposition chronique de la population aux substances chimiques présentes dans les aliments
  • Elles reposent sur une méthodologie internationale harmonisée (OMS, EFSA)
  • Quatre EAT ont déjà été réalisées en France
  • En identifiant les substances pour lesquelles des efforts de réduction des expositions sont nécessaires, les EAT sont un outil scientifique majeur d’aide à la décision.
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